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19/04/2015

Lire les classiques - Joris Karl Huysmans

Joris Karl Huysmans

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O toi dont l'oeil est noir,
les tresses noires,
les chairs blondes,
écoute-moi, ô ma folâtre louve!
 
J'aime tes yeux fantasques,
tes yeux qui se retroussent sur les tempes;
j'aime ta bouche rouge comme une baie de sorbier,
tes joues rondes et jaunes;
j'aime tes pieds tors,
ta gorge roide,
tes grands ongles lancéolés,
brillants comme des valves de nacre.
 
J'aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir,
ton sourire alangui,
ton attitude indolente,
tes gestes mièvres.
 
J'aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix,
j'aime ses tons ululants et rauques,
mais j'aime par-dessus tout, 
j'aime à en mourir, ton nez,
ton petit nez qui s'échappe des vagues de ta chevelure,
comme une rose jaune éclose
dans un feuillage noir.
 

Joris-Karl Huysmans, Le drageoir aux épices (Champion, 2003)

image: Jun Kumaori (paloma511.skyrock.com)

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La musique sur FB - 2241 B.Martinu

Bohuslav Martinu

String Quartet No 7

 

Stamitz Quartet


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18/04/2015

Morceaux choisis - Emily Dickinson

Emily Dickinson

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On apprend l'eau par la soif,
La terre par les océans traversés,
La jubilation par les affres,
La paix par le récit des batailles,
L'amour par l'humus de la tombe,
Les oiseaux par la neige.
 

Emily Dickinson, "Poésies complètes, 1859", édition bilingue (Flammarion, 2009)

Traduction: Françoise Delphy

image: comeviaggiareinformati.it

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17/04/2015

La musique sur FB - 2240 C.M.von Weber

Carl Maria von Weber

Piano Sonata No 2 in A major, Op 39

 

Emil Gilels


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16/04/2015

La citation du jour

Marcel Proust

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On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l'horizon où Combray n'apparaissait pas encore ; quand du train qui, la semaine de Pâques, nous amenait de Paris, mon père l'apercevait qui filait tour à tour sur tous les sillons du ciel, faisant courir en tous sens son petit coq de fer, il nous disait : "Allons, prenez les couvertures, on est arrivé." Et dans une des plus grandes promenades que nous faisions de Combray, il y avait un endroit où la route resserrée débouchait tout à coup sur un immense plateau fermé à l'horizon par des forêts déchiquetées que dépassait seul la fine pointe du clocher de Saint-Hilaire, mais si mince, si rose, qu'elle semblait seulement rayée sur le ciel par un ongle qui aurait voulu donner à ce paysage, à ce tableau rien que de nature, cette petite marque d'art, cette unique indication humaine. Quand on se rapprochait et qu'on pouvait apercevoir le reste de la tour carrée et à demi détruite qui, moins haute, subsistait à côté de lui, on était frappé surtout du ton rougeâtre et sombre des pierres ; et, par un matin brumeux d'automne, on aurait dit, s'élevant au-dessus du violet orageux des vignobles, une ruine de pourpre presque de la couleur de la vigne vierge.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann - A la recherche du temps perdu (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1954)

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15/04/2015

Le poème de la semaine

Louis Aragon

 

Il m’aurait fallu

Qu’un moment de plus

Pour que la mort vienne

Mais une main nue

Alors est venue

Qui a pris la mienne

 

Qui donc a rendu

Leurs couleurs perdues

Aux jours aux semaines

Sa réalité

A l’immense été

Des choses humaines

 

Moi qui frémissais

Toujours je ne sais

De quelle colère

Deux bras ont suffi

Pour faire à ma vie

Un grand collier d’air

 

Rien qu’un mouvement

Ce geste en dormant

Léger qui me frôle

Un souffle posé

Moins une rosée

Contre mon épaule

 

Un front qui s’appuie

A moi dans la nuit

Deux grands yeux ouverts

Et tout m’a semblé

Comme un champ de blé

Dans cet univers

 

Un tendre jardin

Dans l’herbe où soudain

La verveine pousse

Et mon cœur défunt

Renaît au parfum

Qui fait l’ombre douce

 

 

Quelques traces de craie dans le ciel,

Anthologie poétique francophone du XXe siècle

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La musique sur FB - 2239 C.Saint-Saëns

Camille Saint-Saëns

La Muse et le Poète, Op 132

 

Soloists of the Queen Elisabeth Music Chapel 

Orchestre Philharmonique Royal de Liège

Christian Arming


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14/04/2015

Morceaux choisis - Antoine Pol

Antoine Pol

littérature; poésie; anthologie; livres

Je veux dédier ce poème 
A toutes les femmes qu'on aime 
Pendant quelques instants secrets 
A celles qu'on connaît à peine 
Qu'un destin différent entraîne 
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître 
Une seconde à sa fenêtre 
Et qui, preste, s'évanouit 
Mais dont la svelte silhouette 
Est si gracieuse et fluette 
Qu'on en demeure épanoui
 
A la compagne de voyage 
Dont les yeux, charmant paysage 
Font paraître court le chemin 
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre 
Et qu'on laisse pourtant descendre 
Sans avoir effleuré sa main
 
A la fine et souple valseuse 
Qui vous sembla triste et nerveuse 
Par une nuit de carnaval 
Qui voulut rester inconnue 
Et qui n'est jamais revenue 
Tournoyer dans un autre bal
 
A celles qui sont déjà prises 
Et qui, vivant des heures grises 
Près d'un être trop différent 
Vous ont, inutile folie, 
Laissé voir la mélancolie 
D'un avenir désespérant
 
A ces timides amoureuses
Qui restèrent silencieuses
Et portent encor votre deuil
A celles qui s'en sont allées
Loin de vous, tristes esseulées
Victimes d'un stupide orgueil
 
Chères images aperçues 
Espérances d'un jour déçues 
Vous serez dans l'oubli demain 
Pour peu que le bonheur survienne 
Il est rare qu'on se souvienne 
Des épisodes du chemin
 
Mais si l'on a manqué sa vie 
On songe avec un peu d'envie 
A tous ces bonheurs entrevus 
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre 
Aux coeurs qui doivent vous attendre 
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
 
Alors, aux soirs de lassitude 
Tout en peuplant sa solitude 
Des fantômes du souvenir 
On pleure les lèvres absentes 
De toutes ces belles passantes 
Que l'on n'a pas su retenir.
 

Antoine Pol, Les passantes, dans: Emotions poétiques (www.paperblog.fr)

image:  Barbara (yuu827.s342.xrea.com)

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13/04/2015

La citation du jour

Nicolas de Chamfort

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Il y a des siècles où l’opinion publique est la plus mauvaise des opinions.

Nicolas de Chamfort, Maximes et pensées (coll. Folio/Gallimard, 1989)

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12/04/2015

Lire les classiques - Jean Moréas

Jean Moréas

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Roses, en bracelet autour du tronc de l'arbre,
Sur le mur, en rideau,
Svelte parure au bord de la vasque de marbre
D'où s'élance un jet d'eau,
 
Roses, je veux encor tresser quelque couronne
Avec votre beauté,
Et comme un jeune avril embellir mon automne
Au bout de mon été.
 

Jean Moréas, Oeuvres (Mercure de France, 1981)

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