22.05.2012
Morceaux choisis - Issa Makhlouf
Issa Makhlouf

Nous partons pour nous éloigner du lieu que nous avons vu naître et voir l'autre versant du matin. Nous partons à la recherche de nos naissances improbables. Pour compléter nos alphabets. Pour charger l'adieu de promesses. Pour aller plus loin que l'horizon, déchirant nos destins, éparpillant leurs pages avant de tomber, quelquefois, sur notre propre histoire dans d'autres livres.
Nous partons vers des destinées inconnues. Pour dire à ceux que nous avons croisés que nous reviendrons et que nous referons connaissance. Nous partons pour apprendre la langue des arbres qui, eux, ne partent guère. Pour lustrer le tintement des cloches dans les vallées saintes. A la recherche de dieux plus miséricordieux. Pour retirer aux étrangers le masque de l'exil. Pour confier aux passants que nous sommes, nous aussi, des passants, et que notre séjour est éphémère dans la mémoire et dans l'oubli. Loin des mères qui allument les cierges et réduisent la couche du temps à chaque fois qu'elles lèvent les mains vers le ciel.
Nous partons pour ne pas voir vieillir nos parents et ne pas lire leurs jours sur leur visage. Nous partons dans la distraction de vies gaspillées d'avance. Nous partons pour annoncer à ceux que nous aimons que nous aimons toujous, que notre émerveillement est plus fort que la distance et que les exils sont aussi doux et frais que les patries. Nous partons pour que, de retour chez nous un jour, nous nous rendions compte que nous sommes des exilés de nature, partout où nous sommes.
Nous partons pour abolir la nuance entre air et air, eau et eau, ciel et enfer. Riant du temps, nous contemplons désormais l'immensité. Devant nous, comme des enfants dissipés, les vagues sautillent pendant que la mer file entre deux bateaux. L'un en partance, l'autre en papier dans la main d'un petit.
Nous partons comme les clowns qui s'en vont de village en village, emmenant les animaux qui donnent aux enfants leur première leçon d'ennui. Nous partons pour tromper la mort, la laissant nous poursuivre de lieu en lieu. Et nous continuerons ainsi jusqu'à nous perdre, jusqu'à ne plus nous retrouver nous-mêmes là où nous allons, afin que jamais personne ne nous retrouve.
Issa Makhlouf, dans: "Les poètes de la Méditerranée - Anthologie" (coll. Poésie/Gallimard, 2010)
image: projets.la-guilde.org
11:22 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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Morceaux choisis - Primo Levi 1b
Primo Levi

Considérez si c'est une femmeQue celle qui a perdu son nom et ses cheveuxEt jusqu'à la force de se souvenir,Les yeux vides et le sein froidComme une grenouille en hiver.N'oubliez pas que cela fut,Non, ne l'oubliez pas:Gravez ces mots dans votre coeur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,En vous couchant, en vous levant;Répétez-les à vos enfants.Ou que votre maison s'écroule,Que la maladie vous accable,Que vos enfants se détournent de vous.
Primo Levi, Si c'est un homme (Pocket, 1998)
image: La mémoire est une faille dans le temps présent (lemotdelasemaine.com)
00:08 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Le monde comme il va, Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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18.05.2012
Morceaux choisis - Andrée Chédid
Andrée Chedid

Andrée Chédid, Textes pour la terre aimée (Cahiers GLM, 1954)
07:35 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Andrée Chedid, Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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15.05.2012
Morceaux choisis - Pierre Reverdy
Pierre Reverdy

Il marchait au milieu du ciel les yeux baissés et les autres passants le regardèrent. Un peu plus bas, aux fenêtres, les têtes pendaient. Et les formes blanches qu'avaient laissées la lune, la nuit passée, se ranimèrent. La foule criait; au moins tous ceux qui s'étaient reconnus. On emportait le jour par morceaux dans toutes les rues de la ville. Et les cheveux du vent, mêlés au flot des gens et des voitures, s'engouffraient entre les murs et se nouaient. Tout le monde courait sans savoir où. Les pavés attachaient les regards. La terre. Le jour entrait parfois sans ressortir. Le mouvement s'étendait jusqu'aux fossés, qui bordaient les dernières maisons et, au-delà, on retrouvait le terrain plat. Le calme. Des ombres immobiles. Et le soleil reprenait partout sa place, sans qu'on puisse le toucher ni le prendre, au gré de son désir.
Pierre Reverdy, Main d'oeuvre / Poèmes 1913 - 1949 (Mercure de France, 1949)
image: Herculaneum, Campanie - Italie (katbrakatjamb.blogspot.com)
08:34 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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13.05.2012
Morceaux choisis - Anna Akhmatova
Anna Akhmatova

Mais attendre la rencontreAvec celui que j'aimeSous le sel des embruns, et sous le ventRajeunir d'heure en heure.
Anna Akhmatova, L'églantier fleurit et autres poèmes (La Dogana, 2010)
image: sosduneterrienneendetresse.centerblog.net
08:07 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Anna Akhmatova, Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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04.05.2012
Morceaux choisis - Anonyme du XVe siècle
Anonyme du XVe siècle

Anthologie bilingue de la poésie italienne (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1994)
image: Mariano Salvador Maella, Vénus remettant sa ceinture à Junon (vers 1786)
23:20 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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29.04.2012
Morceaux choisis - Sylvia Plath
Sylvia Plath

Sylvia Plath, Trois femmes (Editions des Femmes, 1975)
07:35 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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23.04.2012
Morceaux choisis - Ernest Pépin
Ernest Pépin

Ernest Pépin, Babil du songer (Ibis Rouge, 1997)
image: Sainte Anne/Guadeloupe (http://alainfoix.com)
19:50 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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16.04.2012
Morceaux choisis - Giacomo Leopardi
Giacomo Leopardi

Giacomo Leopardi, extrait du Chant 34 - Anthologie bilingue de la poésie italienne (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1994)
image: dominique.decobecq.perso.neuf.fr/LegenetdeLeopardi.html
08:04 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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13.04.2012
Morceaux choisis - Nirmalprabha Bordoloï
Nirmalprabha Bordoloï

Nirmalprabha Bordoloï, Voix de femmes - Anthologie / Poèmes et photographies du monde entier (Editions Turquoise, 2012)
06:53 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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09.04.2012
Morceaux choisis - Remo Fasani
Remo Fasani

Remo Fasani, Novénaires - postface de Philippe Jaccottet (Editions Conférence, 2011)
image: Sils Maria (Grisons)
16:25 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature suisse, Morceaux choisis, Philippe Jaccottet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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31.03.2012
Morceaux choisis - Gabriele d'Annunzio
Gabriele d'Annunzio

Gabriele d'Annunzio, Soir de Fiesole Anthologie bilingue de la poésie italienne (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1994)
image: Fiesole
22:45 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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27.03.2012
Ossip Mandelstam
Ossip Mandelstam, Nouveaux poèmes 1930-1934 (Allia, 2010)
D'Ossip Mandelstam, poète russe contemporain d'Anna Akhmatova et de Marina Tsvetaïeva, on connaît surtout son texte le plus célèbre, Le bruit du temps (coll. Titres/Bourgois) et Le voyage en Arménie (Mercure de France). Il faut y ajouter la magnifique anthologie Simple promesse (La Dogana). Le présent recueil reprend des poèmes écrits avant sa terrible fin de vie: Arrêté une première fois en 1934 pour ses critiques contre Staline, il est condamné à cinq ans de travaux forcés en 1938 pour des activités jugées contre-révolutionnaires avant de mourir d'humiliations et de mauvais traitements près de la Kolyma en cette même année, son corps jeté dans une fosse commune.
Entre autres élégies de la langue allemande, de la poésie russe, de l'âme arménienne, on peut découvrir ces vers poignants: A tes frêles épaules sous les coups de rougir, sous les coups de rougir, sous le gel de brûler. A tes mains enfantines de soulever les fers, de soulever les fers et tresser les cordages. A tes tendres pieds nus d'aller nus sur le verre, d'aller nus sur le verre et le sable sanglant. Mais à moi en ton nom, cierge noir de brûler, cierge noir de brûler, et ne pouvoir prier.
10:42 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Anna Akhmatova, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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22.03.2012
Morceaux choisis - Messaour Boulanouar
Messaour Boulanouar

Quand la nuit se brise - Poésie algérienne, Anthologie sous la direction de Abdelmadjid Kaouah (coll. Points/Seuil, 2012)
image: stoirmdubh.unblog.fr
00:05 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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18.03.2012
Actualité de la poésie
Bloc-Notes, 18 mars / Les Saules

Comme je l'ai mentionné à plusieurs reprises, la poésie est intensément présente sur le réseau social de Facebook qui m'a ainsi permis de faire plus ample connaissance avec des grands noms de la littérature classique ou contemporaine - tels, pêle-mêle: Alphonse de Lamartine, Anne de Noailles, Abdellatif Laâbi ou Emily Dickinson - et davantage encore avec des auteurs que je n'aurais jamais lus sans la magie de cette toile lumineuse à ses heures et qui recèle de nombreux trésors de plume, pour peu qu'on éprouve le plaisir de les savoir partagés et multipliés à travers ces incomparables amitiés nouées autour de la poésie.
C'est ainsi que je me suis glissé entre les pages de ces jeunes talents - ou moins jeunes mais absents des grandes chaînes de librarie - avec les deux anthologies Le chant des larmes et Les cygnes de l'aube, sous la direction de Abbassia Naïmi, déjà présentés dans ces colonnes. Aujourd'hui, voici quelques récentes acquisitions susceptibles de vous intéresser, même si elles ne sont pas parues au cours de ces derniers mois!
Marie Hurtrel est artiste peintre dans l'Indre - voir ses oeuvres dans les liens de La scie rêveuse - mais se consacre également à l'écriture. On ne vit pas de son art, mais l'art est notre vie, chiche d'un côté et riche en l'autre, écrit-elle sur son site Internet: des mots qui éclairent sa démarche et son ouverture à tous les horizons. Lézards de poussière ressemble un peu au vol du cormoran qui survole les terres amères - celles qui attisent la violence, la révolte, l'injustice - mais aussi les territoires de l'intime, germe d'espoir, de douceur, de paix: Comment te dire ce que tu dis, comment te dire quel ciel je vois, comment écrire cette larme qui ne pleure pas, cette perle des yeux qui te chante?
Avec Patrick Berta Forgas, né à Montreuil, vous ne rencontrez pas un nouveau venu en littérature. Auteur d'une dizaine de recueils poétiques, il signe avec La chambre des hommes des textes aux contours sombres: le vertige de l'enfer, la brûlure du silence, la mémoire des cassures, les hommes fragiles, les simulacres et les cris, l'ombre des guerres. C'est aussi le chant de la terre perdue, aimée, attendue: Je sais l'effort du vent pour soulager la mer. Je sais la douleur du souvenir rangée au chant amer. Ou encore: L'ombre est l'artère noire de la lumière et le corps du monde, un silence qui pleure ses cris.
Jean-Philippe Miginiac, pour sa part, est à la fois photographe, historien, archéologue, grand admirateur de Paul Eluard, passionné de musique classique et poète lui-même. Dans les liens de La scie rêveuse, vous pouvez aussi découvrir l'ensemble de ses oeuvres. Musiques imaginaires célèbre les amours, la terre, mais aussi la colère devant cette armée des ombres qui incarne pour lui ces fragments d'injustices: le visage des exilés, des étrangers, des mendiants, des rebelles au rythme de leurs infortunes. Si demain, ami, quelqu'un s'inquiète de mon absence, dis-lui que je suis parti dans la nuit chercher d'autres mots, sans attendre que sèche l'encre de mes poèmes, et sans que les dieux en soient informés, dis-lui que je suis parti me perdre où je voulais.
Kadour Naïmi - frère de Abbasssia Naïmi - est l'auteur d’essais et de colloques autour du théâtre, réalisateur pour le cinéma et la télévision, poète, prosateur et dramaturge. Il écrit en langue italienne, dont Les mots d'amour, poèmes pleins d'ardeur et de tendresse, pénétrant tels les rayons matinaux du soleil, cet au-delà des sentiments épousant sa variété de couleurs: Si tu veux être mon soleil, je serai ta planète. Si tu veux être mon vent, je serai ta bannière. Si tu veux être mon oasis, je serai ton eau. D'autres pages évoquent l'exil, avec amertume, mais sans haine: Pour ne pas périr, j'ai besoin d'aimer.
Pour les deux derniers auteurs, leur lueur discrète est déjà connue de ceux que la passion de la poésie habite. Véritable passeur en littérature, producteur d'émissions radiophoniques, Thierry Renard a publié à ce jour une trentaine d'ouvrages, parmi lesquels Il neige sur ta face. Toute la vie y remue dans cette poésie du quotidien, où se confondent les rêves, les réminiscences du football, les doutes de l'écrivain, les misères du monde, et la neige - en filigrane tout au long de ce recueil - et l'amour aux formes d'un coeur de lierre. Le mal est fait, le moindre mal. Ecrire est un verbe qui m'est avec le temps devenu familier. Ecrire est un verbe dont j'interroge encore le sens et qui donne du sens à ma vie. La roue tourne, la chance aussi. Avant j'étais zéro, aujourd'hui je ne vole pas bien haut. Demain j'irai sans ma vie lasse, petite cendre dans le vent.
Quant à Jean-Pierre Siméon, on lui doit une quarantaine de livres: recueils de poèmes, essais littéraires, pièces de théâtre et ouvrages destinés aux jeunes. Traité des sentiments contraires explore l'ombre et la lumière, la douleur et l'apaisement, la blessure et la joie: Silence maintenant, immobile et obstiné silence, c'est l'instant timide en vous, l'instant effarouché, où vient tout le ciel immense trouver son appui. On appellerait bien cela un bonheur sans usure, une phrase dans l'air parfaite comme la neige.
Dans la catégorie Morceaux choisis de ce jour, vous trouverez un extrait de ce livre.
Un poème, c'est quoi au juste? C'est presque rien, un silence, une idée, un amour, un élan, une fuite, quelques gouttes d'encre sur la page blanche. (Thierry Renard)
Thierry Renard, Il neige sur ta face (Le bruit des autres, 2001)
Marie Hurtrel, Lézards de poussière (Lire et Méditer, 2011)
Patrick Berta Forgas, La chambre des hommes (L'Harmattan, 2009)
Jean-Philippe Miginiac, Musiques imaginaires (TheBookEdition/J.P.Miginiac, 2010)
Kadour Naïmi, Mots d'amour (Lire et Méditer, 2011)
Jean-Pierre Siméon, Traité des sentiments contraires (Cheyne, 2011)
image: Thierry Renard (Maxime Roccisano, 2009)
22:39 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Bloc-Notes, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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16.03.2012
Morceaux choisis - Pietro Metastasio
Pietro Metastasio

Pietro Metastasio, Anthologie bilingue de la poésie italienne, Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard, 1994)
image: J.M.W. Turner - Nocturne
08:29 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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03.03.2012
Morceaux choisis - Silvina Ocampo
Silvina Ocampo

Silvina Ocampo, Poèmes d'amour désespérés (Editions José Corti, Avril 2010)
traduction de l'espagnol : Silvia Baron Supervielle
11:39 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature sud-américaine, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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02.03.2012
Morceau choisis - Pablo Neruda
Pablo Neruda

Ne m'ôte pas la rose,le fer que tu égrènesni l'eau qui brusquementéclate dans ta joieni la vague d'argentqui déferle de toi.
De ma lutte si dureje rentre les yeux lasquelquefois d'avoir vula terre qui ne changemais, dès le seuil, ton riremonte au ciel, me cherchantet ouvrant pour moi toutesles portes de la vie.
A l'heure la plus sombreégrène, mon amour,ton rire, et si tu voismon sang tacher soudainles pierres de la rue,ris: aussitôt ton rirese fera pou mes mainsfraîche lame d'épée.
Dans l'automne marinfais que ton rire dressesa cascade d'écume,et au printemps, amour,que ton rire soit commela fleur que j'attendais,la fleur guède, la rosede mon pays sonore.
Moque-toi de la nuit,du jour et de la lune,moque-toi de ces ruesdivagantes de l'île,moque-toi de cet hommeamoureux maladroit,mais lorsque j'ouvre, moi,les yeux ou les referme,lorsque mes pas s'en vont,lorsque mes pas s'en viennent,refuse-moi le pain,l'air, l'aube, le printemps,mais ton rire jamaiscar alors j'en mourrais.
Pablo Neruda, Les vers du capitaine - dans: Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée (coll. Poésie/Gallimard, 1998)
traduit par Claude Couffon et Christian Rinderknecht
image: Edouard Boubat, Enfants de dos face vitrine, Paris 1948
21:44 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature sud-américaine, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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25.02.2012
Morceaux choisis - Rainer Maria Rilke
Rainer Maria Rilke
Rainer-Maria Rilke, Vergers (coll. Poésie/Gallimard, 1978)
01:47 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Littérature francophone, Morceaux choisis, Rainer-Maria Rilke | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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17.02.2012
La citation du jour

Nadia Tuéni
Tu as sali la mer par tendresse, Etranger, mais tu ne savais pas qu’elle est espace vide, qu’elle est tout ce qui reste du chemin nécessaire à la respiration des bibles, au pacte entre nous et nous, à la mort fertile et qui devient jardin de sommeil et d’eau pour délivrer les races, nécessaire au sens de chaque pierre dont je suis la neige royale, pour que la terre apprenne à vivre avec son double, ne plus connaître absence. Etranger, le sable est langage du monde, nos pieds ont déchiffré ce qui brûle ton soleil et t’empêche d’être libre comme enfant. Etranger, voilà pourquoi ce soir sous les murs derniers de l’Asie, j’offre mon corps mobile au rasoir de la vague.
Nadia Tuéni, Oeuvres poétiques complètes (Éditions Dar An-Nahar, 1986)
01:42 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans La citation du jour, Littérature francophone, Nadia Tuéni | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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06.02.2012
Morceaux choisis - Hugo von Hofmannsthal
Hugo von Hofmannsthal

Hugo von Hofmannsthal, Tercets sur la mortalité - Anthologie bilingue de la poésie allemande (Bibl. de la Pléiade/Gallimard, 1995)
16:51 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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27.01.2012
Morceaux choisis - Pétrarque
Pétrarque

Et béni soit le doux premier tourmentQue j'éprouvai, ainsi captif d'Amour.Béni soit l'arc, bénies les flèches qui me percèrent,Bénie la plaies qu'elles m'ont faite au coeur. Bénis mes mots qui clamèrent sans nombreA tous échos le nom de ma Dame.Bénis les soupirs et les larmes, et mon désir. Et bénis soient aussi tous ces écritsOù j'amasse sa gloire; et ma penséeQui ne sait qu'elle, et donc rien d'aucune autre.
Pétrarque, Je vois sans yeux et sans bouche je crie - 24 sonnets traduits par Yves Bonnefoy / édition bilingue (Galilée, 2012)
Sculpture: Marie-Paule Deville-Chabrolle
http://devillechabrolle.typepad.com/devillechabrolle/2010/03/index.html
04:41 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature italienne, Morceaux choisis, Yves Bonnefoy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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13.01.2012
Patrick Tafani
Bloc-Notes, 13 janvier / Les Saules

Les poètes empruntent parfois des chemins inhabituels, audacieux ou escarpés pour dire leur sensibilité au monde et aux hommes. Comme de petits tableaux ou une succession de délicates épiphanies, Patrick Tafani cherche et creuse à travers l'oeuvre d'André de Richaud, Armel Guerne, Fernando Pessoa, Friedrich Hölderlin, Cesare Pavese, Charles-Ferdinand Ramuz, Camille Claudel, Stefan Zweig et d'autres encore, ce battement du temps, ce mouvement des couleurs qui désignent sa propre trace, vivante: images surgies des limbes, de son imaginaire et de sa mémoire ouvrant sur sa démarche poétique propre, aux antipodes d'une critique littéraire ou d'un inventaire exhaustif.
Curieusement, les plus beaux passages sont consacrés aux peintres. Sur Pierres Soulages, il note: Lumière arrêtée par les étincelles, par la couche de froid, jadis et à présent, étirée sous un feu primordial, le noir ici n'est jamais noirceur mais beauté béante à travers l'aubier d'une nuit repliée. Sur Nicolas de Staël: Les mille visage du peintre pour ce seul visage. Des fenêtres ouvertes, des rideaux levés pour écouter Webern. Près de ce monde qui déambule, un monde se fonde, une mer s'éloigne, des mouettes s'éploient vers les bâillons du ciel, un piano va jouer sa dernière partition. Puis il fera nuit, on entendra le silence s'élever et la nuit aura l'émotion de ses yeux.
On regrettera peut-être l'absence de quelques repères concrets facilitant la lecture aux amoureux de poésie qui connaissent peu ou mal les grandes figures de l'art qui défilent sous nos yeux. Ainsi, le plus long - et peut-être le plus émouvant - des textes de Patrick Tafani, consacré à René Char, semblera parfois hermétique ou inaccessible à ceux qui ignorent son parcours et son oeuvre.
Restent ses poèmes qui jalonnent Etoiles de terre: Que ce soit sur des chemins de terre, des chemins de feuilles, des chemins de ronces, que ce soit sur un toucher de mousse, sur un pli d'écorce ou dans l'entière forêt, que ce soit à l'orée de ma fatigue ou aux confins des premiers orages, c'est vers toi que m'entraînent mes pas, que le regard se noircit pour te reconnaître ainsi dans ton vaste monde, encore souverain et railleur, toi mon extravagant arpenteur, coloriste à tes heures de mépris et d'ardeur, mimant mille fois pour le passant chimérique, ta désinvolture et ta mort, toi au passé mélancolique, au trait bleu de ma lèvre, entre le beige et le noir, la main heureuse de l'enfant.
Si cet ouvrage - par ailleurs très soigné dans sa présentation - vous intéresse, je vous suggère de prendre contact avec son auteur Patrick Tafani, dont l'adresse Internet est mentionnée ci-dessous. Sinon, Le blog de Patrick Tafani - dans les liens permanents de La scie rêveuse - vous permet un accès direct.
Patrick Tafani, Etoiles de terre (L'inaperçu, 2011)
le blog de Patrick Tafani: http://parelie.over-blog.com/
00:03 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, René Char | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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01.01.2012
Morceaux choisis - Yves Bonnefoy
Yves Bonnefoy

Et des mots, tout cela, des mots car, en vérité, mes proches, qu'avant nous d'autre? Des mots qui se recourbent sous notre plume, comme des insectes qu'on tue en masse, des mots avec de grandes échardes, qui nous écorchent, des mots qui prennent feu, brusquement, et il faut écraser ce feu avec nos mains nues, ce n'est pas facile.
Des mots dont les enchevêtrements dissimulent des trous, où nous perdons pied, et glissons, poussant des cris, mais peu importe, notre vie, c'est si peu de la pensée, n croyez-vous pas! Vite, nous nous ressaisissons, nous nous remettons à parler.
Et je vous disais bien, mes quelques compagnons, je vous disais bien, n'est-ce pas, que le jour se lève? Allons, avançons encore, ramassons tous nos voeux, tous nos souvenirs, vous ces cris, ces appels, ces hurlements, ces sanglots, et moi avec vous ces rires, ces grands rires si loin de toutes parts sous ce ciel si bas que nous le touchons de nos mains tendues! Il est évident que le jour se lève, mes amis, évident qu'il déferle sur nous, recolore tout, emporte et disperse tout.
Yves Bonnefoy, L'heure présente (Mercure de France, 2011)
11:33 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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Morceaux choisis - Friedrich Hölderlin
Friedrich Hölderlin

Friedrich Hölderlin, L'hiver Anthologie bilingue de la poésie allemande (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1993)
09:27 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; poésie; livres |
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