23/05/2013
Brian Freeman
Brian Freeman, Jamais je ne reviendrai (Presses de la Cité, 2007)
Rachel a dix-sept ans et la beauté du diable. Aussi sa disparition suscite-t-elle bien des questions à Duluth, petite ville paisible du Minnesota. Fugue ? Enlèvement ? Meurtre ? Tout est possible avec cette adolescente sulfureuse. Pour l'inspecteur Jonathan Stride, cette enquête a le goût amer du déjà-vu. Un an plus tôt, il n'a pas réussi à retrouver Kerry, une autre jeune fille disparue sans laisser de traces... Mais les deux affaires sont-elles liées ? Aidé par Maggie, femme flic au caractère bien trempé, Stride devra fouiller la vie tumultueuse de Rachel. Et ce qu'il découvrira fera voler en éclats toutes ses certitudes...
Le héros de ce roman, l’inspecteur Jonathan Stride, hanté par le souvenir de sa première épouse décédée d’un cancer, enquête sur la disparition de cette jeune lycéenne (la seconde en peu de temps qui le conduira des forêts enneigées du Minnesota aux boîtes de nuit de Las Vegas. Jamais à court de rebondissements, diabolique et déroutant, ce polar palpitant rappelle l'atmosphère propre à Michael Connelly.
Auteur de Las Vegas Baby, Le prix du péché, Je t'aurai, et Le voyeur, Brian Freeman avec Jamais je ne reviendrai - également disponible en coll. Pocket (2008) - a été traduit en seize langues. et vendu dans quarante-six pays.
03:34 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature: roman; livres |
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22/05/2013
Le poème de la semaine
Stéphane Mallarmé
merci à Michael L
Fée, au parfum subtil de foinCoupé, dans la verte prairie,Avec sa baguette fleurieElle surgit, charmant témoin. Ce n'est pas quand on se marieSeulement, qu'aux pays du loin,Avec sa baguette fleurieElle surgit, charmant témoin. Attentive à porter le soinJusqu'au cher cadeau qui varieToujours selon la rêverieDe l'enfant muette en son coin,Elle surgit, charmant témoin. Prenez dans chaque main de l'hommeTourmenté par un soin arduDe savoir ce qu'il vous faut, duBouton de rose ou de la pomme. Pour chasser le malentendu,En lui disant que c'est tout commePrenez dans chaque main de l'hommeTourmenté par un soin ardu. Si, damoisel ou majordome,Il a, près de vous, confonduLa fleur qu'on respire éperduEt le fruit qui ne se consomme,Prenez dans chaque main de l'homme.
07:23 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anthologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie |
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21/05/2013
La citation du jour
François Mauriac

Ce n'est pas la ville de pierres que je chéris, ni les conférences, ni les musées, c'est la forêt vivante qui s'y agite, et que creusent des passions plus forcenées qu'aucune tempête.
François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, dans: Oeuvres romanesques (La Pochothèque/LGF, 1992)
image: Georges Franju, Thérèse Desqueyroux, avec Emanuelle Riva, Philippe Noiret, Sami Frey, Hélène Dieudonné, Edith Scob, Jacques Monod et Lucien Nat (1962)
07:28 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans François Mauriac, La citation du jour, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citation; livres |
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20/05/2013
Morceaux choisis - Albert Camus
Albert Camus

merci à Christiane H
J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer, tous les luxes alors m’ont paru gris, la misère intolérable. Depuis, j’attends. J’attends les navires du retour, la maison des eaux, le jour limpide. Je patiente, je suis poli de toutes mes forces. On me voit passer dans de belles rues savantes, j’admire les paysages, j’applaudis comme tout le monde, je donne la main, ce n’est pas moi qui parle. On me loue, je rêve un peu, on m’offense, je m’étonne à peine. Puis j’oublie et souris à qui m’outrage, ou je salue trop courtoisement celui que j’aime. Que faire si je n’ai de mémoire que pour une seule image? On me somme enfin de dire qui je suis: Rien encore, rien encore...
C’est aux enterrements que je me surpasse. J’excelle vraiment. Je marche d’un pas lent dans des banlieues fleuries de ferrailles, j’emprunte de larges allées, plantées d’arbres de ciment, et qui conduisent à des trous de terre froide. Là, sous le pansement à peine rougi du ciel, je regarde de hardis compagnons inhumer mes amis par trois mètres de fond. La fleur qu’une main glaiseuse me tend alors, si je la jette, elle ne manque jamais la fosse. J’ai la piété précise, l’émotion exacte, la nuque convenablement inclinée. On admire que mes paroles soient justes. Mais je n’ai pas de mérite: j’attends.
J’attends longtemps. Parfois, je trébuche, je perds la main, la réussite me fuit. Qu’importe, je suis seul alors. Je me réveille ainsi, dans la nuit, et, à demi endormi, je crois entendre un bruit de vagues, la respiration des eaux. Réveillé tout à fait, je reconnais le vent dans les feuillages et la rumeur malheureuse de la ville déserte. Ensuite, je n’ai pas trop de tout mon art pour cacher ma détresse ou l’habiller à la mode.
D’autres fois, au contraire, je suis aidé. À New York, certains jours, perdu au fond de ces puits de pierre et d’acier où errent des millions d’hommes, je courais de l’un à l’autre, sans en voir la fin, épuisé, jusqu’à ce que je ne fusse plus soutenu que par la masse humaine qui cherchait son issue. J’étouffais alors, ma panique allait crier. Mais, chaque fois, un appel lointain de remorqueur venait me rappeler que cette ville, citerne sèche, était une île, et qu’à la pointe de la Battery l’eau de mon baptême m’attendait, noire et pourrie, couverte de lièges creux.
Ainsi, moi qui ne possède rien, qui ai donné ma fortune, qui campe auprès de toutes mes maisons, je suis pourtant comblé quand je le veux, j’appareille à toute heure, le désespoir m’ignore. Point de patrie pour le désespéré et moi, je sais que la mer me précède et me suit, j’ai une folie toute prête. Ceux qui s’aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n’est pas le désespoir: ils savent que l’amour existe. Voilà pourquoi je souffre, les yeux secs, de l’exil. J’attends encore. Un jour vient, enfin...
Albert Camus, L'été, précédé de: Noces (coll. Folio Essais/Gallimard, 2007)
image: Alger (www.voyagesphotosmanu.com)
02:40 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Albert Camus, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature; essai; morceaux choisis; livres |
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19/05/2013
La prière du coeur
Elisabeth de la Trinité

Sois là, Seigneur, soutiens-moi. Détache mon coeur de tout, qu'il soit bien libre pour que rien ne l'empêche de Te voir, ô Toi si humble de coeur.
Mon coeur, façonne-le pour qu'il puisse être Ta demeure aimée, pour que Tu viennes y reposer, y converser avec moi dans une idéale union. Que ce pauvre coeur, Seigneur, ne fasse plus qu'un avec le Tien. Toi seul peux combler sa solitude. Que je ne cherche rien en dehors de Toi: seul Tu es capable de me contenter. Ote-moi, Seigneur, la liberté de Te déplaire, que jamais je ne fasse la plus légère offense.
Je veux accomplir toujours Ta volonté, répondre toujours à Ta grâce. O Maître, je veux être sainte pour Toi, sois ma sainteté, car je connais ma faiblesse.
Elisabeth de la Trinité, Ecrits spirituels (Seuil, 1949)
image: www.chemindamourverslepere.com
01:57 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Elisabeth de la Trinité, La prière du coeur, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; spiritualité; anthologie; livres |
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18/05/2013
Paula Jacques
Paula Jacques, Rachel-Rose et l'officier arabe (Mercure de France, 2006)
A l'instant où la guerre de Suez avait pris fin, ce ne fut plus la guerre mais la paix qui devint terrible. Tout de suite après l'expulsion des ressortissants français et anglais, les juifs se virent, à leur tour, suspectés d'impérialisme, de sionisme, de communisme, ou des trois à la fois. Avec pour résultat, et dans tous les cas de figure. l'arrestation, la prison, la spoliation des biens et, en dernier ressort, le bannissement. Pour sa part, Salomon Cohen caressait encore l'espoir d'en réchapper. Il possédait la nationalité égyptienne. Il n'avait jamais adhéré à une quelconque idéologie politique, cette bonne blague! Il considérait même comme un péché de croire qu'un pouvoir terrestre était capable de contrarier les desseins de la divine Providence. Ainsi, Salomon, bourgeois prospère, refuse de se rendre à une convocation des Moukhabarat, les services de renseignements égyptiens. Une nuit, un officier de police se présente chez les Cohen avec un mandat d'amener ; en réalité, il a un compte personnel à régler avec cette famille où, naguère, sa mère servit de domestique. Rachel-Rose, la fille aînée, lui ouvre la porte. Elle est en nuisette, comme nue sous les regards de l'officier arabe. Conscient du trouble qu'il a semé chez la jeune fille, l'officier Fouad Barkouk va jouer de son ardente naïveté pour punir les anciens patrons de sa mère. En séduisant l'adolescente, en la faisant tomber sous sa dépendance sexuelle et affective, Fouad croit assouvir sa vengeance... Avec cette histoire d'un premier amour dans les bras de l'ennemi - une métaphore de l'éternelle guerre de possession - Paula Jacques nous cueille là où on l'attendait le moins: c'est un vrai thriller psychologique qu'elle nous offre, avec en toile de fond l'Egypte des années cosmopolites, cette terre originelle qui marque toute son œuvre.
La vie au Caire, en 1957, avec en filigrane les aléas de la famille Cohen et de leur fille Rachel-Rose, passionnément éprise d’un officier arabe, nous dévoile la violence des sentiments, lesdésirs de vengeance sur fond d'exil, le tout raconté avec chaleur et originalité, fans un style rythmé par les caprices du destin.
Egalement disponible en coll. Folio (Gallimard, 2007)
03:51 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature: roman; livres |
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17/05/2013
Lire les classiques - Mikhaïl Lermontov
Mikhaïl Lermontov

Mikhaïl Lermontov, Le destin du poète, dans: Oeuvres poétiques (L'Age d'Homme, 1985)
traduit du russe par Hemri Grégoire
image: Tatiana Nikolaïevna (http://fr.wikipedia.org)
07:22 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Lire les classiques, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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Morceaux choisis - Thérèse de Jésus
Thérèse de Jésus (Thérèse d'Avila)

On peut, me semble-t-il, arroser notre jardin de quatre façons: ou bien en tirant l'eau d'un puits, ce qui se fait à grand-peine; ou bien au moyen d'une noria et de godets et en se servant d'une manivelle, comme je l'ai fait quelque fois, ce qui donne moins de fatigue et amène plus d'eau; ou bien d'une rivière ou d'un ruisseau, ce qui arrose bien mieux, car la terre est bien plus gorgée d'eau, on n'a pas besoin d'arroser si souvent et le jardinier a beaucoup moins de travail; ou bien, s'il pleut beaucoup, c'est le Seigneur qui arrose alors le jardin sans aucun effort de notre part, et c'est, sans comparaison, bien mieux que tout ce qui vient d'être dit.
Thérèse d'Avila, Livre de la vie, dans: Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, Oeuvres (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 2013)
traduit de l'espagnol par Jean Canavaggio
image: Les Saules, Cologny / Suisse (2013)
03:04 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Morceaux choisis, Thérèse d'Avila | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; spiritualité; anthologie; livres |
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16/05/2013
Musica présente - 65 Maria Tipo
Maria Tipo
pianiste italienne, née en 1931
*
Jean Sébastien Bach
Chaconne in D minor, BWV 1004
Toccata and Fugue in D minor, BWV 565
Toccata, Adagio and Fugue in C major, BWV 564
Prelude and Fugue in D major, BWV 532
Prelude and Fugue in E-flat major, BWV 552
pour Christiane H
07:08 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Jean Sébastien Bach, Musica présente, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique classique; facebook |
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15/05/2013
Le poème de la semaine
Robert Desnos
Une voix, une voix qui vient de si loinQu’elle ne fait plus tinter les oreilles,Une voix, comme un tambour, voiléeParvient pourtant, distinctement, jusqu’à nous.Bien qu’elle semble sortir d’un tombeauElle ne parle que d’été et de printemps,Elle emplit le corps de joie,Elle allume aux lèvres le sourire. Je l’écoute. Ce n’est qu’une voix humaineQui traverse les fracas de la vie et des batailles,L’écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages. Et vous? Ne l’entendez-vous pas?Elle dit « La peine sera de courte durée »Elle dit « La belle saison est proche ». Ne l’entendez-vous pas? Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
07:24 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anthologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie |
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14/05/2013
Lie les classiques - Léon Tolstoï
Léon Tolstoï

Quand nous restions seuls, ce qui d'ailleurs ne nous arrivait pas souvent, je n'éprouvais auprès de lui ni joie, ni agitation, ni d'embarras, tout comme si je m'étais trouvée seule avec moi-même. Je savais très bien que celui qui était là n'était pas le premier venu, quelqu'un d'inconnu, mais bien au contraire un très excellent homme, enfin mon mari, que je connaissais aussi bien que moi-même. J'étais persuadée de savoir à l'avance tout ce qu'il ferait, ce qu'il dirait, toute sa manière de voir, et quand il faisait ou pensait autrement que je m'y fusse attendue, je trouvais tout simplement qu'il s'était trompé; aussi n'attendais-je précisément rien de sa part. En un mot, c'était mon mari, et rien de plus. Il me semblait que les choses étaient telles et devaient être telles, qu'il ne pouvait exister et que même il n'avait jamais existé d'autres rapports entre nous. Quand il s'absentait, surtout dans les premiers temps, j'éprouvais pourtant un terrible isolement, et c'était loin de lui que je ressentais encore avec force toute la valeur de son appui; et de même, quand il revenait, je me jetais avec joie à son cou; mais deux heures s'étaient à peine écoulées que j'avais oublié cette joie et que je ne trouvais plus rien à lui dire.
Dans ces courts instants où une tendresse paisible et tempérée venait à renaître entre nous, il me semblait seulement que ce n'était plus cela, que ce n'était plus ce qui avait si puissamment rempli mon coeur, et il me semblait lire dans ses yeux la même impression. Je sentais qu'il y avait en cette tendresse une limite, qu'il ne voulait pas et que je ne voulais pas non plus franchir. Quelquefois cela me causait du chagrin, mais je n'avais plus le temps de penser sérieusement à quoi que ce fût, et je m'efforçais d'oublier ce chagrin par une variété de distractions dont je ne me rendais même pas clairement compte, mais qui s'offraient perpétuellement à moi. La vie du monde, qui, au commencement, m'avait étourdie par son éclat et la satisfaction qu'elle apportait à mon amour-propre, avait bientôt entièrement dominé tous mes penchants, était devenue pour moi une habitude tout en m'asservissant, et avait occupé dans mon âme toute cette place qui y avait été destinée à abriter le sentiment.
Aussi évitais-je souvent de rester seule avec moi-même dans la crainte d'approfondir ma situation. Tout mon temps, depuis l'heure la plus matinale jusqu'aux heures les plus avancées de la nuit, était pris et ne m'appartenait plus, même si je devais ne pas sortir. Je n'y trouvais ni plaisir, ni ennui, et il me semblait qu'il en avait dû toujours être ainsi.
Léon Tolstoï, Katia (Nouvelle Bibliothèque Neuchâtel, 1954)
traduit du russe par M. le Comte d'Hauterive
image: Jean-Jacques Henner, Head of a Girl / Brooklyn Museum, USA (commons.wikimedia.org)
07:07 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Lire les classiques, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature; roman; morceaux choisis; livres |
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La citation du jour
Xavier Grall

Ne me parlez pas de moi. Sur ma tête, mettez une pierre d'argile blanche et parlez-moi de la terre.
Xavier Grall, Oeuvre poétique (Rougerie, 2011)
00:10 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans La citation du jour, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citation; livres |
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13/05/2013
Yves Navarre
Yves Navarre, Le coeur qui cogne (Flammarion, 1974 et LGF, 1980 - épuisés)
La famille Dauzan se réunit le temps d'un week-end au Rivier, douze ans après la mort du fils aîné. Autrefois lieu des réunions familiales épanouies, qu'en reste-t-il, sinon un théâtre d'ombres où la maladresse des uns et des autres fait mal. Une peinture acide de la bourgeoisie et des apparences trompeuses qui n'est pas sans rappeler l'univers de François Mauriac.
Disponible en version intégrale sur www.yves-navarre.ch au format PDF
07:30 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Yves Navarre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; roman; livres |
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12/05/2013
La prière du coeur
Thomas Merton

Comme il me faut aller loin pour Vous trouver, Vous en qui je demeure déjà... Car maintenant, mon Dieu, je ne peux plus parler qu'à Vous, personne d'autre ne peut comprendre... Je ne peux amener aucun être humain dans le nuage où je demeure dans Votre lumière, ou plutôt dans Vos ténèbres, où je suis perdu et confus. Je ne peux expliquer à aucun être ce qu'il faut souffrir pour Votre joie, ce qu'il faut perdre pour Vous gagner, à quelle distance il faut aller pour Vous atteindre, ni quelle mort est ma vie en Vous, parce que je n'en sais rien moi-même... Tout ce que je sais, c'est que je voudrais que ce fût la fin... que ce fût le commencement...
Thomas Merton, La nuit privée d'étoiles (Albin Michel, 1951)
image: Abbaye de Melleray, Bretagne / France (photos-bretagne.com)
08:45 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans La prière du coeur, Littérature étrangère, Thomas Merton | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature; spiritualité; anthologie; livres |
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Lire les classiques - Sully Prudhomme
Sully Prudhomme

merci à José M
Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareilA des neiges d'avril qui croulent au soleil;Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,Le plonge, le promène allongé sur les eaux,Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.Tantôt le long des pins, séjour d'ombre et de paix,Il serpente, et laissant les herbages épaisTraîner derrière lui comme une chevelure,Il va d'une tardive et languissante allure;La grotte où le poète écoute ce qu'il sent,Et la source qui pleure un éternel absent,Lui plaisent: il y rôde ; une feuille de sauleEn silence tombée effleure son épaule;Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,Superbe, gouvernant du côté de l'azur,Il choisit, pour fêter sa blancheur qu'il admire,La place éblouissante où le soleil se mire.Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,A l'heure où toute forme est un spectre confus,Où l'horizon brunit, rayé d'un long trait rouge,Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,Que les rainettes font dans l'air serein leur bruitEt que la luciole au clair de lune luit,L'oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflèteLa splendeur d'une nuit lactée et violette,Comme un vase d'argent parmi des diamants,Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments.Sully Pruhomme, Le cygne, dans: Les solitudes - Poésies (L'Harmattan, 1995)
image: Lugano / Tessin, Suisse (2012)
07:21 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Lire les classiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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11/05/2013
Ian McEwan
Ian McEwan, Sur la plage de Chesil (Gallimard, 2008)
07:07 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature: roman; livres |
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10/05/2013
Morceaux choisis - Sylvie Fabre G.
Sylvie Fabre G.

Sylvie Fabre G., Dans la bibliothèque de ma mère, dans: Pas d'ici, pas d'ailleurs - Anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines / présentation et choix: Sabine Huynh, Andrée Lacelle, Angèle Paoli, Aurélie Tourniaire / préface: Déborah Heissler (Voix d'Encre, 2012)
image: livresanciens-tarascon.blogspot.com
12:55 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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Patricia MacDonald
Patricia Mac Donald, J'ai épousé un inconnu (Albin Michel, 2006)
Victime de plusieurs tentatives de crime – alors qu’elle attend un bébé - Emma, en proie au doute, ne sait plus vers qui se tourner. Qui peut donc lui en vouloir au point de vouloir la tue? David, son mari, mystérieux, aimant, mais dissimulateur? Burke, un ami de jeunesse dont l’épouse s’est suicidée? Le père d’une anorexique, aujourd’hui décédée, dont elle assurait l’accompagnement? Ou encore un patient du Centre qui n’apprécierait pas son récent mariage? Patricia MacDonald joue habilement avec nos nerfs de la première page à la dernière et, comme dans tous les bons romans policiers, nous ouvre à une vérité insoupçonnable. Un suspense terrifiant.
Egalement disponible en coll. Livre de poche (LGF, 2008)
09:44 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature: roman; livres |
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Vendanges tardives - De la mesure
Un abécédaire: M comme mesure

pour Charline K
Jamais je n'aurais imaginé me retrouver - surtout une veille de la fête de l'Ascension! - dans un box des urgences de l'Hôpital Cantonal, avec un blouse bleue et blanche et des tuyaux reliés à toutes les parties du corps, comme Victor Newman dans Les feux de l'amour. Et, tandis que je mesurais le temps qui s'étire, ponctué ça et là par le son aigu de l'échocardiographe signalant un dérapage, me venaient à l'esprit des pensées plutôt légères, malgré le lieu, malgré ce moment suspendu où j'étais encore incapable de savoir, si cette fois-ci en ce qui me concerne, le fil tendu entre le commencement de toutes choses et la fin de ces dernières dans l'ordre du monde, n'était pas sur le point de se rompre, comme il se doit, un jour ou l'autre.
Je me suis ainsi souvenu de ma mère qui me raconta que, lors de son premier infarctus, elle se voyait dans une vallée verdoyante et reposante, tandis qu'elle se remémorait les paroles du Psaume 22: Sur des prés d'herbe fraîche, Il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles... Et elle se répétait pour elle-même: Eh bien non, je ne veux pas y aller! Elle ouvrit alors les yeux, se vit en salle de réanimation et esquissa un sourire. Le voyage était interrompu.
Et - tu connais mon côté farceur - j'ai aussi pensé à Woody Allen: Ce n'est pas que j'ai peur de mourir, je veux juste ne pas être là quand ça arrivera. Puis à Francis Blanche: Vienne la nuit, sonne l'heure, Des gens s'amusent, d'autres meurent.
Mais à toi, Fred, je peux bien le dire: alors que sur le départ - sans diagnostic critique ni séquelles inquiétantes - je restituais mes habits de cérémonie et le sac en plastique contenant mes effets personnels, malgré le légendaire contrôle de mes émotions en public, toute trace d'humour m'avait quitté et derrière cette absence de frivolité, quelle digue s'était donc rompue? Tu voudrais bien le savoir, mais entre hommes - pudeur, refoulement, absence d'abandon? - il m'est bien difficile de satisfaire ta curiosité!
Je vais plutôt téléphoner à notre amie Laurence qui te racontera - si le coeur lui en dit - ces éclats de ténèbres et de lumières qui somme toute, dans un désordre trompeur, célèbrent la vie: si précieuse, si incertaine...
Francis Blanche, Les pensées (Cherche Midi, 2011)
Woody Allen, Dieu Shakespeare et moi (coll. Points Virgule/Seuil, 2001)
image: Melody Thomas Scott et Eric Braeden dans: The Young and the Restless / Les feux de l'amour (globaltv.com)
00:04 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Le monde comme il va, Littérature étrangère, Littérature francophone, Rosebud, Vendanges tardives - Un abécédaire 2013 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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09/05/2013
Morceaux choisis - Bernard de Clairvaux
Bernard de Clairvaux

Vous êtes solitaires, quelle que soit la foule alentour, pourvu que vous vous absteniez d'examiner avec trop de curiosité la conduite d'autrui ou de la juger témérairement. Même si votre prochain commet un acte que vous réprouvez, ne le jugez pas, cherchez-lui une excuse. Pardonnez au moins l'intention, si l'acte vous paraît inexcusable. Même si la chose est manifeste, au point de ne pouvoir rester cachée, tâchez de vous raisonner, et dites-vous: la tentation était forte, à quoi m'aurait-elle réduit, si elle avait pris sur moi le même empire?
Bernard de Clairvaux, Sur le Cantique des Cantiques - extrait, dans: Oeuvres mystiques (Seuil, 1951)
image: Le tombeau vide, Israël (www.les-trois-sagesses.org)
06:40 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Bernard de Clairvaux, Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature; spiritualité; anthologie; livres |
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08/05/2013
Le poème de la semaine
Paul Valéry
Il est une douleur sans nom, sans but, sans cause Qui vient je ne sais d’où, je ne sais trop pourquoi, Aux heures sans travail, sans désir et sans foi Où le dégoût amer enfielle toute chose. Rien ne nous fait penser, rien ne nous intéresse, On a l’esprit fixé sur un maudit point noir. Tout est sombre : dedans, dehors, le jour, le soir, C’est un effondrement dans un puits de tristesse. C’est surtout vers la nuit, quand s’allume la lampe. Cet ennui fond sur nous, aussi prompt qu’un vautour. Le découragement nous guette au coin du jour, Quand s’élève du sol l’obscurité qui rampe. Ce n’est pas celui-là qui mène à la rivière C’est un mauvais moment à passer, voilà tout. Il nous fait ressortir la joie, ce dégoût Comme l’obscurité fait aimer la lumière. Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
06:42 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Paul Valéry, Quelques traces de craie dans le ciel - Anthologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie |
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07/05/2013
Malika Mokeddem
Malika Mokeddem, Je dois tout à ton oubli (Grasset, 2008)
On dit souvent que l’ombre de la mère disparue peut longtemps soutenir les vivants. Mais ici – comme dans les romans de Katherine Pancol, par exemple – la blessure née du refus de la tradition, de la maternité obligée et de la soumission, amplifie l’absence d’amour de la mère pour sa fille Selma. Les circonstances de rencontre entre ces deux êtres sont découpées au scalpel, même si la mémoire de la narratrice est empreinte d’une profonde humanité. Par l’auteur de La transe des insoumis et de Mes hommes (Grasset, 2003 et 2005) autres chef d’œuvres à découvrir.
également disponible en coll. Livre de poche (LGF, 2011)
08:22 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Malika Mokeddem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature;récit; livres |
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06/05/2013
Morceaux choisis - Robert Ganzo
Robert Ganzo

Robert Ganzo, Langage, dans: L'oeuvre poétique (Gallimard, 1997)
image: Robert Ganzo (manuelvichganzo.centerblog.net)
18:17 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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Musica présente - 62 Vaclav Neumann
Vaclav Neumann
violoniste et chef d'orchestre tchèque, 1920 - 1995
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Gustav Mahler
Symphony No 5 in C minor
(Gewandhausorchester Leipzig)
07:58 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Gustav Mahler, Musica présente, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique classique |
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05/05/2013
La prière du coeur
Michel Lonsdale
Seigneur, aide-moi, signe-moi dans ma faiblesse, ma pauvreté. Tu as plongé dans mon épaisse boue pour me repêcher, moi, le blessé, l'ignorant, le perdu. Que faire sans Toi? Voici venir la reconstruction, la colonne vertébrale redressée. Comme l'oiseau lavé de la marée noire, reconsidéré, appelé à prendre son vol avec de timides ailes, va, remonte au soleil et porte témoignage.
Michael Lonsdale, Oraisons (coll. Le souffle de l'esprit/Actes Sud, 2000)
05:46 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans La prière du coeur, Littérature francophone, Michael Lonsdale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature; spiritualité; anthologie; livres |
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