19/08/2012
Morceaux choisis - Marina Tsvetaeva
Marina Tsvetaeva

Marina Tsvetaeva, Mon dernier livre / édition bilingue - 1940 (Cerf, 2012)
traduit du russe par Véronique Lossky
image: lewebpedagogique.com
09:29 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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18/08/2012
Morceaux choisis - Charles-Albert Cingria
Charles-Albert Cingria

Est arrivé dans ma chambre quelque chose comme un avion cette nuit. J'ai réfléchi que cela devait être un de ces noirs insectes énormes attirés par la lumière. Et je n'ai même pas regardé. Ah mais le lendemain quand le soleil déjà cruellement dardait, quelle chose lamentable s'est offerte à ma vue! Oui, c'était bien un démesuré cétoine, le dos renversé, dont les pattes en l'air et bougeant encore au milieu d'un peuple de sales hideuses petites fourmis qui s'acharnaient pour lui ôter le fil de la vie. Et elles paraissaient y réussir - oui réussir cette chose injuste et monstrueuse - lorsque je compris que j'avais un rôle à jouer oui un rôle de géant, de géant de Gulliver. Je pris l'insecte par le dos et le nettoyai sous le robinet. Cette eau dut lui faire du bien après toutes ces brûlures entre les pattes et les plis de la tête et partout. Mais il était à la mort et ce que je faisais était peut-être inutile. Je n'en continuai pas moins, outré contre les fourmis et plein de déférence pour ce noble animal. Et quand je l'eus rendu à sa dignité et remis dans sa position normle et capable de défensive - s'il en avait encore le sens - j'allai le placer sous les branches d'une plante à l'abri du soleil qui l'aurait encore fait souffrir, et je retournai aux fourmis qui étaient encore massées en quantité innombrable à l'endroit où avait commencé de se perpétrer ce hideux drame. J'étais le géant dans Gulliver. J'empoignai mes savates à semelles de caoutchouc et les exterminai toutes. Pas une ne devait subsister, pas une. Cela me prit au moins dix minutes, mais j'y eusse dépensé une heure et plus s'il eût fallu, tant la révolte contre un procédé pareil avait envahi mon âme. Car c'est superbe un de ces coléoptères comme celui-ci, superbe et de grande taille et noble - noble, je le répète - et digne en tout point de compassion et d'extinction de tout autre sentiment devant des circonstances surtout comme celle-là.
Charles-Albert Cingria, Epiphanies - Chronique caniculaire / Oeuvres complètes vol. 2 (L'Age d'Homme, 2012)
21:03 Écrit par Claude Amstutz dans Charles-Albert Cingria, Littérature francophone, Littérature suisse, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; chroniques; morceaux choisis; livres |
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17/08/2012
Morceaux choisis - Ananda Devi
Ananda Devi

Ananda Devi, Le long désir (Gallimard, 2003)
image: Pascal Quelen (photos.linternaute.com)
07:06 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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16/08/2012
Au bar à Jules - De Simenon
Un abécédaire: S comme Simenon

Georges Simenon ressemble à un membre de ma famille. Il me semble l'avoir toujours côtoyé à travers les enquêtes du commissaire Maigret que je dévorais en vacances - haut comme trois pommes - sur les plages italiennes, puis les séries télévisées avec Jean Richard et Bruno Cremer, enfin les films tirés de son oeuvre, avec Albert Préjean, Pierre Renoir, Harry Baur, Jean Gabin et Charles Laughton.
Une autre raison de proximité est liée à mon père qui - autour de la cinquantaine - était surnommé Maigret, avec sa collection de pipes, son pas tranquille, et qui était bien plus à l'aise avec ses proches collaborateurs ou les ouvriers qu'avec la classe dirigeante de son entreprise dont pourtant il faisait partie. Un point de ressemblance avec Simenon? Classes dirigeantes, gentilhommes, personnalités distinguées, classes sociales sont des mots que je hais depuis mon enfance, parce que depuis mon enfance je n'arrive pas à les comprendre. Ou plutôt je ne comprends que trop bien, que même en démocratie, chacun a son rang déterminé qui dépend surtout du bon vouloir du pouvoir.
Plus tard, je me suis passionné pour les autres romans de Simenon et films adaptés de ses livres, dont j'aimais les personnages souvent solitaires ou meurtris envers lesquels l'auteur semblait faire preuve - au contraire des nantis - d'une empathie toute particulière. Parmi les premières lectures, ce furent Le destin des Malou, La neige était sale, L'horloger d'Everton, Le rapport du gendarme et Les demoiselles de Concarneau. Tant d'autres, par la suite parmi lesquels deux titres éclairent l'homme Simenon - déjà présentés dans ces pages -, Pedigree et Les mémoires de Maigret.
A propos de son style si caractéristique, je me souviens d'avoir suivi une série d'entretiens radiophoniques sur France Culture, où Simenon expliquait que, si le lecteur était dès les premières lignes happé par l'intrigue romanesque, l'atmosphère, la progression dramatique, cela provenait de ses débuts d'écrivain dans la presse où il fallait d'emblée captiver et éveiller la curiosité de découvrir la suite du récit, le lendemain. Pas de verbiage inutile chez lui: Pendant l'écriture d'un livre, il s'agit que j'écrive aussi rapidement que possible en y pensant le moins possible, de façon à laisser travailler l'inconscient. Au fond, un roman que j'écrirais consciemment serait probablement très mauvais. Il ne faut pas que l'intelligence intervienne pendant l'écriture du roman.
Je ne me suis intéressé que tardivement à l'homme dont je voulais nuancer le portrait caricatural retenu par le grand public au cours de ses dernières années. Deux images en disent long sur ce vrai Simenon qui transparaît dans ses écrits: L'important, à mes yeux, c'est que je ne suis jamais devenu une grande personne et que mes réactions soient les mêmes que lorsque j'avais moins de quinze ou seize ans. A soixante-dix ans j'agis, je pense, et me comporte comme l'enfant d'Outremeuse.
Et, ailleurs: Si dans mes romans je prends des hommes très quelconques, c'est que pour moi ils représentent davantage l'homme qu'un normalien, un général, un dictateur, un savant, un génie quelconque. Et si mes personnages ratent, c'est que l'homme rate, fatalement. C'est même à mes yeux, le seul drame: la disproportion entre ce que l'homme voudrait, pourrait être, entre ses aspirations et ses possibilités.
Au coeur de l'humain, l'ami Simenon!
Michel Lemoine, Simenon - Ecrire l'homme (coll. Découvertes/Gallimard, 2003)
Pierre Assouline, Simenon (coll. Folio/Gallimard, 1996)
00:31 Écrit par Claude Amstutz dans Au bar à Jules - Un abécédaire 2012, Georges Simenon, Littérature francophone, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; roman: policier; livres |
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15/08/2012
Musica présente - 27 Clara Haskil
Clara Haskil
pianiste roumaine et suisse, 1895-1960
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Wolfgang Amadeus Mozart:
Piano Concerto No 20 in D minor, KV 466 / No 24 in C minor, KV 491 / No 13 in C major, KV 415 (Orchestre des Concerts Lamoureux, Igor Markevitch)
Piano Concerto No 13 in C major, KV 415 / III. Rondo allegro (Festival Strings Lucerne, Rudolf Baumgartner)
Rondo for Piano and Orchestra in A major, K 386 (Wiener Symphoniker, Bernhard Paumgartner)
Piano Concerto No 23 in A major, KV 488 (Wiener Symphoniker, Paul Sacher)
Piano Concerto No 27 in B flat major, KV 595 (Bayerisches Staatsorchester, Ferenc Fricsay)
Variations for piano in C major, KV 265 / Piano Sonata No 10 in C major, KV 330
Variations for piano In D Major, KV 573 / Piano Sonata No 2 in F major, KV 280
Ludwig van Beethoven:
Piano Sonata No 18 in E-flat major, Op 31 / No 17 in D minor, Op 31
Robert Schumann:
Abegg Variations, Op 1 / Kinderszenen, Op 15
Franz Schubert:
Piano Sonata No 21 in B-flat Major, D 960
merci à Sara G
17:19 Écrit par Claude Amstutz dans Clara Haskil, Franz Schubert, Ludwig van Beethoven, Musica présente, Musique classique, Robert Schumann, Wolfgang Amadeus Mozart | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique |
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Le poème de la semaine
Jean-Pierre Schlunegger
Dans un café j'ai mis mon bras sur tes épaules Mon bras mes mainsJ'ai vu tes yeux dans la carafe de vin noirLa groseille du verre illuminait ta joueTu renversais la tête contre le bois La porte s'ouvrait sur des hommesIls apportaient le bruit du lacEt son haleine d'algue en pénétrant ta robeBrouillait aussi tes yeux faisait battre ton coeur Tu m'apportes la nuit du lac sur tes épaulesGalets polis par la paume des vaguesTon corps brun comme un jeune bourgeon de noisetierRespire avec le calme des animaux sages Tes épaules me donnent la nuit du lacTu me donnes le ciel le soleil et la terreEt je repose en toi comme sur l'eau la barque Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
06:46 Écrit par Claude Amstutz dans Jean-Pierre Schlunegger, Littérature francophone, Littérature suisse, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; poésie |
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14/08/2012
La citation du jour
Henri Laborit

D'un ami on n'attend ni morale, ni règlements de manoeuvres, ni principes, ni lois. Ce qu'on demande à un ami, c'est son amitié, et tout le reste on laisse à ses pires ennemis le soin de l'inventer.
Henri Laborit, Eloge de la fuite (coll. Folio Essais/Gallimard, 1989)
image: Henri Laborit (boutique.ina.fr)
08:12 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citation; livres |
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13/08/2012
Lire les classiques - John Keats
John Keats

John Keats, Les Odes (Arfuyen, 2009)
traduit de l'anglais par Alain Suied
image: Jean-Baptiste Perronneau, Mademoiselle Huquier, 1747 (eurocles.com)
11:08 Écrit par Claude Amstutz dans Lire les classiques, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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