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        <title>LA SCIE REVEUSE</title>
        <description>bloc-notes culturel</description>
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        <lastBuildDate>Sat, 19 May 2012 22:19:19 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Morceaux choisis - Adam Biro</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                                <pubDate>Sat, 19 May 2012 16:46:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Adam Biro&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3588397&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/00/01/2731771462.jpg&quot; alt=&quot;Adam Biro.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;La Tisza a débordé. C'était au XIXe siècle. Une année de soleil, de belle moisson. Et soudain, la terreur. De cette masse d'eau immense; ce n'était que de l'eau, que la Tisza, mais elle balayait sur son passage le blé, le pain des gens, avec un bruit de destruction totale, de fin du monde. On fuyait. On savait. On en avait entendu parler. De la fureur du fleuve paisible. De la mort qu'elle sème.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Tout le monde fuyait, sauf Izsak. L'eau boueuse a déjà inondé la cave de sa maison, le potager aussi était sous l'eau. Sa famille, sa femme et les enfants étaient allés rendre visite à ses beaux-parents dans une ville à trente kilomètres de là, loin de la Tisza, heureusement. Ils étaient à l'abri. Izsak, assis dans la belle chambre, priait. Autour de lui, l'affolement, des appels, des hurlements. Le tocsin à tout va. Beuglement et cris des bêtes. Izsak prie avec ferveur.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Une barque, remplie de gens, s'approche de la fenêtre ouverte. Mozes et Samuel rament de toutes leurs forces. Ils appellent: &quot;Izsak, viens. Qu'est-ce que tu fais? Le village est sous l'eau, nous avons tout perdu. Dieu nous punit durement pour nos péchés. Viens, il y a encore de la place pour toi. Qu'attends-tu?&quot; Izsak, imperturbable, les toise avec dédain. &quot;Je prie. Laissez-moi tranquille. Je prie mon Dieu. Il me sauvera.&quot;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les autres, dehors, dans la barque, se regardent, incrédules. Izsak a toujours eu un comportement étrange. A présent, il est devenu complètement fou. Enfin, ne voit-il pas l'eau tout submerger inexorablement? Il n'a aucune chance... Mais il leur dit de le laisser et de continuer leur chemin. Ils s'en vont. Après tout...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;La Tisza ne se calme pas, bien au contraire. On voit le sommet des arbres dépasser des flots; des armoires, des berceaux, des portes arrachées, poussés les uns contre les autres par les vagues du fleuve, s'entrechoquer par une étrange loi du hasard. Des cadavres d'animaux déjà gonflés descendent immobiles le courant. Izsak doit monter à l'étage de sa maison, car le rez-de-chaussée est désormais inondé. Les meubles avec tous leurs vêtements et leur linge, fruits d'une vie de labeur, les beaux tapis reçus de sa belle-famille sont les proies de l'élément incontrôlé. Izsak n'en a cure.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&quot;Les affaires, dit-il. Il n'a que mépris pour les &quot;affaires&quot;, les &quot;choses&quot;. On lui a dit, on lui a enseigné de ne s'intéresser, de ne donner de la valeur qu'au spirituel. Quel intérêt, les vieilles chaises en bois? Quel prix? Qui s'en soucie? Il ne va tout de même pas sacrifier sa foi, sa confiance dans le Seigneur à quelques vieilles chemises? Que va-t-il emporter, le jour de sa mort, dans l'Au-Delà? Les chaises, ou son âme? Sa famille est en lieu sûr, ça, c'est important. Le reste...&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Une autre barque s'approche. Izsak en connaît tous les occupants. Les gens du village, des voisins. &quot;Izsak, tu es encore là? Tu dois venir, c'est épouvantable ce qui se passe. Tout le village est emporté. Nous n'avons jamais vu cela. Une inondation d'une telle violence, jamais. Viens vite, nous ne pouvons pas t'attendre longtemps, nous devons aller en sauver d'autres.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Izsak les renvoie d'un revers de main. &quot;Je prie mon Dieu, l'Eternel. Il ne m'a jamais abandonné. Vous, mauvais croyants, impies, faites ce que bon vous semble. Vous vous fiez à une méchante barque pourrie plutôt qu'au Seigneur. Vous croyez sauver votre peau tout seuls, plutôt que de vous adresser au Très-Haut. A votre guise. Allez, allez, laissez-moi prier.&quot;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et l'eau monte. Elle brise la fenêtre de la chambre à coucher, elle la remplit, hurlant, chuintant, elle dépose une boue gluante et verdâtre sur les draps, les oreillers, le couvre-lit blanc immaculé, avant de soulever l'immense lit de bois massif, de le faire tourner comme une toupie et de le plaquer contre le plafond. Et les flots, ayant accompli leur devoir dans la chambre, déferlent au grenier. A peine Izsak a-t-il le temps de se réfugier sur le toit.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;C'est alors, à cet instant précis, qu'une nouvelle embarcation passe. Elle s'approche avec difficulté d'Izsak. Du village, on ne voit plus que la cime de quelques arbres, quelques toits et le clocher de l'église. C'était un village. Il n'existe plus. Les réfugiés de la barque hurlent de loin: &quot;Izsak, tu es complètement fou! Tu vas mourir, c'est sûr! Il n'y a plus personne au village, tu es le seul, le dernier! Viens avec nous, on arrive, saute dans la barque!&quot;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Izsak, accroché à la cheminée de ce qui fut sa maison, les injurie. &quot;Moi, oui, moi et moi seul, je prie mon Dieu qui me regarde, me reconnaît et me sauvera. Sans vous. Je n'ai pas besoin de vous, hommes de petite foi, ça, c'est sûr.&quot;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les gens n'ont ni le temps ni l'envie de discuter avec un illuminé. Ils veulent sauver leur vie, quitter ce village funeste. Tant pis pour ce pauvre idiot. Advienne que pourra. Peut-être qu'il s'en sortira tout seul. Ils s'en vont au gré des flots, avec la barque où s'entassent hommes, femmes, enfants, animaux, matelas, ustensiles de cuisine, hardes, affaires utiles et inutiles.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et l'eau noire monte. Elle arrache Izsak à sa cheminée. Le pauvre homme essaie de nager désespérément, mais le courant est plus fort que lui. Il lutte, nage, disparaît, plonge, remonte, crache de l'eau, le souffle lui manque, il tâche de s'accrocher à des meubles qui tournoient en descendant le fleuve, replonge... et se noie. Aussitôt après... non, immédiatement, sans délai... il n'y a point de délai, de temps dans l'Au-Delà, Izsak est debout, sec et propre, devant la face du Seigneur. Il se souvient parfaitement mais avec une paix et un calme célestes de ses dernières minutes, de l'horreur de cette mort... et il s'adresse à son Dieu, comme les prophètes le faisaient, en ces termes:&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&quot;Seigneur, je ne Te comprends pas. Tout le village a fui, sans attendre Ta volonté. La synagogue s'est vidée dès le début du sinistre. Moi seul, oui, j'ai prié, je me suis adressé à Toi, j'ai mis ma confiance en Toi et ma vie entre Tes mains. Je savais que Tu allais me sauver, que Toi seul pouvais me sauver... et voilà, Seigneur, ce que tu as fait du seul croyant du village: un noyé!&quot;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;L'infinie sagesse de Dieu aurait été ébranlée si elle n'avait pas été divine et infinie. Le Seigneur a regardé Izsak avec pitié avant de lui dire:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&quot;Izsak, mon pauvre petit, moi non plus, je ne te comprends pas. Pourquoi n'as-tu pas confiance en Moi? J'ai envoyé trois barques, en vain, pour te sauver!&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Adam Biro, Deux Juifs voyagent dans un train (Belfond, 2007)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Au bar à Jules - Du chant</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Au bar à Jules - Un abécédaire</category>
                                <category>Chansons inoubliables</category>
                                <category>Georg Friedrich Haendel</category>
                                <category>Giacomo Puccini</category>
                                <category>Musique classique</category>
                                <category>Rosebud</category>
                                                <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:54:57 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un abécédaire: C comme Chant&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3587602&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/01/2870712087.jpg&quot; alt=&quot;photo[3].jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;en souvenir de ma mère&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Le chant a toujours fait partie de ma vie. A l'âge de six ans, dans notre immeuble locatif de la banlieue bernoise, j'avais pour voisine la mère du baryton Heinz Rehfuss, d'origine suisse, naturalisé américain par la suite. Tous les soirs, elle donnait des cours particuliers à des chanteurs aspirant à faire carrière dans l'opéra. Cela se terminait généralement vers deux heures du matin, autour d'un verre, avec des éclats de rire qui ne manquaient pas de perturber le légendaire sérieux de notre entourage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Ma mère s'était liée d'amitié avec ces artistes noctambules, dont l'un - un napolitain nommé Michele Luise - devint un proche de ma famille, malgré son retour au pays à la suite d'un chagrin d'amour dans la plus pure tradition des films d'Amedeo Nazzari... De cette époque datent mes premiers émois pour le chant. Un 45 tours du &lt;em&gt;Largo&lt;/em&gt; de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Georg Friedrich Haendel&lt;/span&gt; avec Margot Guillaume, et deux autres 33 tours consacrés aux opéras de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Giuseppe Verdi&lt;/span&gt;: &lt;em&gt;La Traviata&lt;/em&gt; avec Antonietta Stella et Giuseppe di Stefano; &lt;em&gt;Rigoletto&lt;/em&gt; avec Renata Tebaldi et Mario del Monaco.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Autre souvenir bienheureux, même époque, à Forio d'Iscia - six ans de suite, et bien avant les fossoyeurs du tourisme de masse - où auprès des modestes propriétaires terriens du lieu, nous écoutions tous les samedis soir, éclairés par des lampes à pétrole dans un silence religieux, assis à califourchon sur un mur, la retransmission des opéras en direct, dont le son grésillant émanait d'un minuscule appareil à transistors.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Jusqu'à sa cinquantième année - une opération ratée des cordes vocales - ma mère a toujours chanté et pas seulement des airs d'opéra, mais aussi ses poètes préférés de la chanson: &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Edith Piaf&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Charles Aznavour&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Léo Ferré&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Charles Trenet&lt;/span&gt; ou &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Jacques Brel&lt;/span&gt;, sans oublier les chansons napolitaines qui adoucissaient ses heures de mélancolie, de solitude ou de maladie, prématurément.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Il subsiste aujourd'hui, dans ces mêmes murs, une présence invisible chargée d'émotion quand j'écoute, entre sourire et larmes, &lt;em&gt;Nessun Dorma&lt;/em&gt; de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Giacomo Puccini&lt;/span&gt; avec Beniamino Gigli et &lt;em&gt;Vesti la Giubba&lt;/em&gt; de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Ruggero Leoncavallo&lt;/span&gt; avec Mario Lanza.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;L'affinité avec l'Italie - une seconde patrie - est vraiment chez nous une histoire de famille... &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: portrait de ma mère (1946) &amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>La citation du jour</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>La citation du jour</category>
                                <category>Littérature francophone</category>
                                                <pubDate>Sat, 19 May 2012 06:20:07 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Paul Lafargue&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3587340&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/02/1255241313.jpg&quot; alt=&quot;Claude 2.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Pour forger une loi d'airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre, la vieille Terre, frémissant d'allégresse, sentirait bondir en elle un nouvel univers...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Paul Lafargue, Le droit à la paresse (coll. Allia poche, 2011)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: &quot;Les Saules&quot; - 17 mai 2012&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Morceaux choisis - Philippe Jaccottet</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Littérature suisse</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                <category>Philippe Jaccottet</category>
                                                <pubDate>Fri, 18 May 2012 08:56:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Philippe Jaccottet&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3553391&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/00/00/1729197448.JPG&quot; alt=&quot;littérature; prose; morceaux choisis; livres&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;... Je pourrais écrire une liste de prénoms et de noms comme on en trace sur des monuments de pierre ou de marbre après les guerres: note bien celui-ci, ne l'oublie pas, pour être équitable, pour que la liste soit constamment &lt;em&gt;à jour&lt;/em&gt;, et encore celui-ci du mois dernier, et cet autre, du commencement de la semaine, écris plus vite, parce que tout semble s'accélérer, comme quand la pente se fait plus forte, mais quoi de plus beau qu'une cascade, de plus vivant, de plus lumineux quand le soleil la traverse? Alors que toutes ces chutes dans le noir...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On n'enterre plus guère, aujourd'hui; on brûle; non pas à la vue de tous comme en Inde et dans une sorte de fête, mais de façon cachée, furtive - il faut surtout ne pas choquer -, cela glisse sans aucun bruit sur des rails invisibles, l'affaire expédiée en quelques minutes et même la vue de la fumée qui ne peut pas ne pas s'élever de là épargnée aux survivants. Le plus souvent, des paroles embarrassées, mises ensemble tant bien que mal, des musiques empruntées ajoutent encore leurs ornements en toc, leurs oripeaux inutiles; comme on tirerait au plus vite un rideau hailloneux, dans un théâtre de fortune, sur une pièce ratée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;... Toutes ces chutes dans le noir, les unes après les autres, et pour nous qui vieillissons, de plus en plus fréquentes et de plus en plus proches. Pendant que les verdures s'accroissent encore, comme en chaque mois de mai qu'on aura vécu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Qui signifie avoir vu cela, puis avoir dit, ou écrit, qu'on l'a vu? Et l'écrire alors que la glissade, serait-elle même presque indolore, continue, et que la perte s'aggrave; et quand, avant nous, le même mouvement - qui est celui du temps -, les mêmes successions d'épanouissement, d'usure et de disparition, n'avaient produit aucune parole, comme si tout, alors, pendant des millions d'années, s'était produit dans un monde fermé, alors qu'avec nous commencerait, aurait commencé un entrebâillement, tout de même, en fin de compte, prodigieux? Une espèce de souffrance, mais aussi de joie, une espèce de combat, d'odyssée inimaginables avant cela; toutes nos histoires, innombrables, à cause d'un regard enfin ouvert et d'une bouche enfin ouverte pour parler de ce qui commence à être vu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Philippe Jaccottet, Des morts (Revue Europe no 955-956, novembre-décembre 2008)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: Le débarcadère, Rolle (Suisse)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Morceaux choisis - Andrée Chédid</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Andrée Chedid</category>
                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                                <pubDate>Fri, 18 May 2012 07:35:29 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Andrée Chedid&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3586381&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/00/2418085051.jpg&quot; alt=&quot;Andrée Chedid.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;L'air est libre&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les chemins sentent l'orange&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Le soleil s'allonge en robes de safran&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;C'est la saison du rire et des herbes&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;O mon amour aux cent patiences&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ce soir tout est une première fois&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Andrée Chédid, Textes pour la terre aimée (Cahiers GLM, 1954)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Musica présente 12 - D.Oïstrakh</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Musica présente</category>
                                <category>Musique classique</category>
                                                <pubDate>Fri, 18 May 2012 01:03:47 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;David Oïstrakh&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;violoniste russe, 1908 - 1974&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Serge Prokofiev&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Violin Concerto No 2, Op 63&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;I. Allegro moderato&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Philharmonia Orchestra&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Alceo Galliera&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
                </description>
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                <title>Jean-Louis Kuffer</title>
                <link>http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/05/15/jean-louis-kuffer.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Bloc-Notes</category>
                                <category>Jean-Louis Kuffer</category>
                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Littérature suisse</category>
                                                <pubDate>Thu, 17 May 2012 00:28:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bloc-Notes, 17 mai / Lausanne&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3585032&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/00/00/3490731677.jpg&quot; alt=&quot;littérature; essai; livres&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Il m'arrive de ne pas lire la préface des livres qui, souvent, se perd en bavardages insipides et sans intérêt, sinon pour l'auteur lui-même! Rien de tout cela avec celle de ces &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Chemins de traverse - Lectures du monde 2000-2005&lt;/span&gt; qu'on pourrait résumer par ces mots empruntés à &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Charles-Albert Cingria&lt;/span&gt;: &lt;em&gt;Observer c'est aimer,&amp;nbsp;&lt;/em&gt;cités par &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Jean-Louis Kuffer&lt;/span&gt; dans son introduction. Et c'est bien de cela qu'il s'agit dans cette cristallisation de la mémoire faite de rencontres, de notes de voyages, de regards portés au-delà de la surface des êtres et des choses, comme il l'a déjà fait dans les trois &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff99cc;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;volumes précédents: &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Les passions partagées - Lectures du monde 1973-1992&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;L'ambassade du papillon - Carnets 1993-1999&lt;/span&gt;&amp;nbsp;et &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Les riches heures - Blog-Notes 2005-2008&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Cette célébration de la vie, de l'amour et des arts emprunte cette fois-ci une forme plus structurée que dans les volumes précédents, mais on y retrouve toujours ces éclairages qui doivent autant à la peinture qu'à la littérature, avec ce souci de coller au plus près de la vérité - la sienne - et ce soin apporté aux détails comme chez &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Charles-Albert Cingria&lt;/span&gt;, qui tissent un ensemble cohérent de joies et de peines mêlés ne laissant jamais le lecteur indifférent: &lt;em&gt;Délivre-toi de ce besoin d'illimité qui te défait, rejette ce délire vain qui te fait courir hors de toi. Le dessin de ce visage et de chaque visage est une forme douce au toucher de l'âme et le corps, et la fleur, et les formes douces du jour affleurant au regard des fenêtres, et les choses, toutes les choses qui ont une âme de couleur et un coeur de rose, tout cela forme ton âme et ta prose...&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Comme le balancier subtil du temps, la mémoire de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Jean-Louis Kuffer&lt;/span&gt; se débarrasse peu à peu, au fil des années, des déceptions qui ont entaché certaines de ses amitiés - avec &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Jacques Chessex&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Vladimir Dimitrijevic&lt;/span&gt; ou &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Bernard Campiche&lt;/span&gt; - pour n'en vouloir retenir que les moments qui l'ont fait grandir à leurs côtés. On retrouve alors dans ces pages douloureuses toute sa singularité et sa générosité. A vif. De même quand il évoque sa Bonne Amie - &lt;em&gt;ni chienne de garde, ni patte à poussière&lt;/em&gt; - ou rend un hommage particulièrement émouvant à sa mère.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Mais &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Jean-Louis Kuffer&lt;/span&gt; reste viscéralement un homme de littérature, insistant sur les aspects originaux de ses auteurs favoris, parmi lesquels on peut citer &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Georges Simenon&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Robert Walser&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Charles-Ferdinand Ramuz&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Louis-Ferdinand Céline&lt;/span&gt;,&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Paul Léautaud&lt;/span&gt;. L'ensemble de ces admirations, superposées les unes sur les autres, définissent assez bien l'auteur de ces &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Chemins de traverse&lt;/span&gt;: Un homme attachant, sage en apparence, timide et discret, mais qui doit ressentir un besoin constant de se prouver à lui-même qu'il ne l'est pas tant que ça... Un aspect particulièrement mis en évidence sur son blog &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Les Carnets de JLK&lt;/span&gt;, aux humeurs volontiers irrévérencieuses, parfois rabelaisiennes à souhait, où perce un humour souvent déjanté qui peut surprendre ceux qui ne se frottent pas à ses chroniques quotidiennes sur la planète Internet!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Dans ces &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Chemins de traverse&lt;/span&gt;, chacun peut y retrouver ses propres résonances intimes: la rébellion contre le langage creux, les convenances, la médiocrité ou l'inacceptable. De même que dans ce &lt;em&gt;mal au monde&lt;/em&gt; qu'on ne peut s'empêcher de lire et d'aimer, malgré ses noirceurs ou ses signes de désolation: &lt;em&gt;On repart chaque matin de ce lieu d'avant le lieu et de ce temps d'avant le temps, au pied de ce mur qu'on ne voit pas, avec au coeur tout l'accablement et tout le courage d'accueillir le jour qui vient et de l'aider, comme un aveugle, à traverser les heures...&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Et si c'était cela, le secret de l'éternelle jeunesse du coeur?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;address style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Jean-Louis Kuffer, Chemins de traverse - Lectures du monde / 2000-2005 (Olivier Morattel, 2012)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le blog de Jean-Louis Kuffer: http://carnetsdejlk.hautetfort.com/&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: &quot;La Désirade&quot; - Villard-sur-Chamby, Suisse (Jean-Louis Kuffer)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/05/16/le-poeme-de-la-semaine.html</guid>
                <title>Le poème de la semaine</title>
                <link>http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/05/16/le-poeme-de-la-semaine.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Quelques traces de craie dans le ciel - Anthologie</category>
                                <category>René Char</category>
                                                <pubDate>Wed, 16 May 2012 16:00:33 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffcc00; font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;René Char&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Dans les rues de la ville, il y a mon amour.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Peu importe où il va dans le temps divisé.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il n'est plus mon amour: chacun peut lui parler.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il cherche son pareil dans le voeu des regards.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;L'espace qu'il parcourt est ma fidélité.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il dessine l'espoir, puis, léger, l'éconduit.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;A son insu, ma liberté est son trésor!&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ma solitude se creuse.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Dans les rues de la ville, il y a mon amour.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Peu importe où il va dans le temps divisé.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il n'est plus mon amour: chacun peut lui parler.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas!&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffcc00; font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelques traces de craie dans le ciel,&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffcc00; font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Anthologie poétique francophone du XXe siècle&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;
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                <title>Emmanuelle Pagano</title>
                <link>http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/05/16/emmanuelle-pagano.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                                <pubDate>Wed, 16 May 2012 08:54:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #00ffff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3584103&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/01/818528491.jpg&quot; alt=&quot;littérature; récit; livres&quot; /&gt;Emmanuelle Pagano, L'absence d'oiseaux d'eau (coll. Folio/Gallimard, 2012)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ce roman était à l'origine un échange de lettres avec un autre écrivain. Nous nous l'étions représenté comme une oeuvre de fiction que nous construisions chaque jour, à deux, et dans laquelle nous inventions que nous nous aimions. Nous ne savions pas jusqu'où le pouvoir du roman nous amènerait. Nous ne connaissions pas la fin de l'histoire. Il est sorti de ma vie brutalement, abandonnant ce texte en cours d'écriture&lt;/em&gt;, annonce l'auteur en préambule à son dernier livre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Chronique amoureuse épistolaire, à une seule voix, où le jeu en écriture vire à l'attirance, au besoin de fusion avec l'autre, à la sublimation, au choc du réel puis à la rupture, ce récit raconte une passion fulgurante qui s'empare d'une femme rangée en apparence, mariée, mère de quatre enfants, prête à tout quitter pour la vivre. Amoureuse des mots, elle décrit avec un rare bonheur les arcanes du désir, la crucifixion de l'absence, les risques que sous-entend cette relation charnelle absolue, sans illusions, ni fards, ni concessions. D'un lyrisme et d'une impudeur qui ne prêtent jamais à la vulgarité ou au voyeurisme, Emmanuelle Pagano use au contraire d'un langage poétique ensorcelant pour dire la brûlure qui l'étreint: &lt;em&gt;La rivière est si profonde quand tu me pénètres que je la confonds avec toi. Je voudrais que tu redeviennes ma rivière chaque jour. Je voudrais que tu glisses, que tu coules, je voudrais te boire, me baigner en toi, encore, elle est si profonde, l'eau, que tu me portes, c'est toi qui es en moi mais tu me portes, je flotte, puis je replonge, et tant pis si le courant t'éloigne, après.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Si le lit de l'amour - ou son point de convergence - est un livre, si le point culminant de cette histoire s'exprime dans un érotisme torride, sans tabou, l'homme pourtant partira, laissant derrière lui une femme meurtrie que hante le souvenir, qu'immortalise le texte. Roman autobiographie, oeuvre de fiction, ou un peu des deux? L'auteur lève un coin du voile à la fin de son récit: &lt;em&gt;Je crois avoir écrit un livre avec un homme qui n'existe pas, je crois avoir rêvé ses réponses pour continuer mes lettres, je crois avoir rêvé ses gestes, son ventre, ses bras. Est-ce que cet homme était toi?&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Peu importe la conclusion. La voix d'Emmanuelle Pagano glisse sur le papier pour y éclairer un paysage qui ne ressemble à rien et dans le tremblement des corps laisse une empreinte incandescente. Qui s'en plaindrait?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>La scie rêveuse</title>
                <link>http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/01/11/la-scie-reveuse.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Au bar à Jules - Un abécédaire</category>
                                <category>Bloc-Notes</category>
                                <category>La citation du jour</category>
                                <category>La musique sur Facebook</category>
                                <category>La prière du coeur</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                <category>Musica présente</category>
                                <category>Musique classique</category>
                                <category>Quelques traces de craie dans le ciel - Anthologie</category>
                                                <pubDate>Tue, 15 May 2012 22:47:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bloc-Notes, 14 janvier / Les Saules&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;&lt;strong&gt;mise à jour 15 mai&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3583772&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/00/612229326.jpg&quot; alt=&quot;actualité&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff99cc;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;La &lt;em&gt;scie rêveuse&lt;/em&gt; a fait peau neuve, car outre les rubriques régulières que vous avez pu découvrir sur ce blog - &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La citation du jour&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Le poème de la semaine&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;,&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;l&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;e&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt; Bloc-Notes&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;In Memoriam&lt;/span&gt; ou &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La musique sur FB&lt;/span&gt; - ont vu le jour au début du printemps&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Morceaux choisis&lt;/span&gt;&amp;nbsp;qui présente des extraits de livres - déjà actif sur &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt; depuis plus d'un an - &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Au bar à Jules&lt;/span&gt;, un abécédaire un peu déjanté et &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La prière du coeur&lt;/span&gt;, une anthologie dévolue aux grandes figures de l'élévation spirituelle. Enfin, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Musica présente&lt;/span&gt;&amp;nbsp;s'efforce de proposer - sans commentaire ainsi que &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La musique sur FB&lt;/span&gt; mais intégré dans les notes récentes au contraire de cette dernière - un florilège des interprètes du classique.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;A ce jour, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La citation du jour&lt;/span&gt; regroupe 84 évocations, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Le poème de la semaine&lt;/span&gt; 143 titres, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Morceaux choisis&lt;/span&gt; 68 textes, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La prière du coeur&lt;/span&gt; 12 méditations et &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La musique sur FB&lt;/span&gt; 646 extraits ou intégrales.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Toutes ces rubriques - en blanc dans le texte - peuvent être retrouvées sans peine sur &lt;em&gt;La scie rêveuse&lt;/em&gt;, dans la rubrique &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;catégories&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Les nouveautés littéraires subissent - provisoirement, peut-être? - une cure d'amaigrissement, car ma retraite professionnelle, fin février de cette année, modifie sensiblement mon regard sur le livre, même si - c'est en revanche une certitude - la passion de l'écrit demeure: inchangée, fertile et légère, au gré de mes vagabondages amoureux...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;&lt;em&gt;J'appelais de mes voeux la parution du chef-d'oeuvre de l'écrivain véritable: un livre blanc, constitué de pages blanches, sans un seul mot. Au lecteur d'y lire ce qu'il voudrait, au gré de sa plus grande liberté&lt;/em&gt;. Driss Chraibi&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;A tous je souhaite quelques moments de plaisir sur &lt;em&gt;La scie rêveuse&lt;/em&gt;, et merci pour votre fidélité!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Driss Chraïbi, &amp;nbsp;Le monde à côté (coll. Folio/Gallimard, 2003)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Morceaux choisis - Pierre Reverdy</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                                <pubDate>Tue, 15 May 2012 08:34:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Reverdy&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3582813&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/02/01/2414561397.jpg&quot; alt=&quot;littérature; poésie; livres&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;Il marchait au milieu du ciel les yeux baissés et les autres passants le regardèrent. Un peu plus bas, aux fenêtres, les têtes pendaient. Et les formes blanches qu'avaient laissées la lune, la nuit passée, se ranimèrent. La foule criait; au moins tous ceux qui s'étaient reconnus. On emportait le jour par morceaux dans toutes les rues de la ville. Et les cheveux du vent, mêlés au flot des gens et des voitures, s'engouffraient entre les murs et se nouaient. Tout le monde courait sans savoir où. Les pavés attachaient les regards. La terre. Le jour entrait parfois sans ressortir. Le mouvement s'étendait jusqu'aux fossés, qui bordaient les dernières maisons et, au-delà, on retrouvait le terrain plat. Le calme. Des ombres immobiles. Et le soleil reprenait partout sa place, sans qu'on puisse le toucher ni le prendre, au gré de son désir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Reverdy, Main d'oeuvre / Poèmes 1913 - 1949 (Mercure de France, 1949)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: Herculaneum, Campanie - Italie (katbrakatjamb.blogspot.com)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Morceaux choisis - Guido Ceronetti</title>
                <link>http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/05/14/morceaux-choisis-guido-ceronetti.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Guido Ceronetti</category>
                                <category>Littérature étrangère</category>
                                <category>Littérature italienne</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                                <pubDate>Tue, 15 May 2012 07:00:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Guido Ceronetti&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3582650&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/02/1703437174.jpg&quot; alt=&quot;Florence.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Aucune musique de grand compositeur (en dehors de l'orgue d'une église) ne peut avoir des effets psychologiques aussi forts, aussi tendres que, parfois, la plus pauvre des chansons, s'il y a la voix, la maison, la rue. La femme qui chante fait toujours partie du mystère érotique, le sien est un appel et une attente, c'est pourquoi il ensorcelle, il donne envie de monter les escaliers à la hâte et d'ouvrir la porte derrière laquelle la voix se cache. Mais nous parlons du passé, aussi bien en Orient qu'en Occident. Elles ont été assassinées et jetées dans des tas d'ordures, comme un butin invendable, les chansons...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Guido Ceronetti, La patience du brûlé (Albin Michel, 1995)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: Florence (elisaorigami.blogspot.com)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Yves Navarre</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Yves Navarre</category>
                                                <pubDate>Mon, 14 May 2012 09:23:59 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Trebuchet MS'; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #00fdfe;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2332224&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/02/1507641303.gif&quot; alt=&quot;9782845471917.gif&quot; /&gt;Yves Navarre, Ce sont amis que vent emporte (Flammarion, 1991 et LGF, 1994 - épuisés)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Trebuchet MS'; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Et si&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Trebuchet MS'; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Ce sont amis que vent emporte&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;n'était pas un roman de mort - une phase terminale de sida - mais de vie? Ni moralisateur, ni militant, ce texte bouleversant évite soigneusement les clichés, les poncifs, les tabous. L'histoire de Roch - un sculpteur - et de David - un danseur - est surtout une histoire d'amour avec les hauts et les bas propres à tous les couples.&lt;/span&gt; &lt;span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Le temps&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;des choix aussi, du crépuscule et de la mémoire. Un style volontairement épuré pour dire les sept derniers jours de David. Déchirant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Trebuchet MS'; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Trebuchet MS'; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Nous ne serons jamais assez grands pour notre liberté (...) notre génération s'est perdue dans l'ambiguïté et le tapage.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;(Yves Navarre, sur http://culture-et-debats.over-blog.com)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Trebuchet MS'; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;disponible aux Editions H&amp;amp;O (2009)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Au bar à Jules - Du bûcher</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Au bar à Jules - Un abécédaire</category>
                                                <pubDate>Mon, 14 May 2012 00:12:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un abécédaire: B comme Bûcher&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3580569&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/02/3345764648.png&quot; alt=&quot;littérature; livres&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Chacun dans sa nuit a le sien, tremblant et secret, où les flammes intérieures, cachées au grand nombre sinon à tous, contredisent les apparences: dressées contre le conformisme ambiant; contre la vulgarité, la bêtise, la médiocrité; contre ce qui étouffe, déforme ou rogne les ailes de la liberté; et finalement contre cette absence d'humour qui est une intelligence face au néant, au vide, au chaos. Et tout brûle au milieu de pierres immaculées: les bâtisses du pays sans ombres, les livres jaunis par leur absence de lecteurs, les clefs USB, les visages hideux recouverts de terre comme une métaphore grimaçante de la fatalité. Tout brûle, pour éviter de blesser. Qui? Les vivants, bien sûr!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Alors, je pense à la poétesse américaine &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Sylvia Plath&lt;/span&gt; - l'auteur de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;La cloche de verre&lt;/span&gt; et de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Ariel&lt;/span&gt; - qui, avant de choisir sa mort à l'âge de 31 ans, avait consigné ses brûlures dans ses carnets, sa correspondance et esquisses de romans dont ne nous est parvenu qu'une version expurgée, par les soins&amp;nbsp;de sa mère et de son mari &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Ted Hughes&lt;/span&gt;, poète lui aussi. Le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de ses deux dernières années a été tout simplement détruit par les héritiers, afin de &lt;em&gt;protéger sa famille et ses enfants&lt;/em&gt;. Le contraire de la paix des cendres. On a pris soin d'arroser son bûcher, non avec de l'essence, mais une eau de cure thermale, inodore et supportable à tous... Sans blague!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Au petit matin, je me réveille avec le chant du &lt;em&gt;piccio dorsobianco&lt;/em&gt; - le pic à dos blanc - avec l'humeur enjouée d'un drôle qui s'étonne de son épuisante survie à tant d'imbécilités. Puis, une sonnerie caractéristique sur mon &lt;em&gt;iPhone&lt;/em&gt; m'indique que j'ai reçu de nouveaux messages sur &lt;em&gt;Facebook&lt;/em&gt;. Les amis. Plus tard dans la journée, un téléphone de ma Bonne Amie; et les fous-rires avec d'autres proches; et les livres choisis au gré de mes humeurs vagabondes; et les premières notes des &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Variations Goldberg&lt;/span&gt; de &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Jean Sébastien Bach&lt;/span&gt; pour parachever mon allégresse.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Le soleil brille à nouveau comme un sou neuf à travers les persiennes.&amp;nbsp;A peine subsiste-t-il un vague souvenir de ces radiations de l'enfer nocturne que&lt;em&gt; je sais&lt;/em&gt; et que j'arrache d'un coup de sécateur, à la racine. Sans états d'âme. Et maintenant, maestro: musique! &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sylvia Plath, Letters Home / Correspondence 1950-1963 (Editions des Femmes, 1988)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: Sylvia Plath (Sylvia-Plath.org)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Morceaux choisis - Anna Akhmatova</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Anna Akhmatova</category>
                                <category>Littérature étrangère</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                                <pubDate>Sun, 13 May 2012 08:07:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Anna Akhmatova&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3579816&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/01/3179574866.jpg&quot; alt=&quot;littérature; poésie; livres&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;S'éveiller tôt le matin&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Parce que la joie étouffe,&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et regarder l'eau verte&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Par le hublot de la cabine,&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ou sur le pont dans la tempête,&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Blottie dans une douce fourrure,&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ecouter battre les machines,&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et ne penser à rien.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Mais attendre la rencontre&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Avec celui que j'aime&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Sous le sel des embruns, et sous le vent&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Rajeunir d'heure en heure.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Anna Akhmatova, L'églantier fleurit et autres poèmes (La Dogana, 2010)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image:&amp;nbsp;sosduneterrienneendetresse.centerblog.net&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Au bar à Jules - De l'amitié</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Au bar à Jules - Un abécédaire</category>
                                <category>Littérature étrangère</category>
                                <category>Littérature italienne</category>
                                                <pubDate>Sat, 12 May 2012 18:33:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un abécédaire: A comme Amitié&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3579107&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/00/827725605.jpg&quot; alt=&quot;abécédaire; littérature; sciences humaines&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;A son propos, &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Francesco Alberoni&lt;/span&gt; use d'une jolie image: &lt;em&gt;L''amitié requiert toujours de la réciprocité. Je ne puis être l'ami de quelqu'un qui n'est pas mon ami.&lt;/em&gt; Elle m'apparaît pleinement nourricière, inventive et poreuse à souhait, quand tout va bien. C'est alors qu'elle affiche, sans même y réféchir, sa disponibilité, son humour libérateur, son plaisir de ne pas avoir besoin d'être&amp;nbsp;&lt;em&gt;autre&lt;/em&gt;. Quand au contraire tout va mal, les amis se confondent parfois avec ceux qui n'en sont pas, ceux des priorités &lt;em&gt;nécessaires&lt;/em&gt; plutôt que des priorités&amp;nbsp;&lt;em&gt;choisies&lt;/em&gt;. Eloge de ce petit nombre à l'instar de ces fleurs aux longues tiges tournées vers le soleil, qui ne se couchent pas à la première tempête - le mariage, la carrière professionnelle, l'engagement politique ou le mysticisme - et se dérobent au regard attentif et ami. Durablement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Eternelle reconnaissance envers ces &lt;em&gt;solidarités mystérieuses&lt;/em&gt; - que j'emprunte à &lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Pascal Quignard&lt;/span&gt; - se mêlant aux humeurs du moment, sans cette obsession de la normalité rendant toutes choses grises, ternes, lisses, dépourvues d'intérêt. En amitié, on se trompe moins souvent qu'en amour, même si certaines pudeurs cachent tant de non-dits - au-delà d'une estime réciproque - qu'elles sont incapables de &amp;nbsp;laisser s'épanouir ce parfum de liberté, de naturel ou de frivolité partagées comme un trésor sans lesquelles la vie serait dénuée de saveur. Et le mot&lt;em&gt; fin&lt;/em&gt; s'inscrit en gros caractères. Sans merci. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;Francesco Alberoni&lt;/span&gt; dit encore: &lt;em&gt;Un ami est toujours un personnage à deux faces. D'un côté, il nous renvoie notre image, de l'autre il appartient à cette société qui nous est inconnue. &lt;/em&gt;Ou encore:&lt;em&gt;&amp;nbsp;Avoir de l'amitié pour quelqu'un, c'est reconnaître en lui une qualité, une vertu, tout à fait évidentes mais que les autres n'apprécient pas, par indifférence ou par hostilité.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;L'amitié, c'est aussi pouvoir se raconter, tout dire, sans souci de conquête, ni crainte d'un jugement; sans l'impression de transgresser une frontière, ni besoin d'absolution. Tout bien considéré, une fenêtre que chaque jour ami ouvre pour nous sur le monde, avec une désarmante simplicité, avec allégresse, sans exigence en retour?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Francesco Alberoni, L'amitié (coll. Pocket, 1999)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ff00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: Le blog de Lea (canailleblog.com)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Musica présente 11 - T.Berganza</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Musica présente</category>
                                <category>Musique classique</category>
                                                <pubDate>Sat, 12 May 2012 08:00:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Teresa Berganza&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;cantatrice espagnole, née en 1935&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Wolfgang Amadeus Mozart&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Aria for soprano and orchestra, K 255&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Se ardire e speranza&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Wiener Kammerorchester&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;György Fischer&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Silvia Avallone</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature étrangère</category>
                                <category>Littérature italienne</category>
                                <category>Silvia Avallone</category>
                                                <pubDate>Fri, 11 May 2012 07:30:03 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3577001&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/00/02/3981998335.jpg&quot; alt=&quot;acier-pic_2_0.jpg&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ffff;&quot;&gt;Silvia Avallone, D'acier (coll. Piccolo/Liana Levi, 2012)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ca veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d'immeubles d'où tombent des morceaux de balcon et d'amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent? Quel genre d'idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de ne pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter les journaux, de ne pas lire de livres, où la question ne se pose même pas?&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;C'est pourtant là qu'elles se sont connues, choisies, aimées, Francesca la blonde et Anna la brune, quatorze ans à peine, belles et insouciantes, conscientes de leur pouvoir sur les hommes et pourtant rebelles contre certains d'entre eux, leurs pères respectifs, surtout: Enrico le père de Francesca qui bosse aux aciéries Lucchini, brutalisant sa femme Rose et sa fille qu'il mate avec ses jumelles de malade; Arturo le père d'Anna, un bon à rien, escroc séducteur et mari de Sandra - une réminiscence de Anna Magnani? - qui disparaît quand ça lui chante. &lt;em&gt;Elle ne désirait qu'une chose: La mort de son père. La mort de tous ces vieux dégueulasses, qui sentaient mauvais et voulaient une femme pour leur laver le cul, une petite ukrainienne arrachée à son foyer, parole d'Anna. Plus loin, elle ajoute: C'est pas juste que notre vie soit bousillée par ces deux salauds qui savent faire que des conneries, et qui valent pas un clou!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Anna s'est juré de ne ressembler ni à Sandra, ni à Rose dans vingt ans, toutes deux à trimer comme des détraquées avec leurs illusions perdues, auxquelles il n'arrive plus rien et dont personne, à leur mort, ne se souviendra. Heureusement, il y a Francesca, avec ce curieux incendie noir dans les yeux, et son frère protecteur Alessio - lui aussi employé des aciéries - qui partage avec son copain Cristiano les sorties en boîte, la coke, le marché noir du cuivre, les rêves de bolides, dont le coeur généreux atténue ses violences et masque ses blessures.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Dans ce roman tout conduit à la Lucchini SPA, emblème de cette ville toscane de Piombino près de Livourne, qui employait vingt mille hommes voici trente ans - mais n'en compte plus que deux mille aujourd'hui, délocalisations à l'Est oblige - et qui cristallise dans ses haut-fourneaux tous les conflits, les fatigues et les injustices de cette terre ingrate. De magnifiques pages lui sont consacrées par Silvia Avallone, soucieuse de prêter sa voix à ces cabossés de la vie oubliés de tous, dont pourtant les péripéties au quotidien, basculant du rire à la colère ou aux larmes avec la vivacité de l'éclair, ne laissent pas indifférent. Bien au contraire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;La crudité du ton qui déborde de ce trop plein de gâchis, d'espoirs et de misère confondus dont l'histoire s'avère captivante de la première ligne à la dernière, déjoue tous les pièges de la vulgarité gratuite. Paradoxalement, c'est peut-être à travers les non-dits, que les personnages féminins de Silvia Avallone explosent le plus d'une humanité insoupçonnée et bouleversante. Les hommes, quant à eux, pour la plupart - exception faite d'Alessio - n'y tiennent pas le beau rôle...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Malgré l'horizon rétréci d'une plage douteuse où le sable se mêle à la rouille et aux ordures, avec les égouts au milieu, face à l'île d'Elbe, berceau de tous les rêves, ce roman n'est pas désespéré. Il évoque bien sûr ce néoréalisme à l'italienne, chaleureux, fort, cruel parfois dans un univers provincial dont les contours sociaux ou économiques reflètent bien les malaises d'une époque paumant ses repères, mais il est aussi un discret signe d'espoir qui se disperse dans le sillage d'Anna et de Francesca, déterminées sous leurs faux airs peau de vache à changer les règles du jeu, touchantes au point de faire chavirer le coeur. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Si le temps pouvait se glisser dans les maisons, sous les portes, sans que personne le sache. Si tout pouvait se terminer avec cette position de la tête renversée contre le dossier du canapé, mains sur les cuisses, oublieuses de ce qu'elles ont fait, n'en portant plus trace, comme si jamais elles n'avaient construit de maison, fabriqué de rails d'acier, roué de coups des corps humains, marqué leur descendance au plus profond.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Un autre rêve de Francesca? Peut-être, mais l'un d'entre eux se réalisera: le voyage à l'île d'Elbe où, passés les premiers émois et mauvais coups portés à l'adolescence, avec son amie Anna, parfaitement accordées l'une à l'autre, elles plongeront dans la mer comme les touristes de Milan ou de Florence, heureuses, inséparables, réconciliées avec la vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le monde, c'est quand on a quatorze ans...&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>La prière du coeur</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>La prière du coeur</category>
                                <category>Littérature étrangère</category>
                                                <pubDate>Thu, 10 May 2012 04:20:16 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Grégoire de Naziance&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3575196&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/02/2667072933.jpg&quot; alt=&quot;Léonard de Vinci.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;C'est pour Toi que je vis, c'est pour Toi que je parle, c'est pour Toi que je reste immobile, c'est pour Toi que je marche: ô Christ Roi!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Anne-Sophie Du Bouëtiez,&amp;nbsp;Prières pour tous les jours (Bayard Jeunesse, 2008)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: Léonard de Vinci, La Cène (Couvent de Santa Maria delle Grazie, Milan)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Morceau choisis - Henri Michaux</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                                <pubDate>Wed, 09 May 2012 09:30:15 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Henri Michaux&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3574513&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/00/01/347913360.jpg&quot; alt=&quot;Henri Michaux.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ralentie, on tâte le pouls des choses; on y ronfle; on a tout le temps; tranquillement, toute la vie. On gobe les sons, on les gobe tranquillement, toute la vie. On vit dans son soulier. On y fait le ménage. On n'a plus besoin de se serrer. On a tout le temps. On déguste. On rit dans son poing. On ne croit plus qu'on sait. On n'a plus besoin de compter. On est heureuse en buvant; on est heureuse en ne buvant pas. On fait la perle. On est, on a le temps. On est la ralentie. On est sortie des courant d'air. On a le sourire du sabot. On n'est plus fatiguée. On n'est plus touchée. On a des genoux au bout des pieds. On n'a plus honte sous la cloche. On a vendu ses monts. On a posé son œuf, on a posé ses nerfs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Quelqu'un dit. Quelqu'un n'est plus fatigué. Quelqu'un n'écoute plus. Quelqu'un n'a plus besoin d'aide. Quelqu'un n'est plus tendu. Quelqu'un n'attend plus. L'un crie. L'autre obstacle. Quelqu'un roule, dort, coud, est-ce toi Lorellou?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ne peut plus, n'a plus part à rien, quelqu'un.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Quelque chose contraint quelqu'un.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Soleil, ou lune, ou forêts, ou bien troupeaux, foules ou villes, quelqu'un n'aime pas ses compagnons de voyages. N'a pas choisi, ne reconnaît pas, ne goûte pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Princesse de marée basse a rendu ses griffes; n'a plus le courage de comprendre; n'a plus le cœur à avoir raison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;… Ne résiste plus. Les poutres tremblent et c'est vous. Le ciel est noir et c'est vous. Le verre casse et c'est vous.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On a perdu le secret des hommes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ils jouent la pièce &lt;em&gt;en étranger&lt;/em&gt;. Un page dit &lt;em&gt;Beh&lt;/em&gt; et un mouton lui présente un plateau. Fatigue! Fatigue! Froid partout!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Oh! Fagots de mes douze ans, où crépitez-vous maintenant?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On a son creux ailleurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On a cédé sa place à l'ombre, par fatigue, par goût du rond. On entend au loin la rumeur de l'Asclépiade, la fleur géante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;…ou bien une voix soudain vient vous bramer au cœur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On recueille ses disparus, venez, venez.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Tandis qu'on cherche sa clef dans l'horizon, on est la noyée au cou, qui est morte dans l'eau irrespirable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Elle traîne. Comme elle traîne! Elle n'a cure de nos soucis. Elle a trop de désespoir. Elle ne se rend qu'à sa douleur. Oh, misère, oh, martyre, le cou serré sans trêve par la noyée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On sent la courbure de la terre. On a désormais les cheveux qui ondulent naturellement. On ne trahit plus le sol, on ne trahit plus l'ablette, on est la sœur par l'eau et par la feuille. On n'a plus le regard de son œil, on n'a plus la main de son bras. On n'est plus vaine. On n'envie plus. On n'est plus enviée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On ne travaille plus. Le tricot est là, tout fait, partout.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On a signé sa dernière feuille, c'est le départ des papillons.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On ne rêve plus. On est rêvée. Silence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On n'est plus pressée de savoir.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;C'est la voix de l'étendue qui parle aux ongles et à l'os.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Enfin chez soi, dans le pur, atteinte du dard de la douceur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On regarde les vagues dans les yeux. Elles ne peuvent plus tromper. Elles se retirent déçues du flanc du navire. On sait, on sait les caresser. On sait qu'elles ont honte elles aussi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Epuisées, comme on les voit, comme on les voit désemparées!&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Une rose descend de la nue et s'offre au pèlerin; parfois rarement, combien rarement. Les lustres n'ont pas de mousse, ni le front de musique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Horreur ! Horreur sans objet!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Poches, cavernes toujours grandissantes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Loques des cieux et de la terre, monde avalé sans profit, sans goût, et sans rien que pouvoir avaler.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Une veilleuse m'écoute. &lt;em&gt;Tu dis&lt;/em&gt;, fait-elle, &lt;em&gt;tu dis la juste vérité, voilà ce que j'aime en toi&lt;/em&gt;. Ce sont les propres paroles de la veilleuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On m'enfonçait dans des cannes creuses. Le monde se vengeait. On m'enfonçait dans des cannes creuses, dans des aiguilles de seringues. On ne voulait pas me voir arriver au soleil où j'avais pris rendez-vous.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et je me disais: &lt;em&gt;Sortirai-je? Sortirai-je? Ou bien ne sortirai-je jamais? Jamais?&lt;/em&gt; Les gémissements sont plus forts loin de la mer, comme quand le jeune homme qu'on aime s'éloigne d'un air pincé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il est d'une grande importance qu'une femme se couche tôt pour pleurer, sans quoi elle serait trop accablée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;A l'ombre d'un camion pouvoir manger tranquillement. Je fais mon devoir, tu fais le tien et d'attroupement nulle part.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Silence! Silence! Même pas vider une pêche. On est prudente, prudente.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On ne va pas chez le riche. On ne va pas chez le savant. Prudente, lovée dans ses anneaux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les maisons sont des obstacles. Les déménagements sont des obstacles. La fille de l'air est un obstacle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Rejeter, bousculer, défendre son miel avec son sang, évincer, sacrifier, faire périr… Pet parmi les aromates renverse bien des quilles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Oh, fatigue, effort de ce monde, fatigue universelle, inimitié!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Lorellou, Lorellou, j'ai peur… Par moments l'obscurité, par moments les bruissements.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ecoute. J'approche des rumeurs de la mort.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Tu as éteint toutes mes lampes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;L'air est devenu tout vide Lorellou.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Mes mains, quelle fumée! Si tu savais… Plus de paquets, plus porter, plus pouvoir. Plus rien, petite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Expérience: misère. Qu'il est fou le porte-drapeau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;… et il y a toujours le détroit à franchir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Mes jambes, si tu savais, quelle fumée!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Mais j'ai sans cesse ton visage dans la carriole…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Avec une doublure de canari, ils essaient de me tromper. Mais moi, sans trêve, je disais: &lt;em&gt;Corbeau! Corbeau!&lt;/em&gt; Ils se sont lassés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ecoute, je suis plus qu'à moitié dévorée; Je suis trempée comme un égout.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Pas d'année&lt;/em&gt;, dit grand-père, &lt;em&gt;pas d'année où je vis tant de mouches&lt;/em&gt;. Et il dit la vérité. Il l'a dit sûrement… Riez, riez, petits sots, jamais ne comprendrez que de sanglots il me faut pour chaque mot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Le vieux cygne n'arrive plus à garder son rang sur l'eau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il ne lutte plus, des apparences de lutte seulement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Non, oui, non. Mais oui, je me plains. Même l'eau soupire en tombant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Je balbutie, je lape la vase à présent. Tantôt l'esprit du mal, tantôt l'événement… J'écoutais l'ascenseur. Tu te souviens Lorellou, tu n'arrivais jamais à l'heure.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Forer, forer, étouffer, toujours la glacière-misère. Répit dans la cendre, à peine, à peine; à peine on se souvient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Entrer dans le noir avec toi, comme c'était doux, Lorellou…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ces hommes rient. Ils rient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ils s'agitent. Au fond ils ne dépassent pas un grand silence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ils disent&lt;em&gt; là&lt;/em&gt;. Ils sont oujours &lt;em&gt;ici&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Pas fagotés pour arriver.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ils parlent de Dieu, mais c'est avec leurs feuilles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ils ont des plaintes. Mais c'est le vent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ils ont peur du désert.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;… Dans la poche du froid et toujours la route aux pieds.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Plaisirs de l'Arragale, vous succombez ici. En vain tu te courbes, tu te courbes, son de l'olifant, on est plus bas, plus bas…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Dans le souterrain, les oiseaux volèrent après moi, mais je me retournai et dis : &lt;em&gt;Non. Ici, souterrain. Et la stupeur est son privilège&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ainsi je m'avançai seule, d'un pas royal.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Autrefois, quand la Terre était solide, je dansais, j'avais confiance. A présent, comment serait-ce possible? On détache un grain de sable et toute la plage s'effondre, tu sais bien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Fatiguée on pèle du cerveau et on sait qu'on pèle, c'est le plus triste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Quand le malheur tire son fil, comme il découd, comme il découd!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Poursuivez le nuage, attrapez-le, mais attrapez-le donc&lt;/em&gt;, toute le ville&amp;nbsp;paria, mais je ne pus l'attraper. Oh, je sais, j'aurais pu... un dernier bond...&amp;nbsp;mais je n'avais plus le goût. Perdu l'hémisphère, on n'est plus soutenue, on n'a plus le coeur à sauter. On ne trouve plus les gens où ils se mettent. On dit : &lt;em&gt;Peut-être. Peut-être bien&lt;/em&gt;, on cherche seulement à ne pas froisser.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ecoute, je suis l'ombre d'une ombre qui s'est enlisée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Dans tes doigts, un courant si léger, si rapide, où est-il maintenant... où coulaient des étincelles? Les autres ont des mains comme de la terre, comme un enterrement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Juana, je ne puis rester, je t'assure. J'ai une jambe de bois dans la tirelire à cause de toi. J'ai le coeur crayeux, les doigts morts à cause de toi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Petit coeur en balustrade, il fallait me retenir plus tôt. Tu m'as perdu ma solitude. Tu m'as arraché le drap. Tu as mis en fleur mes cicatrices.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Elle a pris mon riz sur mes genoux. Elle a craché sur mes mains.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Mon lévrier a été mis dans un sac. On a pris la maison, entendez-vous, entendez-vous le bruit qu'elle fit, quand à la faveur de l'obscurité, ils l'emportèrent, me laissant dans le champ comme une borne. Et je souffris grand froid.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ils m'étendirent sur l'horizon. Ils ne me laissèrent plus me relever. Ah ! Quand on est pris dans l'engrenage du tigre...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Des trains sous l'océan, quelle souffrance ! Allez, ce n'est plus être au lit, ça. On est princesse ensuite, on l'a mérité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Je vous le dis, je vous le dis, vraiment là où je suis, je connais aussi la vie. Je la connais. Le cerveau d'une plaie en sait des choses. Il vous voit aussi, allez, et vous juge tous, tant que vous êtes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Oui obscur, obscur, oui inquiétude. Sombre semeur. Quelle offrande! Les repères s'enfuirent à tire d'aile. Les repères s'enfuient à perte de vue, pour le délire, pour le flot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Comme ils s'écartent, les continents, comme ils s'écartent pour nous laisser mourir! Nos mains chantant l'agonie se desserrèrent, la défaite aux grandes voiles passa lentement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Juana! Juana! Si je me souviens... Tu sais quand tu disais, tu sais, tu le sais pour nous deux, Juana! Oh! Ce départ! Mais pourquoi? Pourquoi? Vide? Vide, vide, angoisse; angoisse, comme un seul grand mât sur la mer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Hier, hier encore; hier, il y a trois siècles; hier, croquant ma naïve espérance; hier, sa voix de pitié rasant le désespoir, sa tête soudain rejetée en arrière, comme un hanneton renversé sur les élytres, dans un arbre qui subitement s'ébroue au vent du soir, ses petits bras d'anémone, aimant sans serrer, volonté comme l'eau tombe...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Hier, tu n'avais qu'à étendre un doigt, Juana; pour nous deux, pour nous deux, tu n'avais qu'à étendre un doigt.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #00ccff; font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Henri Michaux, La ralentie - Plume/Lointain intérieur (coll. Poésie/Gallimard, 2007)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
                </description>
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                <guid isPermaLink="true">http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/04/20/le-poeme-de-la-semaine-ernest-pepin.html</guid>
                <title>Le poème de la semaine</title>
                <link>http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/04/20/le-poeme-de-la-semaine-ernest-pepin.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature francophone</category>
                                <category>Quelques traces de craie dans le ciel - Anthologie</category>
                                                <pubDate>Wed, 09 May 2012 06:54:04 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ernest Pépin&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Passagers des vents&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et de toute géographie souterraine&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Nous glanons d’immenses voyances&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et honorons la vertu des sables aériens&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il n’est griffures qui vaillent ni gommiers ni mémoires&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Seules les boues ont gardé nos empreintes&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Nous parlons le magma et la turbulence folle&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;De ces courants d’hommes&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Au grand charroi des îles&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;N’était-ce l’amandier et son parasol de rêves&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ou l’oiseau foudroyé de vivre son voyage&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Notre voix va au vent tremblant&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Des fougères sacrées&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Tant de boucans nous guettent aux haltes&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Tant de langues se perdent aux feuillages&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Mais sur la jetée des vents d’ailleurs&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et d’ici&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Nous hâlons le coutelas des tempêtes&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Le lieu est mémoire&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Comme gouffre de lumière&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Où nous naviguons à hisser nos élans&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Chavire grand ciel&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les étoiles nous sont rumeurs de prophètes&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Par tous vents nos jardins s’émerveillent&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Là-haut l’île suspend sa crinière&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Voyageur des vents souffle les mots&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Acquitte-toi des frontières&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;O vents des mots&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Lavez l’écorce et le champignon des songes&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Là-bas m’attend une auberge marine&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Salaison de mots&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et conteurs en veille&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et paroles d’embruns&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Et compère Soleil&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ceux qui s’en viennent sont de connivence&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Plumes que laissent les voyageurs des vents&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Aux pirates et aux dieux.&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelques traces de craie dans le ciel,&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;&lt;address style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Anthologie poétique francophone du XXe siècle&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/address&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/05/08/la-citation-du-jour-j-m-maulpoix.html</guid>
                <title>La citation du jour</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Jean-Michel Maulpoix</category>
                                <category>La citation du jour</category>
                                <category>Littérature francophone</category>
                                                <pubDate>Tue, 08 May 2012 06:23:09 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel Maulpoix&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3572495&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/02/00/2807437339.jpg&quot; alt=&quot;Désert FB.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Le poète est l'ombre portée d'un grain de sable dans le désert.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel Maulpoix, Domaine public (Mercure de France, 1998)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #cc99ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;image: Le désert de Simpson, Australie (dinosoria.com)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://lasciereveuse.hautetfort.com/archive/2012/05/07/morceaux-choisis-thomas-sanchez.html</guid>
                <title>Morceaux choisis - Thomas Sanchez</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Littérature étrangère</category>
                                <category>Morceaux choisis</category>
                                                <pubDate>Mon, 07 May 2012 21:07:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Thomas Sanchez&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3572156&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/00/887135739.jpg&quot; alt=&quot;littérature; roman; morceaux choisis; livres&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Tout est désormais noir et blanc dans mon atelier. Il est sans texture ni saturation. Je rampe continuellement vers toi dans ma peinture. Je raie, je barre, je rature. Quand on ne vit que dans le souvenir, la vie se meurt. Seul toute la journée, je brosse la toile avec mon pinceau pour t'atteindre, mais c'est comme si je faisais l'amour avec des mains attachées. J'ai besoin de sentir ta chair, de glisser mon corps sur le grain, de tatouer la toile. J'ai l'énergie de créer au milieu de cet anéantissement. Un peintre doit conquérir ses yeux. Que je me souviens bien de tes yeux...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Je suis en train de perdre les miens, car je juge frivole de faire de l'art en période de guerre, de peindre un poisson rouge dans un bocal, un bras emporté par une grenade, des fleurs dans un vase, un champ de blé traversé par des chars. Tes yeux s'lèvent du champ dévasté, lui redonnent forme. L'ironie veut qu'après la destruction, seul l'art subsiste. Le travail de l'artiste est acte de guérison. Je dois lutter contre l'inertie de la désespérance, me contraindre à regarder à l'intérieur du volcan, à voir à nouveau la couleur, à reconquérir mes yeux, à observer cette éruption de soufre qu'est la guerre. Mais comment voir une haine si ancienne dans une lumière neuve? Je dois trouver un moyen, découvrir une irrévérencieuse invention. Personne ne sait que je m'efforce de construire à partir du chaos, d'ordonner la destruction de mon coeur, mon effondrement sans toi. La réalité me presse, car chaque guerre est personnelle, chaque bataille est intime.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Thomas Sanchez, Le jour des abeilles (coll. Folio/Gallimard, 2002)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Nicolas Sarkozy - II</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Le monde comme il va</category>
                                <category>Nicolas Sarkozy</category>
                                                <pubDate>Sun, 06 May 2012 23:44:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lettre à Nicolas Sarkozy&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3570786&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/00/643841012.jpg&quot; alt=&quot;Nicolas Sarkozy 4.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Cologny, le 6 mai 2012.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Monsieur le Président,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Les Français ont donc fait leur choix. Respectons-les. La démocratie, c'est aussi donner une chance à l'alternance, dans la dignité, surtout au regard des difficultés qui s'annoncent pour la France, au sein de l'Europe et du monde. Lors de votre élection en 2007, j'avais admiré la force de vos convictions, votre proximité, l'authenticité et le courage qui émanaient de vous, ainsi qu'une manière dépoussiérée d'appréhender la réalité politique, qualité que par ailleurs je reconnaissais de même à Ségolène Royal.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Au cours du présent quinquennat qui touche à sa fin, rarement vous m'avez déçu. J'ai apprécié votre détermination, votre&amp;nbsp;sincérité, votre intuition d'un monde qui bouge, plus rapidement et plus impitoyablement que celui de la France. Vous avez pratiqué l'ouverture gouvernementale et donné la parole à ceux qui ne partageaient pas nécessairement vos valeurs, par souci d'une représentation plus juste au fonctionnement de l'Etat. La droite ne vous l'a pas pardonné. Elle a eu tort. La gauche l'a combattue. Elle a eu tort. Le clivage des partis politiques appartient à un autre temps où il suffisait de gérer un pays plutôt que l'empêcher de couler comme le Titanic, même si aujourd'hui le retour à cette orientation désuète donne l'impression d'un formidable bond en arrière.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Avec vous, les énarques n'ont pas été ménagés. Les états-majors politiques et les médias non plus. Ils vous l'ont bien rendu. Avec une violence inouïe, permanente. Y compris dans votre propre camp où, au fil de cette dernière campagne, les voix parfois discordantes de la majorité n'ont pas fait mieux - dans l'arrogance, la mauvaise foi et l'outrance verbale - que les ténors de la gauche. Moitié Don Quichotte et moitié Mousquetaire, vous avez opté pour la rupture idéologique avec vos prédécesseurs à la plus haute fonction de la République, comme vous l'aviez promis. Vous avez agi vite. Trop vite peut-être. Le pays n'était sans doute pas prêt pour ces vertiges bousculant les institutions. Et cela non plus ne vous a pas été pardonné.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Votre parcours a connu des succès que l'histoire retiendra, je l'espère. Pour l'heure, elle ne se souvient que de vos échecs. Avec les crises successives et les conflits qui se sont abattus aux quatre coins du monde, alors que les pays voisins - excepté l'Allemagne et la Suisse dans une moindre mesure - ont dû prendre des mesures sociales injustes, vous avez maintenu la tête de la France hors de l'eau. Et celle des Français. Vous les avez protégés, parfois avec maladresse, mais avec courage et sans fléchir. Seul contre tous, bien souvent. Un autre aurait-il fait mieux? J'en doute. D'un côté, le prix de l'inconséquence gouvernementale avec l'exemple de la Grèce et de l'Espagne; de l'autre des mesures audacieuses prises en France, évitant le pire, mais qui ont renforcé votre impopularité. Vous m'avez parfois agacé par vos dérapages, certaines promesses de campagne non tenues, quelques mensonges - mais bien moins que de coutume à ce degré du pouvoir -, votre tempérament de ferrailleur ne connaissant ni trêve, ni repos même aux heures les plus calmes et réconfortantes.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Pourtant que d'énergie à dessiner les contours d'un monde dans lequel il était nécessaire de s'adapter chaque jour, d'en accepter le miroir changeant au fil de votre quinquennat. Cela s'appelle le pragmatisme, intégré aux valeurs que vous avez défendues. Que de patience et de discernement pour souligner que les frontières n'empêchent pas l'ouverture aux autres; que la fierté de racines socioculturelles ne restreint pas le partage des savoirs; que la réussite peut être le résultat d'un effort et pas nécessairement d'une injustice; que tout citoyen mérite qu'on écoute ce qu'il veut exprimer, même si en retour il ne fait preuve ni de justice, ni de gratitude. Toute la différence entre l'autorité présidentielle et l'autoritarisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Jamais je n'ai regretté de vous avoir soutenu. Et si les Français négligent aujourd'hui majoritairement vos réussites, bafouant votre bilan et votre programme caricaturés dans la plupart des médias, est-ce la rançon de la proximité ou celle, plus obscure et très française d'une constante guerre des classes dont les voisins de la France n'ont plus voulu, depuis longtemps? Au contraire des vents mauvais qui illustrent la démagogie et la médiocrité, je sais que vous conclurez ce quinquennat avec dignité, avec pudeur et sincérité, acceptant que cet échec soit un peu le vôtre: le risque lié au refus de l'immobilisme et le revers de votre tempérament impulsif, souvent mal perçu. Mais après tout, près de la moitié des Français partageront demain encore votre vision de la France, un score plus qu'honorable quand on sait le procès qui vous est fait depuis la soirée de votre élection présidentielle en 2007, et qui depuis lors n'a jamais faibli. Bien au contraire. Il s'est amplifié, chez les politiques, dans les médias et même dans votre entourage qui supportait mal la modernité et l'esprit réformateur qu'impliquaient vos engagements.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Il existe une autre vie après la Présidence. Vous avez envisagé la défaite, et comme je n'en ai jamais douté, vous achevez votre mandat avec des mots très forts dont j'espère que vos militants, vos amis et vos sympathisants se souviendront longtemps: &lt;em&gt;que la France, qui est notre pays, réussisse à traverser les épreuves car il y a quelque chose de beaucoup plus grand que nous, c'est notre patrie, c'est la France&lt;/em&gt;.&lt;em&gt; Donnons la meilleure image de la France, d'une France rayonnante, d'une France qui n'a pas de haine au coeur, d'une France démocratique, d'une France joyeuse, d'une France ouverte qui ne baissera pas la tête, d'une France qui ne regarde pas l'autre comme un adversaire, comme un ennemi. Soyons dignes, soyons patriotes, soyons français&lt;/em&gt;...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Pour cela aussi que je vous renouvelle mon estime et ma sincère affection.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Bonne chance, Monsieur Sarkozy et merci! &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small; color: #ff99cc;&quot;&gt;Claude&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569962&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/01/2837499476.jpg&quot; alt=&quot;Nicolas Sarkozy 2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Nicolas Sarkozy - I</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claude Amstutz, libraire)</author>
                                                <category>Jean d'Ormesson</category>
                                <category>Le monde comme il va</category>
                                <category>Nicolas Sarkozy</category>
                                                <pubDate>Sat, 05 May 2012 22:26:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'injustice faite à Sarkozy, 5 mai 2012&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffcc00; font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean d'Ormesson&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569143&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/01/01/1866269529.jpg&quot; alt=&quot;Logo Figaro Magazine.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Admiré et adulé par les uns, traîné dans la boue par les autres, le moins qu'on puisse dire de Nicolas Sarkozy est qu'il n'a pas été indifférent aux Français de son temps. Il a été l'homme le plus détesté et le plus attaqué de France, celui que beaucoup ont adoré haïr. Fait, comme toute chose humaine, d'ombres et de lumière, d'échecs et de succès, son bilan a été à peine examiné et discuté. Il a été décrèté par ses adversaires &lt;em&gt;nul&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;dramatique&lt;/em&gt;. Il a été considéré par les socialistes comme un &lt;em&gt;fiasco&lt;/em&gt;. Il a été condamné d'avance et en bloc, avec hâte et légèreté, par une opposition peu portée à l'objectivité. Plus encore que son action politique, c'est surtout l'homme lui-même qui a été la cible de toutes les moqueries, de tous les sarcasmes, de toutes les calomnies. Il a été traité de &lt;em&gt;menteur&lt;/em&gt;, de &lt;em&gt;voyou&lt;/em&gt;, d'&lt;em&gt;escroc&lt;/em&gt;. Il a été traîné dans la boue avec plus de violence que les figures les plus exécrées de notre longue histoire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il a été attaqué de toutes les façons possibles. Sur sa politique, sur son physique, sur sa famille, sur les femmes qu'il aimait, sur sa vie officielle et privée. L'époque est marquée par l'ironie et par la dérision. Mais lui, plus que tout autre, a été la proie des humoristes, des dessinateurs, des animateurs de radio ou de télévision, des conversations dans la rue ou dans les salons parisiens, et d'abord des journalistes et des politiques. On passait tout à François Mitterand, ses mensonges, ses faux bulletins de santé, ses écoutes téléphoniques, ses fréquentations douteuses, son train de vie et celui de ses proches. Il était si séduisant. On passait tout à Dominique Strauss-Kahn avant la catastrophe finale. Il était si amusant. On n'a jamais rien passé à Sarkozy.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Par un tour de magie orchestré avec soin, que les historiens, les sociologues, les psychologues étudieront après nous, le travail accompli pendant cinq ans pour faire face à la série de crises qui ont frappé les Etats-Unis, l'Europe entière et la France a été minoré avec subtilité. Non seulement, grâce à Sarkozy, la France s'en est tirée mieux que tous ses voisins - sauf l'Allemagne -, mais toute une rafale de réformes, dont la plus importante est la réforme des retraites, ont pu être menées à bien. Tout cela a été savamment occulté sous les attaques permanentes contre la personne du Président, son caractère et son comportement.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il faut avouer qu'il a donné parfois des verges pour se faire battre. Il est impulsif. Dans le livre qu'elle lui a consacré, Catherine Nay a trouvé le mot juste: impétueux. Il est terriblement naturel. Il n'est pas dissimulé. Pas assez peut-être. Il est plutôt moins menteur que les autres qui lui reprochent tant de mentir. Il dit ce qu'il pense. Et il pense vite. Ce n'est pas un par-en-dessous qui ferait ses coups en douce. Les autres se cachent, se dissimulent, mènent leur vie à la bourgeoise, genre Nana, style 1880. Il étale tout. Il ouvre son coeur et sa vie. Il fait confiance aux autres. Et les autres en abusent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les Français n'aiment pas l'importance, la suffisance, le pompeux. Ils ont le contraire de l'importance, de la suffisance, du pompeux. Il est décontracté. Il est moderne. Catastrophe! Trop décontracté. Trop moderne. Ce n'est pas la gauche, qui lui a toujours été hostile, qui l'a fait tomber en disgrâce dans les sombres années 2008-2009. La droite l'avait pris pour héros. Il l'a choquée. Elle l'a lâché. L'opposition n'a fait qu'appuyer là où ça faisait mal.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il a parlé aux journalistes, qui en ont fait des gorges chaudes, de Cécilia et de Carla. Cécilia était belle et froide. Elle lui a été redoutable. Elle ne l'entraînait pas toujours sur la bonne voie. S'il est battu le 6 mai, une des stupeurs de l'histoire à venir sera de constater que les racines de son échec ne sont pas à chercher dans la politique qu'il a menée, mais dans les deux heures qu'il a passées à fêter son élection dans une boîte trop élégante, avec des gens trop fortunés et dans les trente-six heures qu'il a passées sur un bateau un peu trop long. C'est assez invraisemblable. Mais les Français sont comme ça. Ils sont gais, charmants, travailleurs, courageux. Ils sont souvent jaloux les uns des autres. Les écrivains sont jaloux des écrivains. Les hommes de science se jalousent entre eux. Les voisins sont jaloux de leurs voisins. Et ils ne détestent pas les dénoncer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;De gauche ou de droite, les hommes politiques en France n'ont jamais cessé de fréquenter les bonnes tables et les grands restaurants qui font aussi partie du patrimoine français. Personne n'a jamais reproché à Mitterand ou à Strauss-Kahn, peut-être même à Hollande, de s'y rendre régulièrement. Mais, lancée par des journalistes, l'affaire du Fouquet's a été un scandale, un symbole noir, une édition moderne de l'affaire des poisons ou du collier de la reine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;La dernière version de l'affaire du Fouquet's consiste à mettre l'accent non plus sur le lieu - c'était trop absurde - mais sur la compagnie de gens, nous dit-on, du CAC 40. C'est oublier un peu vite les liens, par exemple, de François Mitterand avec Pelat, une des grosses fortunes de l'époque, soupçonné en outre de malversations. François Mitterand était venu à la télévision expliquer aux Français avec beaucoup de talent et des larmes dans la voix à quel point M. Pelat était un homme estimable. Personne ne croit plus d'ailleurs aujourd'hui que l'argent se situe plutôt à droite qu'à gauche. L'argent coule à flots à gauche autant qu'à droite et il serait trop facile d'énumérer des noms.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;L'argent! Le premier reproche qui ait été adressé à Nicolas Sarkozy, le plus violent, le plus constant, se situe à la lisière de la politique et de la vie privée: Nicolas Sarkozy est &lt;em&gt;le Président des riches&lt;/em&gt;. Il aurait avec l'argent des liens privilégiés. Mme Joly et quelques autres ont été jusqu'à l'accuser de malhonnêteté. Je crois qu'au milieu de tant de tentations et de compromissions, il est plutôt plus honnête que beaucoup d'autres. Il a voulu redonnersa dignité au travail et il pense qu'une nation moderne a besoin d'entrepreneurs pour assurer la prospérité générale. Mais il est loin d'être de ces hommes de magouilles auxquels, depuis des années, nous avons été habitués.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il a été le premier à introduire à l'Elysée, jusqu'à lui domaine opaque et secret, une Cour des comptes à la tête de laquelle il avait nommé un socialiste. S'il a augmenté le traitement du Président, c'est que ses prédécesseurs étaient moins bien traités que le Premier ministre et compensaient du coup comme ils pouvaient un étrange manque à gagner. Jamais la transparence n'a été mieux établie au sommet de l'Etat. La décision de Hollande de réduire de 30% les traitements du Président et de ses ministres non seulement ne rapportera rien du tout, mais n'est que poudre aux yeux et pure démagogie. Et que se passera-t-il si l'on découvre que le Président gagne moins qu'un haut fonctionnaire ou qu'un dirigeant de société nationale. Drôle de justice!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Après l'impulsivité et l'argent, voici le troisième reproche constamment adressé par ses adversaires au Président sortant: il serait vulgaire. &amp;nbsp;Vulgaire dans son langage. Vulgaire dans sa pensée. Vulgaire dans son comportement. Quand un imbécile et un mufle qui ignore les lois de la démocratie refuse de serrer la main du chef de l'Etat en lui disant quelque chose comme &lt;em&gt;Touche-moi pas! Tu me salis&lt;/em&gt;, il ne peut pas s'empêcher d'éclater. Il lui dit: &lt;em&gt;casse-toi pauvre con&lt;/em&gt;! Personne ne reproche sa muflerie à un mufle qui injurie la fonction du premier magistrat de la République. Tout le monde tombe sur le Président qui ne s'est pas conduit comme il fallait en employant les mots de tous les jours.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les Français sont parfois étranges. François Bayrou flanque une gifle à un jeune voyou qui lui faisait les poches. Ils l'approuvent. Un maire un peu âgé flanque une gifle à de jeunes voyous qui l'assaillent. On le traîne en justice et on le condamne. Personne ne prend sa défense. La honte. Lui, parlant comme tout le monde et comme j'aimerais souvent parler à pas mal de gens, engueule un imbécile, et on lui en veut. Ou on fait semblant de lui en vouloir. La grammaire a été, après beaucoup d'autres, un terrain d'attaque privilégié contre le Président.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On n'ira pas soutenir que Nicolas Sarkozy est un chevalier blanc dépourvu de défauts. C'est un caractère fort, fait de contrastes, loin de toute hypocrisie, ennemi de la médiocrité. Si ses ennemis le détestent, ses amis lui sont fidèlement attachés. Il est capable de colères. Il est surtout capable de reconnaître ses erreurs et de se corriger. Contrairement à ce que répète sans se lasser l'opposition. Il n'a abaissé ni sa fonction ni le pays. Il est très loin de la caricature qu'ont donnée de lui ses adversaires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Personne, même dans l'opposition, ne doute des qualités assez rares de Nicolas Sarkozy. Personne ne doute qu'il soit courageux, actif, intelligent. Il y a déjà assez longtemps, lors d'une affaire de prise d'otages dans une école de Neuilly, il avait payé de sa personne et réglé la question sans effusion de sang. Tout au long de sa carrière, les occasions de mettre à l'épreuve son courage et sa capacité de décision ne lui auront pas manqué.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il a toujours mené ses campagnes tambour battant. Très éloigné de l'éloquence de la IIIe ou de la IVe République. Il est un orateur exceptionnel qui galvanise et entraîne ses auditeurs. Il est bon dans les débats. Il lui arrive de se tromper: il avait choisi Balladur contre Chirac en 1995. Mais il sait dominer la défaite comme il sait dominer la victoire. Il n'y a en lui rien de bas ni de tortueux. Une sorte d'élan plutôt gai.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Avec le courage, un des traits dominants de Nicolas Sarkozy est la tolérance. Emporté parfois, il est toujours extraordinairement tolérant. La fameuse couverture, tant critiquée et à droite et à gauche, n'a pas été seulement une manoeuvre politique. C'était l'expression d'un trait de caractère et d'un souci de compréhension des autres. La tolérance est un des thèmes classiques de la gauche. A beaucoup d'égards et très souvent, Nicolas Sarkozy s'est montré autrement tolérant que son opposition. Moins violent, moins blessant que ceux qui l'accusent de violence. Et infiniment plus tolérant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Il y a fort à parier que le jugement de l'histoire infirmera la violence des jugements négatifs portés par beaucoup contre Sarkozy. Il a été un bon président. Et peut-être, on ne sait pas encore, on verra ça plus tard, peut-être, par contraste, un grand président. Il n'a pas été seulement le réformateur par excellence d'un système délabré qui, notamment dans le domaine des retraites, se serait écroulé sans lui. Il n'a pas seulement, dans les pires conditions, sauvé à plusieurs reprises l'Europe et l'euro. Il a joué un rôle considérable dans un monde où il a été le pair et l'égal des Obama, des Merkel, des Lula, des dirigeants chinois ou indiens, qui ont assisté avec étonnement au déluge d'insultes adressées à l'un des leurs pour qui ils avaient le plus souvent amitié et estime.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les plus âgés d'entre nous se souviennent encore du couple Adenauer-de Gaulle qui a été à l'origine de l'Europe unie. Après, il y a eu le couple Kohl-Mitterand. On les revoit encore, ces deux-là, se tenant par la main. L'un grand, l'autre petit. Toutes ces dernières années, le couple Merkel-Sarkozy a évité le pire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Nicolas Sarkozy a toujours préféré le courage à la popularité. Il a essayé de remettre le travail à l'honneur et de remettre la France au travail. Il a lutté avec succès contre la crise mondiale. Il a réformé ce qu'il était nécessaire de réformer pour éviter l'écroulement. Il n'était pas socialiste. A la tête de la Grèce, il y a eu un socialiste qui s'appelait Papandréou. Ca n'a pas bien tourné. A la tête de l'Espagne, il y avait un socialiste qui était une sorte de mentor et de modèle pour Hollande et les siens et qui s'appelait Zapatero. Ca n'a pas bien tourné non plus. Si Hollande est élu de 6 mai, si un hypoprésident est appelé à succéder à celui que l'opposition a appelé l'hyperprésident, le risque est grand pour la France socialiste de prendre le chemin de l'Espagne et de prendre le chemin de la Grèce.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Pour éviter ce sort cruel, il n'y a pas d'autre moyen que de voter demain en masse pour Nicolas Sarkozy.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569345&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lasciereveuse.hautetfort.com/media/02/02/2327164160.jpg&quot; alt=&quot;littérature; politique; livres&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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