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11/04/2013

Assia Djebar

littérature; roman; livresAssia Djebar, Ombre sultane (Albin Michel, 2006)

 

Hajila et Isma se sont retrouvées épouses du même homme. Tout les oppose : La première, instinctive, venue d’un bidonville d’Alger et mariée sans son accord, voit son plaisir dans la transgression, quand elle retire son voile dans un jardin public ; la seconde, intellectuelle, refuse de perpétuer des traditions conservatrices et revient au pays pour obtenir la garde de sa fille. Pourtant aucune des deux ne parvient à déchirer le voile qui les étouffe. Une évocation de deux univers, avec sensibilité et sans jugement.


également disponible en livre de poche (LGF, 2008)

08:06 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

Morceaux choisis - Renée Vivien

Renée Vivien

vivien-renee.jpg

Dans mon âme a fleuri le miracle des roses.
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes.
 
Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors,
Contre les regards durs et les bruits du dehors.
 
Les rideaux sont tirés sur l’odorant silence,
Où l’heure au cours égal coule avec nonchalance.
 
Aucun souffle ne fait trembler le mimosa
Sur lequel, en chantant, un vol d’oiseaux pesa.
 
Notre chambre paraît un jardin immobile
Où des parfums errants viennent trouver asile.
 
Mon existence est comme un voyage accompli.
C’est le calme, c’est le refuge, c’est l’oubli.
 
Pour garder cette paix faite de lueurs roses,
O ma Sérénité! tenons les portes closes.
 
La lampe veille sur les livres endormis,
Et le feu danse, et les meubles sont nos amis.
 
Je ne sais plus l’aspect glacial de la rue
Où chacun passe, avec une hâte recrue.
 
Je ne sais plus si l’on médit de nous, ni si
L’on parle encor… Les mots ne font plus mal ici.
 
Tes cheveux sont plus beaux qu’une forêt d’automne,
Et ton art soucieux les tresse et les ordonne.
 
Oui, les chuchotements ont perdu leur venin,
Et la haine d’autrui n’est plus qu’un mal bénin.
 
Ta robe verte a des frissons d’herbes sauvages,
Mon amie, et tes yeux sont pleins de paysages.
 
Qui viendrait nous troubler, nous qui sommes si loin
Des hommes? Deux enfants oubliés dans un coin?
 
Loin des pavés houleux où se fanent les roses,
Où s’éraillent les chants, tenons les portes closes…

 

Renée Vivien, Intérieur / A l'heure des mains jointes, dans: Poèmes 1901-1910 (ErosOnyx, 2009)

01:07 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

10/04/2013

Le poème de la semaine

Jean Malrieu

Aimer s'invente à chaque jour.
Je viens au monde dans tes bras.
Mes yeux s'ouvrent
Et je te vois pour la première fois.
Qu'ils s'étonnent ou se moquent
Ceux pour qui le ciel est fermé!
Dans le mien
Ton corps illumine.
Il n'y a pas eu de jours ou de soleils
Pareils à celui-là.
 
Je n'ai plus de visage.
Je ne suis que lumière de visage.
Ma vie s'est oubliée.
Viens, désir!
Apprends-moi l'alphabet.
Mes mains sont neuves
Et vont découvrir
Le relief de la terre.
 
Je n'ai jamais marché.
Je n'ai jamais parlé.
Je n'ai jamais aimé que toi.
 
 
Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle

10:41 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature; poésie | |  Imprimer |  Facebook | | |

09/04/2013

Vendanges tardives - De l'invisible

Un abécédaire: I comme Invisible

musique classique; danse

Non, rassure-toi, je ne vais pas te parler de mystique ce matin. Encore que... mais vois-tu Fred, je me suis toujours méfié des sentiers trop bien balisés, et dans la plupart de mes rencontres heureuses - comme de mes lectures - l'étonnement m'est toujours venu de ce qui est caché en chacun, invisible aux yeux et qui raconte une autre histoire que celle communément entendue, inaudible dans la conversation courante, joyau indéfinissable soustrait au regard de l'inattentif: tissu de contradictions assumées ou non, fragilités sauvées d'un improbable naufrage, ombres et lumières de secrets trop longtemps protégés.

C'est alors, à qui prend le temps de faire halte - de se laisser habiter par le silence d'autrui - que tout ce charme voit le jour, débarrassé de la gravité incertaine des mots, comme l'âme d'un violon: bienheureuse imprégnation de ces lames de fond déjouant les apparences et te heurtent de plein fouet, avec un indicible bonheur.

Et quand je vois la danseuse Alessandra Ferri - accompagnée par Sting - interpréter cet aria de Bach, je pense à cette part cachée qui prélude à tout le reste, qui fait qu'un pas en entraîne un autre, et je me dis que le talent, la technique, la grâce ne suffisent à envahir l'espace, et que, comme réveillée d'un sommeil de pierre, l'artiste soulève le voile de ce sortilège de l'invisible qui lui est propre, aux hiéroglyphes indéchiffrables, dont je ne connaîtrai jamais l'énigme, qui pourtant m'éblouit et s'estompe, lueur éphémère d'une plénitude partagée...


Alessandra Ferri et Sting, Jean-Sébastien Bach, Cello Suite No 1 in G - Prelude (YouTube/misterilex)

image: manuelalvarezlopez.blogspot.com

23:07 Écrit par Claude Amstutz dans Musique classique, Vendanges tardives - Un abécédaire 2013 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique classique; danse | |  Imprimer |  Facebook | | |

Pascal Fioretto

littérature; essai; livresPascal Fioretto, Et si c'était niais ? (Chiflet & Cie, 2007)

 

Alors que la rentrée littéraire approche, Christine Anxiot n'a toujours pas remis son manuscrit annuel. Son éditeur déclenche une enquête sur l'inexplicable disparition, mais les enlèvements d'écrivains continuent. Dans les milieux feutrés de l'édition s'engage alors une impitoyable chasse à l'homme de lettres... Pour résoudre l'enquête, il a été fait appel aux plus grandes plumes de la littérature française : Denis-Henri Lévy, Christine Anxiot, Fred Wargas, Marc Levis, Mélanie Notlong, Pascal Servan, Bernard Werbeux, Jean d'Ormissemon (de la française Académie), Jean-Christophe Rangé, Frédéric Beisbéger et Anna Galvauda.


Pascal Fioretto a dû bien s’amuser en écrivant ce livre. Construit sous forme de roman policier – la chasse aux hommes de lettres qui disparaissent – ce récit est le prétexte idéal pour pasticher les célébrités de la littérature française. Les portraits de Denis-Henri Lévy, de Pascal Servan, de Christine Anxiot sont particulièrement réussis et vous en rirez de bon cœur!


Egalement disponible en format de poche (Pocket, 2008)

07:32 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; essai; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

08/04/2013

Colleen Curran

9782879295275.gifColleen Curran, Bad girls (Editions de l'Olivier, 2007) 

 

Sœur St Joe était la religieuse la plus cool du Sacred Heart Holy Angels. Elle roulait vitres baissées, son voile noir balayé par le vent, Fleetwood Mac à plein tube dans la stéréo. Le Sacred Heart Holy Angels est le dernier lycée de filles du Wisconsin. Thisbe, Astrid et Juli y forment un fameux trio. Innocentes, futiles, touchantes, ces trois anges en jupe écossaise et chemisier blanc attendent la fin des cours pour revêtir un uniforme moins sage. Leur devise ? Sex, drugs and rock'n roll, bien sûr. Bad Girls raconte l'histoire de ces jeunes filles d'une Amérique dite profonde, au milieu des années 80. Une Amérique qui ne reconnaît plus ses enfants, et ne rend que plus visible l'absurdité des adultes. 


Dans cet étonnant premier roman, Colleen Curran nous raconte La fureur de vivre, trente ans plus tard. La soif de changer ou de brûler le monde, les rites de passage de ce trio insoumis – Thisbe, Astrid et Juli - tout cela n’a pas changé, pas davantage que l’incompréhension entre les générations. A rapprocher du Pays des ténèbres de Stewart O’Nan, paru chez le même éditeur. Un début prometteur!

02:06 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature: roman; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

07/04/2013

Petite bibliothèque de poésie 1b

Lire les classiques - François Villon

ludwig-rullmann-portrait-of-francois-villon-1431-63-n-3106655-0.jpg

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six:
Quand de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre. 
De notre mal personne ne s'en rie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
 
Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
 
La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre. 
Ne soyez donc de notre confrérie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
 
Prince Jésus, qui sur tous a maîtrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
 

François Villon,  Epitaphe en forme de ballade, dans: Petite bibliothèque de poésie, coffret hors série de 12 volumes - Choix de André Velter (coll. Poésie/Gallimard et Télérama, 2013)

image: Ludwig Rollmann, Portrait de François Villon (galerie-creation.com)

16:36 Écrit par Claude Amstutz dans Lire les classiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

Petite bibliothèque de poésie 1a

Bloc-Notes, 7 avril / Les Saules

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pour Marie-Louise A

Les anthologies poétiques abondent dans la production littéraire. Aux incontournables, disponibles en librairie - Georges Pompidou, André Gide, Philippe Jaccottet, ou Pierre Seghers - se sont ajoutées de plus récentes, parfois avec bonheur - Jean Orizet, par exemple - ou bien, tout au contraire, avec une fâcheuse tendance à présenter des auteurs inconnus - à juste titre? - ou des célèbres dont le présentateur a choisi volontairement des textes rarement cités, souvent mineurs et peu représentatifs de leurs auteurs - Zéno Bianu, dans une récente anthologie - afin de se démarquer de ses prédécesseurs, à tout prix. 

Toute autre est l'approche de André Velter, qui choisit de nous proposer douze poètes classiques - François Villon, Charles d'Orléans, Maurice Scève, Pierre de Ronsard, Théophile de Viau, Jean de La Fontaine, Marceline Desbordes-Valmore, Victor Hugo, Gérard de Nerval, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine - en consacrant à chacun d'entre eux, un petit livre d'une quarantaine de pages dont les poèmes sont précédés d'une biographie succincte, introduisant l'auteur. L'essentiel, pour planter le décor, à l'attention du lecteur.

Chaque volume de surcroît - très soigné dans sa mise en page - porte le titre d'une phrase représentant bien l'écrivain choisi: Paul Verlaine, Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant; François Villon, Frères humains qui après nous vivez; Victor Hugo, Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant, parmi d'autres. 

La Petite bibliothèque de poésie - nous dit André Velter - est un parcours, du XVe au XIXe siècle, en compagnie de ceux qui ont inventé, transformé, célébré, bousculé la langue et le chant poétiques. Choix bien sûr non exhaustif, mais à coup sûr dynamique, éclairant, qui s'en tient à une suite d'auteurs essentiels, en consacrant à chacun un livret particulier afin de mieux respecter son génie propre. C'est une polyphonie de voix singulières qui se fait entendre; c'est l'expression d'une langue commune qui, pourtant, conjugue des tonalités différentes, des accents inédits, des pensées souvent contraires.

Au prix de vente modeste - moins de 29 euros - cette belle anthologie mérite de figurer en bonne place dans la bibliothèque des amis de la poésie!

Petite bibliothèque de poésie, coffret hors série de 12 volumes - Choix de André Velter (coll. Poésie/Gallimard et Télérama, 2013)

Jean Orizet, Anthologie de la poésie française (Larousse, 2010)

Zéno Bianu, Poèmes à dire - Une anthologie de poésie contemporaine francophone (coll. Poésie/Gallimard, 2013)

15:39 Écrit par Claude Amstutz dans Bloc-Notes, Charles Baudelaire, Littérature francophone, Philippe Jaccottet | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

06/04/2013

La citation du jour

Paul Valéry

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La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.

Paul Valéry, Tel Quel (coll. Folio Essais/Gallimard, 1996)

00:21 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour, Littérature francophone, Paul Valéry | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citation; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

Loriano Macchiavelli

littérature: roman; livresLoriano Macchiavelli, Les souterrains de Bologne (Métailié, 2004)

 

Attention à cette première traduction de Loriano Macchiavelli qui met en scène le sergent Sarti Antonio. Sur les talons du meurtrier de Mainardi Zodiaco, au coeur d'un vrai labyrinthe souterrain abritant bien des secrets de l'Histoire, il va se heurter à l'Eglise et à la magistrature, aidé dans son enquête par des personnages plutôt innatendus. Violence politique, immigration incontrôlée, bureaucratie étouffante et manipulations sordides constituent ce parfait cocktail policier à l’italienne, dérisoire et attachant.

00:05 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature: roman; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |