15/07/2012
Alberto Savinio
Bloc-Notes, 15 juillet / Genève

Alberto Savinio demeure méconnu auprès du public de langue française. De son vrai nom Andrea Francesco Alberto de Chirico, il naît en 1891 à Athènes et s'éteint à Rome en 1952. Ecrivain, peintre et compositeur italien, il est aussi le frère cadet du peintre Giorgio de Chirico. Auteur d'une trentaine d'ouvrages - dont près de la moitié ont été traduits - citons La boîte à musique (Fayard), L'intensité dramatique de Leopardi (Allia), Apologie du dilettante précédé de Epigrammes de Lucien (Gallimard), Capitaine Ulysse (Bourgois) et enfin Ville j'écoute ton coeur (Gallimard) qui vient de paraître au début de cette année.
Si un seul écrit devait attester de l'injustice faite à la ville de Milan - à laquelle sont toujours préférées Rome, Florence, Venise ou Naples - c'est bien celui-ci, même si à certains égards, ce tableau s'achève en 1943 et témoigne d'un passé révolu. Voyager avec Alberto Savinio s'avère aussi passionnant et instructif qu'en compagnie de Guido Ceronetti - en un autre temps - tout aussi méconnu que lui. Du Museo Poldi Pezzoli à la Pinacoteca di Brera, de la Scala de Milan à la maison rouge où vécut pendant une soixantaine d'années Alessandro Manzoni, c'est en quelque sorte une part infinie de tout le patrimoine et de l'âme italienne qui défile sous nos yeux: Giotto, Piero della Francesca, Gabriele D'Annunzio, Ambroise de Milan, Dante, Pétrarque ou Giuseppe Ungaretti parmi tant d'autres. Mais la qualité de son regard ne se borne pas qu'aux considérations artistiques ou historiques. C'est aussi la poésie et l'atmosphère de la ville qu'il nous restitue, par exemple devant le Dôme: Les mouvements de la foule sur cette place nette obéissaient à un ordre mystérieux, comme ces circuits qui font et défont les cristaux versicolores dans le rond mystérieux du kaléidoscope. Un noyau noir se formait au centre de la place, s'élargissait comme une rose qui s'ouvre à vue d'oeil, elle éclaboussait en étoile comme une tache d'encre mobile, puis se recomposait pour recommencer de nouveau à se décomposer; et ainsi jusqu'au soir, qui parfois tombait tout noir et sans lumière pour en contrecarrer l'obscurité.
Ailleurs, il consacre de superbes pages aux spécialités culinaires, à l'arbre des connaissances, aux poètes, à la pluie et au brouillard de Milan, ainsi qu'à la musique - voir les extraits déjà présentés dans Morceaux choisis, sur La scie rêveuse - dont Giuseppe Verdi - le Garibaldi de la musique - est la figure emblématique, évoquée surtout à travers Falstaff: Tandis que "Parsifal" est encore une peinture à l'huile, souvent de pâte opaque et étendue sur un gras enduit de craie et de colle, "Falstaff" est une détrempe au miel étendue en glacis sur un endroit compact et parfaitement lisse, une peinture sur marbre. A propos de la Traviata, il ose une approche insolite et pourtant fort pertinente: Pour mieux goûter, pour mieux comprendre les airs de "La Traviata", ces maigres papillons d'une soirée sans lendemain, il ne faut pas entendre "La Traviata" au théâtre, mais jouée par les orgues de Barbarie. Parce que "La Traviata" opère avec plus d'émotion dans le souvenir que dans le présent, et que l'orgue de Barbarie est le moulin des souvenirs; parce que l'orgue de Barbarie restitue cette musique de la tristesse citadine à son milieu naturel.
Dans ce merveilleux livre, aux côtés de Friedrich Nietzsche, Francesco Guardi et Isidora Duncan, vous ferez aussi halte à Venise, avant d'ouvrir votre fenêtre sur Padoue - les palmiers de Goethe - Sienne et Vicenza, ville pour promenades au soleil d'hiver. Entretemps Alberto Savinio vous aura invité à la mort de Richard Wagner, entraîné sur les pas de Tite-Live et éveillé à la freddura, dont je vous laisse découvrir la signification profonde au détour de ces pages.
Après la destruction de Milan - pages ajoutées par l'auteur - Alberto Savinio conclut: Je circule parmi les ruines de Milan. Pourquoi cette exaltation en moi? Je devrais être triste, au contraire je fourmille de joie. Je devrais ressasser des pensées de mort, et au contraire des pensées de vie me frappent au front, comme le souffle du plus pur et radieux matin. Pourquoi? Je sens que de cette mort naîtra une nouvelle vie. Je sens que de ces ruines surgira une ville plus forte, plus riche, plus belle. Ce fut alors, Milan, qu'en silence, entre moi et ton coeur, je te fis ma promesse. Revenir à toi. Clore en toi ma vie. Entre tes pierres, sous ton ciel, parmi tes jardins clos...
Ville j'écoute ton coeur est un ouvrage incontournable pour tout esprit curieux de l'intériorité italienne et de son art, outre une invitation à accepter de se laisser séduire par Milan, au plus vite!
Alberto Savinio, Ville j'écoute ton coeur (Gallimard, 2012)
image: Piazza Eleonora Duse, Milano (www.flickr.com)
12:51 Écrit par Claude Amstutz dans Bloc-Notes, Giuseppe Verdi, Guido Ceronetti, Littérature étrangère, Littérature italienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; essai; voyages; livres |
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La citation du jour
Louis Aragon

Il faut bien accepter ce qui nous transfigure, tout orage a son temps, toute haine s'éteint. Le ciel toujours redevient pur, toute nuit fait place au matin.
Louis Aragon, Le roman inachevé (coll. Poésie/Gallimard, 1994)
image: http://lebruitdesvagues.canalblog.com
08:59 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour, Littérature francophone, Louis Aragon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citation; livres |
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14/07/2012
Stef Penney
Stef Penney, La tendresse des loups (Belfond, 2008)
Vous n’oublierez pas de sitôt cet étonnant roman qui vous emmènera au nord du Canada, entre Horseshoe Bay et Vancouver, dans le petit village de Caufield, au milieu du siècle dernier. Un crime atroce y est commis, mais dans la traque de l’assassin, vous découvrirez que la peur qui s’empare des protagonistes n’est pas provoquée par la nature sauvage, capricieuse ou indomptable, mais tient au cœur des hommes, plus terrible que les jeunes loups qui, de loin, observent leur manège… Une magnifique écriture pour cette histoire qui mélange les genres. Vous y trouverez les ingrédients du récit d’aventure – les descriptions des paysages sont extraordinaires – mais aussi ceux de la romance et d’un suspense qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page. Beaucoup de personnages croiseront votre route et même si parfois leur apparition est fugitive, ils font vivre les régions traversées, témoins du temps qui passe, insufflant ainsi une atmosphère encore plus captivante à ce petit chef d’œuvre !
Egalement disponible en coll. 10/18 (UGE, 2010)
03:57 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature: roman; livres |
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Musica présente - 21 Charles Dutoit
Charles Dutoit
chef d'orchestre suisse, né en 1936
*
Gioachino Rossini: The Journey to Reims - Ouverture
Gabriel Fauré: Ballade for Piano and Orchestra, Op 19
Francis Poulenc: Piano Concerto
Camille Saint-Saëns: The Deluge - Prelude, Op 45
Léo Delibes: Sylvia - Ballet Suite
Jacques Offenbach: Orpheus in the Underworld - Ouverture
(Pascal Rogé, Montreal Symphony Orchestra)
03:54 Écrit par Claude Amstutz dans Gabriel Fauré, Musica présente, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique |
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12/07/2012
Morceaux choisis - Joyce Carol Oates
Joyce Carol Oates

Elle est toujours là, toujours là! Elle me rôde dans la tête. Elle était déjà femme à l'âge de douze ans, c'est évident. elle savait tout! Elle savait tout à l'âge de onze ans, de dix ans! Ses yeux de miel, ses cheveux frisés, son doux sourire idiot... Une petite reine des terrains de jeux, provoquant les garçons. Oh! comme j'aimerais remonter dans le temps pour la voir grimper en haut du toboggan, marquer une pause, le regard d'une insolence royale, puis accroupir sa petite personne comme une substance précieuse, et entamer la glissade d'une poussée... Me lever de dessous le toboggan en aigle vengeur, l'oeil narquois, méchant, l'attraper par les jambes quand elle arrive au niveau de cette bosse à mi-pente et la faire valser! Ou bien, mieux encore, renverser l'échafaudage: voir l'énorme chose rouillée tomber très lentement, s'écraser sur elle. Voilà.
Je suis toujours là... Oui, je l'entends roucouler dans ma tête, tandis qu'éveillé la nuit dans mon lit je cherche désespérément comment changer ma vie. Sa vie à elle n'a pas besoin d'être changée. L'autre soir, alors qu'ils m'avaient invité à un dîner aux sphaghetti, elle a dit en plein devant X...: "En Californie, le chiffre des divorces a fini par rattraper celui des mariages. Je pensais au divorce comme ça, à titre théorique. J'imaginais à quel point cela nous remettrait en question, nous obligerait à nous regarder en face, sous un jour cruel..." Mais elle ne faisait que jouer, se jouer de X... Elle ne divorcera jamais de lui. Ni lui d'elle.
Ou bien se jouent-ils tous deux de moi?
De biais, je la vois me sourire. J'ai l'impression qu'elle me fait un clin d'oeil. Mais elle déclare simplement d'un ton innocent: "Alan, reprends donc de la salade. J'ai fait cet assaisonnement exprès pour toi."
Joyce Carol Oates, Corps (Stock, 1973)
traduit de l'américain par Céline Zins
image: Carroll Baker et Eli Wallach / Elia Kazan, Baby Doll (1956)
16:56 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; morceaux choisis; livres |
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Yves Navarre
Yves Navarre, Le temps voulu (Flammarion, 1979 et LGF, 1983 - épuisés)
Ce roman est l'histoire d'un coup de foudre entre Pierre Forgue, un professeur de lettres, et Daniel Carbon dit Duck, un jeune homme dont le coeur est trop grand pour habiter celui d'un seul homme. Le temps voulu est celui de l'espoir, de l'attente, de la rupture, de l'absence, thèmes chers à son auteur et abordés avec une sensibilité poignante. Sur le plan de l'écriture, le roman le plus abouti d'Yves Navarre.
Quand ça arrive, en fait, on ne s'y attend pas. On n'attend plus. Un petit moment d'étourderie, et quelqu'un entre dans votre vie, bouscule, caresse, attaque, prend place. Avant même que tout commence, c'est déjà trop tard. On ne sait pas qui choisit qui, quand, comment, pourquoi. On ne le sait qu'après, quand tout est terminé, l'un rejetant sur l'autre toute la responsabilité, et inversement. Et si je te raconte l'histoire du jeune homme de l'été dernier, ce ne sera pas pour l'accabler. Ce que nous avons vécu, ensemble, un temps, est accablant, vivant, exaltant, blessant, dérisoire. Je dois aller jusqu'au bout de cette histoire. Non pour m'en défaire mais pour la porter, comme un habit neuf, pour les jours à venir. (Yves Navarre, Le temps voulu)
à nouveau disponible (Editions H & O, 2010)
07:34 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Yves Navarre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres |
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11/07/2012
Le poème de la semaine
Henri Michaux
Je peux rarement voir quelqu'un sans le battre. D'autres préfèrent le monologue intérieur. Moi non.J'aime mieux battre.Il y a des gensqui s'assoient en face de moi au restaurantet ne disent rien,ils restent un certain temps,car ils ont décidé de manger.En voici un.Je te l'agrippe, toc.Je te le ragrippe, toc.Je le pends au portemanteau.Je le décroche.Je le repends.Je le décroche.Je le mets sur la table, je le tasse et l'étouffe.Je le salis, je l'inonde.Il revit.Je le rince, je l'étire(je commence à m'énerver, il faut en finir),je le masse, je le serre, je le résumeet l'introduis dans mon verre,et jette ostensiblement le contenu par terre,et dis au garçon: Mettez-moi donc un verre plus propre... Mais je me sens mal,je règle promptement l'addition et je m'en vaisQuelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
08:55 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie |
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Morceaux choisis - George Steiner
George Steiner

C'est dans et au travers de la musique que nous sommes le plus immédiatement en présence de cette énergie que la logique et la parole ne peuvent exprimer, mais qui n'en est pas moins parfaitement tangible, énergie de l'être qui communique à nos sens et à notre réflexion le peu que nous pouvons comprendre du mystère total de la vie. Je considère la musique comme la nomination de la nomination de la vie. Il s'agit, au-delà de toute spécificité liturgique ou théologique, d'un mouvement sacramentel.
Ce que tout être humain qu'émeut la musique, pour qui la musique est vivifiante, peut en dire ne relève que de la platitude. La musique signifie. Elle regorge de significations qui ne sauraient se traduire dans des structures logiques ni dans les mots. Dans la musique, la forme est le contenu, et le contenu la forme. La musique est en même temps cérébrale au degré le plus élevé - je répète que les énergies et les relations de formes qu'implique l'exécution d'un quatuor, les interactions entre voix et instrument, font partie des faits les plus complexes auxquels l'homme ait à faire face - et en même temps somatique, charnelle, à la recherche de résonances dans notre corps situées à des niveaux plus profonds que la volonté ou la conscience.
George Steiner, Réelles présences - Les arts du sens (coll. Folio Essais/Gallimard, 1994)
01:08 Écrit par Claude Amstutz dans George Steiner, Littérature étrangère, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; essai; morceaux choisis; livres |
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10/07/2012
Au bar à Jules - De Liszt 1b
Un abécédaire: L comme Liszt
Voici la version pour piano seul - plus saisissante que celle pour piano et orchestre - du célèbre Totentanz / Danse funèbre S 126 de Franz Liszt, interprété par Valentina Lisitsa.
18:00 Écrit par Claude Amstutz dans Au bar à Jules - Un abécédaire 2012, Franz Schubert, Musique classique, Valentina Lisitsa | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique classique |
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Au bar à Jules - De Liszt 1a
Un abécédaire: L comme Liszt

Ce n'est pas un hasard, si aujourd'hui sur La scie rêveuse - entre La musique sur FB, Musique classique, Musica présente et autres illustrations musicales - vous pouvez trouver 47 extraits ou oeuvres complètes de Franz Liszt, car ce dernier, aux côtés de Wolfgang Amadeus Mozart et de Jean Sébastien Bach, remporterait parmi mes compositeurs préférés la palme d'or, d'une très courte tête.
Pourquoi donc? Je pourrais citer de mémoire - en miroir de ses phases de vie parfois tumultueuses - le répertoire extrêmement riche et varié de ses compositions, des Concertos pour piano à Via Crucis, de la Sonate pour piano aux Rhapsodies hongroises, des Années de pélerinage au Rosario pour orgue, sans oublier les célèbres Harmonies poétiques et religieuses, les Rêves d'amour, les variations sur le Salve Regina, ainsi que ses Lieder et les multiples transcriptions de Schubert, Beethoven, Wagner, Donizetti, Verdi, Bellini, Gounod ou Berlioz. Mais tout cela ne suffit à le hisser au sommet de mon panthéon. Il y a autre chose...
Dans chacune de ses notes, j'y lis l'immobilité et le mouvement, l'humilité et l'excès, la décomposition et le renaissance; ça sent le soufre - souvent - comme sur une terre volcanique, où tout est voué à l'anéantissement et renaît pourtant de ses cendres; tout respire la création, la fécondité, les orages intimes, le feu intérieur, la séduction, le mystère, la dissonance et, au bout du compte, un sentiment de paix rejoignant les origines. Aucun compositeur - hormis Hector Berlioz - n'aura autant révolutionné la musique en son temps. Dans les oeuvres de la plupart des compositeurs de génie alternent la tristesse et la joie, l'angoisse et l'apaisement, les forces de la vie et celles de la mort. Chez lui au contraire, ces expressions du coeur humain sont simultanées: une phrase musicale peut contenir à elle seule toutes ces pulsions de l'être. Et c'est là, dans ce souffle obscur et salvateur, que se dessine une parenté bouleversante qui fait la différence.
Le Totentanz - Danse macabre - en est sans doute la plus belle des illustrations. A ce jour, elle est mon oeuvre préférée de Franz Liszt. En annexe, vous pouvez écouter cette oeuvre et comprendre ce que je cherche à exprimer avec un vocabulaire limité, bien au-dessous de son inégalable talent.
Et si nous valions mieux que le bonheur? dit Franz Liszt, lui dont la vie fut tout entière vouée à l'Amour...
Liste des oeuvres de Franz Liszt:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_œuvres_de_Franz_Liszt_(S1_à_S350)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_œuvres_de_Franz_Liszt_(S351_à_S999)
18:00 Écrit par Claude Amstutz dans Au bar à Jules - Un abécédaire 2012, Franz Liszt, Franz Schubert, Hector Berlioz, Jean Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven, Musique classique, Richard Wagner, Wolfgang Amadeus Mozart | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; musique; livres |
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