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23/05/2015

Morceaux choisis - Yorgos Thèmelis

Yorgos Thèmelis

littérature; poésie; anthologie; livres

C'est pour toi que j'aime la lumière
Les hommes les arbres qui te ressemblent
Tout ce qui bouge et respire
Et la pierre éternelle
Et le flot partageant tes espaces
Et l'eau chantant l'amour
 
C'est pour toi et c'est toi
Qui marches dans les miroirs
Et partout dans les choses
Mes soeurs si proches
 
Et cette table tendre qui voit
Dans sommeil
Les deux ailes de tes mains
Et cette table tendre qui entend
Ton écho secret dans son épais silence
 
C'est mon coeur
Qui te soutient comme un drapeau
C'est mon coeur
Qui t'accueille comme un ciel.

Yorgos Thèmelis, C'est pour toi, dans: Michel Volkovitch, Anthologie de la poésie grecque contemporaine (coll. Poésie/Gallimard, 2000)

image: Theodoros Rallis (v2.xpatathens.com)

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22/05/2015

La citation du jour

Jean-Michel Maulpoix

Désert FB.jpg

Le poète est l'ombre portée d'un grain de sable dans le désert.

Jean-Michel Maulpoix, Domaine public (Mercure de France, 1998)

image: Le désert de Simpson, Australie (dinosoria.com)

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21/05/2015

La musique sur FB - 2250 C.Monteverdi

Claudio Monteverdi

"Iam moriar mi fili"

 

La Compagnia del Madrigale


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20/05/2015

Le poème de la semaine

Karel Logist

J'emporte en voyage deux montres
l'une marque l'heure de mon départ
l'autre semble indiquer celle de mon retour
 
Vous le savez mieux que moi:
les belles étrangères
si accueillantes aux étrangers
sont rarement ponctuelles en amour
 
C'est pourquoi j'ignore toujours
laquelle de mes montres retarde
et pour qui mes fuseaux horaires
se déhanchent
ainsi que sur des airs de danse.
 
Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle

00:00 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie | |  Imprimer |  Facebook | | |

19/05/2015

Morceaux choisis - Robert Walser

Robert Walser

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Un soir, après le repas, j’allai encore en hâte au bord du lac drapé de je ne sais plus très bien quelle mélancolie pluvieuse et sombre. Je m’assis sur un banc sous les branches dégagées d’un saule et ainsi, m’abandonnant à des pensées vagues, je voulus m’imaginer que je n’étais nulle part, une philosophie qui me procura un bien-être étrange et délicieux. L’image de la tristesse sur le lac, sous la pluie, était magnifique. Dans son eau chaude et grise tombait une pluie minutieuse et pour ainsi dire prudente. Mon vieux père avec ses cheveux blancs m’apparut en pensées, ce qui fit de moi un enfant timide et insignifiant, et le portrait de ma mère se mêla au doux et paisible murmure et à la caresse des vagues. Avec l’étendue du lac qui me regardait comme je le faisais moi-même, je découvrais l’enfance qui me considérait elle aussi, comme avec de beaux yeux limpides et bons. Tantôt j’oubliais tout à fait où je me trouvais, tantôt je le savais de nouveau. Quelques promeneurs silencieux allaient et venaient sur la rive, deux jeunes ouvrières s’assirent sur le banc voisin et commencèrent à bavarder et là-bas sur l’eau, là-bas sur le lac bien-aimé, où les larmes douces et sereines coulaient paisiblement, des amateurs de navigation voguaient encore dans des bateaux ou des barques, le parapluie ouvert au-dessus de leurs têtes, une image qui me fit rêver que j’étais en Chine ou au Japon ou dans un autre pays de poésie ou de rêve. Il pleuvait si gentiment et si tendrement dans l’eau et il faisait si sombre. Toutes les pensées sommeillaient puis toutes les pensées étaient de nouveau en éveil. Un vapeur sortit sur le lac ; ses lumières scintillaient à merveille dans l’eau lisse et gris argent du lac qui portait ce beau bateau comme s’il éprouvait de la joie à cette apparition féerique. La nuit tomba peu après, et avec elle l’aimable invitation à se lever du banc sous les arbres, à s’éloigner de la rive et à prendre le chemin du retour.

Robert Walser, Au bord du lac, dans: Retour dans la neige (coll. Points/Seuil, 2006)

traduit de l'allemand par Golnaz Hauchidar

image: J.D.Echenard, Lac de Bienne (flickriver.com)

18/05/2015

Lire les classiques - Alfred de Musset

Alfred de Musset

littérature; poésie; anthologie; livres

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.
 
Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,
Son pied d'airain.
 
Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,
 
Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.
 
La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.
 
Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.
 
Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,
 
Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,
 
Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.
 
Ah ! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.
 
Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.
 
Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant;
 
Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.
 
Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours?
 
Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.
 
Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.
 
Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté!
 

Alfred de Musset, Venise, dans: Premières poésies (coll. GF/Flammarion, 1998) 

image: Venise à l'aube (creative.arte.tv)

00:02 Écrit par Claude Amstutz dans Lire les classiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

17/05/2015

La musique sur FB - 2249 E.Waldteufel

Emile Waldteufel

Prestissimo Galop, Op 152

 

Slovak Philharmonic Orchestra

Kurt Redel


08:19 Écrit par Claude Amstutz dans La musique sur Facebook, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook | |  Imprimer |  Facebook | | |

La citation du jour

Eschyle

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Amis, quiconque a fait l'expérience du malheur sait que, lorsqu'une vague de maux s'est abattue sur eux, les hommes s'effrayent de tout, tandis que si le destin les favorise, ils se persuadent que le vent de la prospérité ne cessera jamais de souffler pour eux.

Eschyle, Les Perses - Théâtre complet (coll. GF/Flammarion, 2000) 

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16/05/2015

Morceaux choisis - George Orwell

George Orwell

citations; livres 

Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d'êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s'instruire et apprendre à réfléchir par elle même, elle s'apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n'a aucune raison d'être, et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n'était possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance.

George Orwell, 1984 (coll. Folio/Gallimard, 1972)

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15/05/2015

La citation du jour

André Gide

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Le bien écrire que j'admire, c'est celui qui, sans trop se faire remarquer, arrête et retient le lecteur et contraint sa pensée à n'avancer qu'avec lenteur. Je veux que son attention enfonce à chaque pas dans un sol riche et profondément ameubli. Mais ce que cherche, à l'ordinaire, le lecteur, c'est une sorte de tapis roulant qui l'entraîne.

André Gide, Journal / Une anthologie 1889-1949 (coll. Folio/Gallimard, 2012) 

00:20 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : citation; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |