02/09/2012
La citation du jour
Henry Miller
Plus l'homme est créateur, plus il est certain de reconnaître son créateur. Ceux qui résistent le plus fortement ne font que prouver plus fortement son existence. Etre pour est aussi courageux que d'être contre; la différence est que celui qui lutte contre a le dos tourné à la lumière. Il combat sa propre ombre. C'est seulement quand ce jeu d'ombres l'épuise, quand il tombe à plat que la lumière, en passant sur lui, lui révèle les splendeurs qu'il avait prises pour des fantômes.
Henry Miller, Le temps des assassins - Essai sur Rimbaud (Denoël, 2000)
09:44 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; essai; morceaux choisis; livres |
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Jack London
Jack London, La route... Les vagabonds du rail (Coll. Libretto/Phébus, 2001)
La route en question, c'est le libre et dur chemin du hobo, ce vagabond sans feu ni lieu qui voyage sur l'essieu des wagons, dort au creux des fossés, mange ce qu'il chaparde, ou ce que lui offrent les bonnes âmes, et ne connaît bien souvent d'autre toit que celui de la prison. Pendant l'année 1893-94, l'auteur - il a alors 18 ans - parcourt de la sorte quelque 20 000 km à travers les États-Unis, à la barbe de la police. Malgré la faim, les dangers, les humiliations. Il en tire un récit à la Chaplin : soulevé de bout en bout par un formidable appétit de vivre, un humour et un culot également désarmants. L'un des plus beaux hymnes jamais dédiés à la jeunesse et à la liberté. Farouche pourfendeur de la monotonie, Jack London se mêle au fil de ces récits aux miséreux, clochards, mendiants et vagabonds qui sillonnent les Etats-Unis. Leçon de vie d’un voyageur sans billet, ces célébrations du moment présent demeurent très actuelles.
publié dans le supplément La bibliothèque idéale des vaudois / 24 Heures
06:26 Écrit par Claude Amstutz dans La bibliothèque idéale des vaudois, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; récit; livres |
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01/09/2012
Morceaux choisis- Jean-Loup Charvet 1b
Testament de l'artiste lyrique Jean-Louis Charvet - décédé le 25 mai 1998 à l'âge de trente-sept ans - L'éloquence des larmes est accompagné d'un CD, avec des oeuvres de Johann Christoph Bach, Michel Lambert, François Couperin, Georg Friedrich Haendel et John Dowland. Ce dernier est choisi ici avec Flow my Tears, interprété par Jean-Louis Charvet et le groupe instrumental La Réjouissance, sous la direction de Stefano Intrieri.
Jean-Loup Charvet, L'éloquence des larmes - Livre/CD (Desclée de Brouwer, 2001)
11:14 Écrit par Claude Amstutz dans Georg Friedrich Haendel, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique |
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Morceaux choisis- Jean-Loup Charvet 1a
Jean-Loup Charvet

Pleurer est une autre manière de voir, d'entendre, de parler, mais aussi et tout simplement d'aimer. (...) On pleure, comme on aime, sans savoir pourquoi ni comment. Nous ne sommes jamais maîtres de nos larmes, mais tenus par le mouvement qu'elles expriment. L'âme ne sait pas pour lors ni comment ni pourquoi elle aime. Elle ne sait ce qu'elle fait ni ce qu'elle dit, mais elle brûle, elle languit, elle meurt (François Malaval). Le sens de nos larmes, celui de notre amour, de nos actes ou de nos pensées nous sont donnés: nous avons à brûler, à languir, à mourir. (...)
C'est quand nous avons cédé sous le poids de la tristesse qu'éclate notre joie. (...) L'énergie interne de la larme est une énergie profondément jubilatoire. Joie, joie, pleurs de joie. Pascal ne professe pas sa foi, il la pleure. Seules les larmes possèdent cette intelligence du coeur pour témoigner de l'extase mystique. Les larmes que Dieu accorde sont mêlées de joie; on les sent couler sans les avoir recherchées (Thérèse d'Avila). Elles coulent presque à côté de nous, nous disent ce qu'elles sont, à distance de notre âme. Elles n'expliquent rien parce qu'elles ne savent rien. Nous ne comprenons pas pourquoi nous pleurons, car nous pleurons quand, précisément, nous cessons de comprendre.
Le sens de la vraie larme est de nous surprendre au-delà de nos logiques. Nous pleurons parfois sans presque nous en rendre compte, au-delà de nos simples sensations. L'âme est comblée d'une si immense tendresse, qu'elle voudrait fondre non de douleur, mais en larmes de joie. Elle s'en trouve baignée sans avoir rien senti, sans savoir quand elle a pleuré, ni comment (Thérèse d'Avila).
Si les larmes sont pour certains les premiers mots de l'enfance, elles ne font pourtant jamais de l'homme qui pleure un enfant: elles le rendent pareil à un enfant. Le langage d'une âme vraiment atteinte fait l'économie de tout discours comme de toute apparition. Car on ne parle pas plus des larmes que du sommeil d'un enfant. Tout juste de son imprécise joie.
Jean-Loup Charvet, L'éloquence des larmes - Livre/CD (Desclée de Brouwer, 2001)
image: Walter Firle (iamachild.wordpress.com)
11:10 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; spiritualité; anthologie; livres |
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31/08/2012
Musica présente - 29 Pierre Boulez
Pierre Boulez
compositeur, pédagogue et chef d'orchestre français, né en 1925
*
Alexander Scriabin
The Poem of Extasy, Op 54
Chicago Symphony Orchestra
08:56 Écrit par Claude Amstutz dans Alexander Scriabin, Musica présente, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique classique |
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Lire les classiques - Jean Richepin
Jean Richepin

Jean Richepin, Les caresses (poesie.webnet.fr)
photo: Robert Doisneau, Mademoiselle Anita
01:12 Écrit par Claude Amstutz dans Lire les classiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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30/08/2012
Prix Edelweiss 2012
Prix Edelweiss 2012 - Deuxième sélection
Editorial de Joëlle Brack, Payot Libraire (extrait)

Lancé en 2007 à l’initiative du magazine féminin romand Edelweiss avec Payot Libraire pour partenaire, le Prix des Lectrices Edelweiss a immédiatement gagné ses lettres de noblesse!
D’un côté, dix femmes, lectrices du magazine Edelweiss mais de bien d’autres choses aussi, qui ont proposé de mettre leur été - voire un peu plus - de lectures à la disposition de la littérature. De l’autre, cinq libraires Payot. Entre eux, Laurence Desbordes, rédactrice en chef d’Edelweiss, et Pascal Vandenberghe, directeur général de Payot Libraire, qui arbitrent les choix et les débats.
C’est une aventure en deux épisodes, comme les histoires trop belles et trop riches pour épuiser leurs charmes en un seul volume. Chaque été, les jurées choisies par le magazine féminin romand Edelweiss dévorent d’abord dix romans francophones séectionnés par les libraires de Payot parmi les nouveautés du début de l’année. Mais de cette première moisson, seuls trois titres passent l’examen, le crible des lectrices étant particulièrement fin et leur soutien – ou désaveu – passionné! C’est ainsi que les trois rescapés auront à faire à une sévère concurrence, celle des mythiques titres de la Rentrée Littéraire...
Les jurées du Prix des Lectrices Edelweiss ont bouquiné tout l’été et retenu les trois ouvrages suivants de la première sélection:
Yasmine Char, Le palais des autres jours (Gallimard)
Raphaël Jérusalmy, Sauver Mozart - Le journal d'Otto J. Steiner (Actes Sud)
Grégoire Delacourt, La liste de mes envies (Lattès)
Trois histoires poignantes dont l’humour et la poésie ne sont pourtant pas absents, et qui du Liban en guerre à Arras en morne crise économique, en passant par le miracle de la musique contre la barbarie nazie, racontent – sur des tons variés – le combat de l’individu contre la fatalité ou l’Histoire : des parties aux dés pipés, mais dont l’issue n’est pas toujours écrite. Un très beau trio de tête!
Dans la marée des nouveautés, les libraires de Payot ont choisi au cours de l'été sept nouveaux potentiels lauréats, constituant - avec les trois titres déjà retenus - la sélection finale, qui débouchera sur l'attribution du Prix des Lectrices 2012, en octobre prochain.
Deuxième sélection
Le second round est donc lancé, avec:
Véronique Olmi, Nous étions faits pour être heureux (Albin Michel)
Quentin Mouron, Notre-Dame-de-la-Merci (Olivier Morattel)
Cécile Guilbert, Réanimation (Grasset)
Francis Dannemark, La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis (Laffont)
Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)
Yannick Grannec, La déesse des petites victoires (Anne Carrière)
Marie-Hélène Lafon, Les pays (Buchet Chastel)
Bonne chance à tous et que le meilleur gagne!
Au cours des éditions précédentes, ont été couronnés: Olivier Adam, A l'abri de rien (L'Olivier, 2007); Claudie Gallay, Les déferlantes (Rouergue, 2008); Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida (Olivier, 2009); Fatou Diome, Celles qui attendent (Flammarion, 2010); Tonino Benacquista, Homo Erectus (Gallimard, 2011).
Vous pouvez retrouver l'ensemble des présentations de ce prix littéraire Edelweiss, sur le site Payot mentionné ci-dessous.
http://www.payot.ch/fr/nosLivres/selections/edelweiss.html
http://www.edelweissmag.ch
00:45 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Littérature suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; romans; livres |
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Morceaux choisis - Marie-Hélène Lafon
Marie-Hélène Lafon

Dans la salle des pas perdus de la gare de Lyon la fille tournoie comme une toupie folle. Elle est jeune, grande, taillée d'une seule pièce, une masse de chair mollement vêtue de bleu qui tournoie dans la nef vide; le tissu pend, la vie pend, la fille mendie dans la grande nef que traversent d'un pas hâtif les voyageurs du dernier train en provenance de Clermont-Ferrand. C'est dimanche soir, retour des vacances de Pâques, dites vacances de printemps. Le lendemain à neuf heures Claire sera devant ses élèves; elle revient, elle va, l'allure est ferme. Dans le sac à dos, léger et chamarré, un saint-nectaire emballé dans un demi-exemplaire de La Montagne, trois livres, et son pantalon de velours vert, tenue de là-bas et d'ici, pour l'intérieur, qui voyage entre les deux pays, avec la clef de la maison. La maison, sa maison, depuis cinq ans, royaume suffisant, pierre ardoise et bois, formule sempiternelle et éprouvée; la sixième saison commence, maison ouverte, jusqu'à la Toussaint.
Elle y retourne pour cinq jours, dans trois semaines; elle a quitté Paris depuis seize jours. La mendiante de la gare de Lyon est devant elle, petit visage pointu planté sur la masse de chair, visage lisse marqué d'enfance écrasée, quelque chose d'effondré vacille dans le regard gris; la jeune chair tremble sous le mauvais tissu et passera la nuit dans les entrailles de la gare. La ville est sans recours. Claire donne un billet, regarde la fille, attrape le regard gris qui hésite; le sourire éclate, dégoupillé, blanc et rose. Claire s'enfonce dans le métro, les couloirs fétides l'avalent, direction Porte de Vincennes, queue de rame, fermeture automatique des portières, ça mugit, les mâchoires de la ville se referment sur elle. (...)
Le trajet est court, quatre stations, elle ne s'assied pas et s'adosse à peine, sans comprimer le saint-nectaire dans le sac à dos; le fromage doit être impeccable pour sa voisine de palier qui s'occupe du courrier en son absence et, en dépit de l'heure tardive, l'attendra, contente de la savoir rentrée, rassérénée de sentir, de l'autre côté du couloir, l'appartement garni, même si on n'entend pas Claire au point que l'on sait à peine qu'elle est là.
Elle respire la ville aimée, sa seconde peau, elle hume le fumet familier qu'elle ne parvient pas tout à fait à démêler; c'est, tout entassé, machine et chair, rouages et sueurs, haleines suries et parfums fatigués sur poussière grasse, c'est animal et minéral à la fois; c'est du côté du sale et elle se coule dans cette glu, elle prend place, s'insère dans le flot. Son pas résolu claque sur le sol dur, ses bottines à lacets et talon bobine sont lustrées comme de petits sabots de cavale d'apparat. La ville s'apprend par le corps et se retrouve par lui, le pas sonne et claque comme il ne saurait le faire sur la terre souple de l'autre pays. Claire, debout, flotte dans le métro du retour et rentre en ses habits citadins. La nuit sera fluide et douceâtre sous les feuillages neufs des marronniers du cours de Vincennes.
Marie-Hélène Lafon, Les pays (Buchet Chastel, 2012)
image: http://sphotos.xx.fbcdn.net/hphotos-ash3/46768
00:09 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; morceaux choisis; livres |
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29/08/2012
Musica présente - 32 Philippe Jaroussky
Philippe Jarrousky
contre-ténor français, né en 1978
*
Georg Friedrich Haendel: "Alessandro Severo" - Ouverture
Geminiano Giacomelli: La Merope - "Sposa non mi conosci"
Geminiano Giacomelli: La Merope - "Dono d'amica sorte"
Antonio Vivaldi: Concerto pour bassonen do majeur, RV 477
Georg Friedrich Haendel: Alcina - "Mi lusinga il dolce affetto"
Antonio Vivaldi: Ercole sul Termodonte "Sento con qual diletto"
Leonardo Leo - Farnace - "Se mi dai morte "
Georg Friedrich Haendel: Ariodante - "Scherza infida"
Antonio Vivaldi: Concerto pour violon en ré mineur, RV 242
Nicola Porpora: Polifemo - "Alto Giove"
(Ensemble Artaserse)
merci à Claudine R
06:54 Écrit par Claude Amstutz dans Antonio Vivaldi, Georg Friedrich Haendel, Musica présente, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : musique classique; facebook |
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Le poème de la semaine
René-Guy Cadou
J'ai toujours habité de grandes maisons tristesAppuyées à la nuit comme un haut vaisselier Des gens s'y reposaient au hasard des voyagesEt moi je m'arrêtais tremblant dans l'escalierHésitant à chercher dans leurs maigres bagagesPeut-être le secret de mon identité Je préférais laisser planer sur moi comme une eau froideLe doute d'être un hommeJe m'aimaisDans la splendeur imaginée d'un végétalD'essence blonde avec des boucles de soleil Ma vie ne commençait qu'au-delà de moi-même Ébruitée doucement par un vol de vanneaux Je m'entendais dans les grelots d'un matin blême Et c'était toujours les mêmes murs à la chauxLa chambre désolée dans sa coquille vide Le lit-cage toujours privé de chants d'oiseaux Mais je m'aimais ah ! je m'aimais comme on élève Au-dessus de ses yeux un enfant de clarté Et loin de moi je savais bien me retrouverEnsoleillé dans les cordages d'un poème Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
06:29 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; poésie |
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