01/09/2014

La citation du jour

Stig Dagerman

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En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’une souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Actes Sud, 1989)

image: http://www.premieregalerie.com

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31/08/2014

La musique sur FB - 2147 C.Tye

Christopher Tye

Sit Fast a 3

 

Hespérion XX

Sergi Casademunt, Paolo Pandolfo

Jordi Savall


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Morceaux choisis - Dino Buzzati

Dino Buzzati

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Dès que j'arrivai à Paris - c'était pour moi la première fois - je filai directement au théâtre La Bruyère, ou l'on s'apprêtait à mettre en scène une de mes pièces. Au théâtre, désert à cette heure-là, assis dans le fond du parterre, m'attendaient Camus, qui avait écrit l'adaptation, le metteur en scène Georges Vitaly et un journaliste de la radio. Le visage de Camus n'était pas, Dieu soit loué, celui d'un intellectuel puant, c'était plutôt celui d'un sportif: le visage d'un homme du peuple, franc, solide, affichant une ironie débonnaire, une tête de garagiste, ai-je entendu quelqu'un dire, et c'était bien trouvé. Lorsqu'il se mit à parler, je pus constater, avec un extrême soulagement, que l'intérieur était identique à l'extérieur. Quel enfer pour moi, s'il n'en avait pas été ainsi!

Après s'être débarrassé du journaliste infernal envoyé par la radio, Camus nous amena, Vitaly et moi, manger dans un petit restaurant tout proche; tout se passa comme s'il me connaissait depuis des années, comme s'il trouvait ma maladresse tout à fait naturelle. Plus encore: quoiqu'il fût plus jeune que moi, il se comportait avec moi comme un grand frère, attentif à ce que tout me paraisse simple et familier. A vrai dire, nous mangeâmes très mal, mais à la fin du repas, grâce à l'intelligence de Camus, je me sentais un peu moins lamentable.

Il ne s'étonnait même pas que je vienne à Paris pour la première fois. Demain, je passerai vous prendre, et je vous ferai faire un tour de la ville, me dit-il. Dans quel hôtel êtes-vous? Deux heures et demie, cela vous va? Il vint me chercher à l'hôtel. Ce jour-là, il faisait un froid de canard et il soufflait un vent glacial. Mais lui, il se promenait sans chapeau et il n'avait même pas boutonné son manteau.

Il se montra d'une bonté, d'une compréhension, d'une délicatesse qui valaient bien un de ses livres. C'était simplement un jeune, et non pas l'un des plus brillants cerveaux de l'intelligentsia mondiale. Il eut pour moi la compassion d'un grand seigneur. Lorsque je tentai, je ne me souviens plus à quel propos, une allusion à son roman, L'étranger, il coupa court avec une extrême élégance en me montrant une maison où avait vécu un homme célèbre, je ne me rappelle plus lequel.

Le soir de la première, il fut aussi émouvant tant il fut humain et courtois. Il me traitait comme un collègue, et nullement comme un débile mental; et je lui en serai éternellement reconnaissant. A une certaine heure, quand les gens importants et les critiques eurent pris congé, seuls restèrent les acteurs, quelques jeunes gens et quelques gracieuses jeunes filles. On mit de la musique pour danser. Camus ne resta pas une seconde en place. Il enchaîna les danses les unes après les autres, avec l'enthousiasme d'un gamin de vingt ans. La philosophie? Le drame des communautés modernes? Notre éternelle condamnation à la solitude? Ce soir-là, au moins, Camus fut heureux d'être au monde. Il portait un costume bleu.

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Dino Buzzati, Camus - Un homme très simple / extrait, dans: Chroniques terrestres (Laffont, 2014)

image 1: Albert Camus (voiceseducation.org)

image 2: Dino Buzzati (lefigaro.fr)

30/08/2014

La musique sur FB - 2146 F.Schubert/F.Liszt

Franz Schubert

Gretchen am Spinnrade, D 118

(transcr. Franz Liszt)

 

Khatia Buniatishvili


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29/08/2014

La citation du jour

Anaïs Nin

citation; livres 

A la racine du mensonge se trouve l'image idéalisée que nous avons de nous-mêmes et que nous souhaitons imposer à autrui.

Anaïs Nin, Journal 1931-1934 (coll. Livre de Poche/LGF, 2002) 

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28/08/2014

La musique sur FB - 2145 F.Chopin

Frédéric Chopin

Nocturne No 2, Op 62

 

Maria Tipo


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27/08/2014

Le poème de la semaine

Guillevic

Prenez un toit de vieilles tuiles
un peu avant midi.
 
Placez tout à côté
un tilleul déjà grand
remué par le vent.
 
Mettez au-dessus d'eux
un ciel de bleu, lavé
par des nuages blancs.
 
Laissez-les faire
Regardez-les.
 
Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle

00:10 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie | |  Facebook | | |

La musique sur FB - 2144 C.Guastavino

Carlos Guastavino

Tres Romances

 

Martha Argerich, Maurizio Vallina


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26/08/2014

Olivier Adam

9782879295848.gifOlivier Adam, A l'abri de rien (Editions de l'Olivier, 2007)

 

Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie. Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les Kosovars, ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville. Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours. Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s'expose à tous les dangers, y compris celui d'y laisser sa peau... A ce jour, A l'abri est - à mon avis très personnel - le meilleur roman d'Olivier Adam!

 

Egalement disponible en coll. Points (Seuil, 2008)

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25/08/2014

La musique sur FB - 2143 G.Facco

Giacomo Facco

Pensieri Adriarmonici for strings in E minor No 1, Op 1 

 

Federico Guglielmo

L'Arte dell'Arco

Federico Guglielmo


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