23.02.2012
Steinunn Sigurdardottir
Steinunn Sigurdardottir, Cent portes battant aux quatre vents (Héloïse d'Ormesson, 2011)
présenté par Sonia Castro - Librairie Payot, Nyon
Plus de vingt ans ont passés depuis que Brynhildur a quitté Paris où elle a été étudiante à la Sorbonne. Mais un court séjour dans la capitale ainsi qu'une aventure inattendue et sans lendemain la projettent malgré elle face à ses souvenirs de jeunesse, parmi lesquels, celui du grand amour à côté duquel elle est passée. Pourquoi ne saisit-on pas le bonheur lorsqu'il passe? Pourquoi tous ces tourments et ces attirances non réciproques?
Brynhildur part à Paris afin de trouver un paravent pour sa fille. Tournant dans la capitale, elle atterrit dans une petite boutique où elle va vivre une expérience charnelle qui fera jaillir de sa mémoire ses souvenirs d’étudiante. Elle retrouve alors les rues qu’elle prenait en suivant son professeur de grec qu’elle aimait. La nostalgie d’une femme qui regarde sa vie passée, essayant d’y trouver du réconfort.
08:15 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; roman; livres |
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Morceaux choisis - G.Ungaretti
Giuseppe Ungaretti

J'ai toujours pensé que les vrais grands peintres sont ceux qui savent se servir du blanc. Tous les registres y sont contenus; une pointe en suffit à faire hurler un tableau, ou le faire rire comme les jeunes filles de Corte. Ce n'est pas une absence de couleurs; ce sont toutes les couleurs en mouvement, parmi lesquelles, l'une ou l'autre, ou plus lente, ou plus prompte, glisse un rien de discordant; bleu, ou rouge, ou jaune bile, ou aveuglant comme le soleil. Le blanc ne permet de triompher qu'à force de retenue; quand, dans un poème, un tableau, le blanc réussit à éclairer le sens profond des paroles, le poète ni le peintre n'a plus rien à apprendre.
Giuseppe Ungaretti, Neige (Revue Europe - no 955-956, novembre-décembre 2008)
image: Nicolas de Staël, Le concert (1955)
00:27 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; prose; morceaux choisis; livres |
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21.02.2012
Iain Levison
Iain Levison, Arrêtez-moi là (Liana Levi, 2011)
présenté par Alexandre Guex - Payot Libraire, Nyon
Charger un passager à l'aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c'est le début des emmerdes... Tout d'abord la cliente n'a pas assez d'argent sur elle et, pour être réglé, il vous faut entrer dans sa maison pourvue d'amples fenêtres. Plus tard, deux jeunes femmes passablement éméchées font du stop. Seulement, une fois dépannées, l'une d'elles déverse sur la banquette son trop-plein d'alcool. La corvée de nettoyage s'avère nécessaire. Après tous ces faux pas, comment s'étonner que deux policiers se pointent en vous demandant des comptes? Un dernier conseil: ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer...
Au mauvais endroit, au mauvais moment ! Ainsi se retrouve Jeff, chauffeur de taxi sans histoires, piègé dans une sordide affaire criminelle. Une attaque en règle, pleine d’ioronie et teintée d’humour noir, de l’hypocrisie et de l’absurdité du système judiciaire, ainsi que de la société américaine d’aujourd’hui. Un régal!
05:40 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; roman; livres |
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Morceaux choisis - G.Séféris
Georges Séféris

Georges Séféris, Journal de bord Traduit par Vincent Barras Ed. Héros-Limite (septembre 2011)
image: Pierre Paul Feyte (www.linternaute.com)
01:01 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; morceaux choisis; livres |
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20.02.2012
John Burnside
John Burnside, Scintillation (Métailié, 2011)
présenté par Isabelle Ertel - Librairie Payot, Nyon
Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d’enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d’enfer contemporain. Année après année, dans l’indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs. Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence.
L’Intraville est un lieu hanté par l’usine chimique abandonnée qui a fait les beaux jours de cette ville devenue un vrai mouroir pour les habitants. Les jeunes sont fascinés par ce lieu. De jeunes garçons disparaissent sans que personne ne s’en soucie réellement. Le meilleur ami de Léonard disparaît à son tour. Celui-ci mène l’enquête et s’acoquine malgré lui à une bande de jeunes voyous. Scintillation nous enflamme vers de multiples pistes afin de sonder les confins les plus noirs de l’âme humaine, mais avec peine.
06:31 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; roman; livres |
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Morceaux choisis - V.Grossman
Vassili Grossman

Vitia, je voudrais te dire... Non, ce n'est pas ça.
Vitia, je termine ma lettre et je vais la porter à la limite du ghetto pour la donner à mon ami. Il ne m'est pas facile d'interrompre cette lettre, elle est ma dernière conversation avec toi; quand j'aurai transmis la lettre, je t'aurai définitivement quitté, jamais tu ne sauras ce qu'ont été mes dernières heures. C'est notre toute dernière séparation. Que te dire avant de te quitter pour toujours? Tu as été ma joie ces derniers jours, comme tu l'as été durant toute ma vie. La nuit, je me souvenais de tes vêtements d'enfant, de tes premiers livres, je me souvenais de ta première lettre, de ton premier jour d'école, je me suis souvenue de tout, depuis les premiers jours de ton existence jusqu'à la dernière nouvelle qui me soit venue de toi, le télégramme que j'ai reçu le 30 juin. Je fermais les yeux et il me semblait que tu allais me protéger de l'horreur qui s'avançait sur moi. Et quand je me rappelais ce qui se passait autour de moi, je me réjouissais de ton absence; ainsi tu ne connaîtrais pas cet horrible destin.
J'ai toujours été solitaire, Vitia. Pendant des nuits blanches, j'ai souvent pleuré de désespoir. Car personne ne le savait. Mon unique consolation était la pensée, qu'un jour, je te raconterais ma vie. Que je te raconterais pourquoi nous nous sommes séparés, ton père et moi, pourquoi, toutes ces longues années, j'ai vécu seule. Et je me disais souvent: "Comme il sera étonné, Vitia, quand il apprendra que sa mère a fait des folies, qu'elle était jalouse et qu'on la jalousait, que sa mère a été comme tous les jeunes." Mais mon destin est de mourir en solitaire sans m'être ouverte à toi. Parfois, je pensais que je ne devais pas vivre lpin de toi, que je t'aimais trop et que cet amour me donnait le droit de finir ma vie à tes côtés Parfois, je pensais que je ne devais pas vivre avec toi, que je t'aimais trop.
Enfin... Sois heureux avec ceux que tu aimes, qui t'entourent, qui te sont devenus plus chers que ta mère. Pardonne-moi.
On entend dans la rue les pleurs de femmes, des jurons de policiers et moi, je regarde ces pages et il me semble que je suis protégée de ce monde horrible, plein de souffrances.
Comment finir cette lettre? Oùtrouver la force pour le faire, mon chéri? Y a-t-il des mots en ce monde capables d'exprimer mon amour pour toi? Je t'embrasse, j'embrasse tes yeux, ton front, tes yeux.
Souviens-toi qu'en tes jours de bonheur et qu'en tes jours de peine l'amour de ta mère est avec toi, personne n'a le pouvoir de le tuer.
Vitenka... Voilà la dernière ligne de la dernière lettre de ta maman. Vis, vis, vis toujours...
Ta maman.
Vassili Grossman, Vie et destin (L'Age d'Homme, 1995)
traduit du russe par Alexis Berelowitch et Anne Coldefy-Faucard
image: Vassili Grossman
01:00 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; roman; morceaux choisis; livres |
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18.02.2012
Morceaux choisis - P.Calamandrei
Piero Calamandrei

Que vous arriviez de Bologne, surtout des tunnels de l'Apennin en direction de Florence, ou que vous arriviez du sud par la ligne qui vient de Rome, mettez-vous à la fenêtre et cherchez au sommet des collines: et quand vous verrez se dresser là-haut, près du toit rougeâtre d'une maison paysanne ou au beau milieu des oliviers argentés, la flèche d'un cyprès, soyez sûr que Florence est proche. Ce sont eux qui marquent non seulement les limites entre les champs et entre les fermes, mais aussi la frontière entre la Toscane et les autres régions. Ce qu'on peut reconnaître avec une précision absolue quand on vient de Rome. Jusqu'à la moitié du trajet, c'est le Latium qu'on voit: les lents méandres du Tibre, et, sur les hauteurs, les bois de chênes. Mais quand vous arrivez à Chiusi, la cité de Porsenna, voilà le cyprès, là-haut, comme un index tendu, qui vous avertit que vous avez pénétré en terre étrusque - car il y a une chose singulière: c'est qu'il semble que dans tous les lieux où ils se sont arrêtés en Italie, les Etrusques aient voulu laisser une trace de leur passage en plantant sur ces collines les lances des cyprès, comme un signe de leur emprise; lesquels ne sont pas réunis, ici, en bouquets touffus, mais épars comme des annotations au paysage, ornant d'une frange la crête d'un coteau qui se détache sur le ciel, accompagnant de leur alignement le chemin qui mène à une villa ou à un cimetière, protégeant les meules sur l'aire ou, au milieu des oliviers, la fumée d'une maison.
Je pense que pour les Etrusques, le cyprès était un arbre sacré, un symbole magique: une espèce de dieu Terminus, peut-être une conjuration contre la grêle et la foudre. Pure fantaisie de ma part... Reste que je considère le cyprès isolé parmi les oliviers comme la signature des Etrusques. Dans les douces périodes des collines toscanes dont les oliviers sont les mots, les cyprès sont les ponctuations. Et dans la sobriété où se mêlent des tonalités feutrées et discrètes, l'argent des oliviers et le vert sombre des cyprès sont la couleur du paysage toscan: ce n'est pas d'abord un paysage peint, mais un paysage dessiné, sculpté, buriné; un paysage aux contours précis, qu'il faut voir en hiver pour le bien comprendre, quand les autres arbres ont perdu leurs feuilles, ou à la rigueur au début du printemps, entre mars et avril, lorsque apparaissent entre les oliviers les taches roses des pêchers en fleurs, et qu'au bord des rivières il n'y a encore qu'une caresse de vert pâle sur les branches nues des peupliers.
C'est à ce moment-là, avant que le bouillonnement de mai n'en ait caché les lignes, que se découvrent bien visibles toutes les nervures de cette terre construite comme une architecture, où l'on peut reconnaître une à une les différentes qualités de pierres qui ont servi au cours des siècles à construire la ville: les rayures blanches des carrières de marbre où Michel-Ange allait choisir lui-même les blocs pour ses statues, ou plus bas, entre les champs, le brun de la pietra forte utilisée pour la tour du Palazzo Vecchio, ou le gris bleuté de la pietra serena, encadrement préféré des intérieurs de Brunelleschi.
Piero Calamandrei, Parler de Florence - bilingue (Collection Lettres d'Italie/Edition de la revue Conférence, 2010)
Illustrations: Gérard de Palézieux et de Piero Calamandrei
Traduction: Christophe Carraud
image: Florence - http://photos.linternaute.com/cypres/
00:43 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature italienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; essai; voyages; livres |
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12.02.2012
Morceaux choisis - R.Peregalli
Roberto Peregalli

Le temps est notre chair. Nous sommes pétris de temps. Nous sommes le temps. C'est une courbe inexorable qui conditionne chaque geste de notre vie, y compris la mort.
Nous voyons une chose, et déjä elle n'est plus. Là réside sa suprême beauté. Un rayon de soleil qui illumine la colonne d'un temple à Sélinonte, le dernier, alors que le soir descend doucement, le regard de celui qui t'aime, saisi dans son étonnement, le reflet dans une flaque des lignes d'une maison, juste avant que la pluie ne reprenne et n'en trouble la surface. Ce sont des instants fugitifs. Ils ne reviendront plus. Mais ils continuent cependant à remplir notre existence. Dans notre mémoire, la lumière de ce moment rayonne au-dessus de nous. Le temps, par vagues, nous la restitue, tel le ressac des grandes marées d'hiver sur les galets.
Cet instant pour nous est la vérité. Le dévoilement. De la brume du néant a surgi le spectre de l'être. Le regard a déchiré le voile de l'oubli. Plus rien après ne peut être semblable.
C'est ainsi que naît la nostalgie, le douloureux désir du retour. S'accumulent dans la mémoire tous ces regards sur ce qui n'est plus. Les instants passés revivent dans le souvenir. De l'Odyssée à Zarathoustra notre vie est fondée sur ce mot "nostalgie". Nostalgie dans laquelle s'inscrit le temps, son fidèle compagnon. La temporalité de l'homme, sa caducité sont à l'origine de ce regard qui, toujours, est tourné vers l'arrière (Rilke), même lorsqu'il regarde devant lui. Ce n'est pas l'amour d'une patrie lointaine, l'amour pour la terre natale, c'est une suite d'instants absolus, qui reviennent.
Le carillon des cloches, un midi de mars, évoquera le son d'autres cloches. La madeleine de Proust s'ouvre à la relation entre le temps et la mémoire, entre la mémoire et la nostalgie. On perçoit non seulement ce qui est, mais la somme de tout ce qu'on a vu. La nostalgie est notre vie.
Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière - Sur la beauté de l'imperfection (Arléa, 2012)
image: clocher de Brescia
http://girouettesdumage.over-blog.com/article-saint-pierre-et-le-coq-a-finir-60460005.html
00:09 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; essai; livres |
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05.02.2012
Vous avez dit 2 euros ?
Bloc-Notes, 5 février / Les Saules

Si je ne fais erreur, c'est en 2006 que les éditions Gallimard lancent la collection Folio 2 euros, qui, comme vous le constatez, aborde à prix tout à fait raisonnable les grands noms de la littérature ou de la philosophie de tous les temps, de tous les horizons: de Lucrèce à Renée Vivien, de Miguel de Unanumo à Ian McEwan, de Lao-Tseu à Mario Soldati. 330 titres parus à ce jour, pour la plupart des nouvelles ou extraits d'oeuvres plus importantes, parfois difficiles d'accès dans une autre version.
Les anthologies, au nombre d'une quinzaine environ, jouissent d'une succès mérité. Parmi elles Que je vous aime, que je t'aime! consacré aux plus belles déclarations d'amour. Vous pouvez y retrouver, entre autres, celles d'Ovide, de Madeleine de Scudéry, de William Shakespeare, ou d'Emily Brontë. Dans 1, 2, 3... bonheur! c'est le bonheur en littérature qui est célébré, sous la plume de J.M.G. Le Clézio, André Gide, Oscar Wilde ou Guy de Maupassant. Enfin, Leurs yeux se rencontrèrent nous immerge dans les plus belles premières rencontres en littérature: Guillaume de Lorris, Ernest Hemingway, Louis Aragon ou Alessandro Baricco sont invités dans ce recueil par ailleurs consacré à bien d'autres auteurs.
Parmi les publications récentes, citons L'art du baiser dans la littérature, recueil où figurent Louise Labé, Violette Leduc, Arundhati Roy, David Foenkinos ou encore Pablo Neruda, avec ces vers immortels: Ce qu'il t'en aura coûté de t'habituer à moi, à mon âme esseulée et sauvage, à mon nom que tous chassent. Tant de fois nous avons vu s'embraser l'étoile du Berger en nous baisant les yeux et sur nos têtes se détordre les crépuscules en éventails tournants. Mes paroles ont plu sur toi en te caressant.
Sur un tout autre registre, Ne nous fâchons pas! nous entraîne à l'art de se disputer au théâtre, en compagnie de Molière, Beaumarchais, Alfred de Musset, Edmond Rostand, Georges Feydeau et Eugène Ionesco. Un régal! Pour terminer, Au pied du sapin nous plonge dans les contes de Noël. Cette anthologie est probablement l'une des plus originales, car outre les textes les plus célèbres, on prend plaisir à lire, sur ce thème, Jean Giono, Théophile Gautier, Luigi Pirandello, Fédor Dostoievski ou Alphonse Allais.
Ces Folio à 2 euros, dont la variété des titres est impressionnante, seront la compagnie idéale des voyageurs en transport public, en train et - quand le printemps puis l'été seront des nôtres - à bouquiner sur un banc, au bord d'un lac ou d'une rivière, comme la jeune fille de la photographie...
Collection Folio 2 euros (Gallimard)
image: Les humeurs de Bernard, Comment faire une pause?
(http://les-humeursdebernard.over-blog.com/article-comment-faire-une-pause-72371682.html)
19:34 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Bloc-Notes, Littérature espagnole, Littérature étrangère, Littérature francophone, Littérature italienne, Louis Aragon, William Shakespeare | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; nouvelles; poésie; correspondance; livres |
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31.01.2012
La prière du coeur
Augustin d'Hippone
Tard je Vous ai aimée, beauté si ancienne et nouvelle, tard je vous ai aimée; c'est que Vous étiez au-dedans de moi, et moi, j'étais en dehors de moi. Et c'est là que je Vous cherchais; ma laideur se jetait sur tout ce que Vous avez fait de beau; Vous étiez avec moi, et je n'étais pas avec Vous. Ce qui loin de Vous me retenait, c'étaient ces choses qui ne seraient pas, si elles n'étaient en Vous.
Vous m'avez appellé, Vous avez crié, et Vous êtes venu à bout de ma surdité; Vous avez étincelé, et Votre splendeur a mis en fuite ma cécité; Vous avez répandu Votre parfum, je l'ai respiré, et je soupire après Vous; je Vous ai goûté, et j'ai faim et soif de Vous; Vous m'avez touché, et je brûle du désir de Votre paix.
Saint Augustin, Les confessions (coll. Garnier-Flammarion, 1964)
image: Filippo Lippi / Madonna avec enfant, St Frediano et St Augustin (Musée du Louvre)
00:05 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans La prière du coeur, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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