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18/01/2015

La musique sur FB - 2209 S.Rachmaninov

Serge Rachmaninov

Georgian Song No 4, Op 4

(arr. Giuseppe Devastato)

 

Roberto Piana


01:15 Écrit par Claude Amstutz dans La musique sur Facebook, Musique classique, Serge Rachmaninov | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | | |

17/01/2015

La citation du jour

Charles Ferdinand Ramuz

 

15_ramuz.jpg

Quand la récolte est bonne, elles sont pleines de gaieté et on les entend rire sous le fichu de couleur qu'elles se nouent autour de la tête. Elles vont, baissées, cueillant à droite, cueillant à gauche, ayant chacune une double rangée de ceps. Les hommes portent le raisin foulé à la bossette qui attend sur le chemin; ils passent entre les rangées déjà cueillies; et gare à celle qui a oublié une grappe. Un baiser par grappe oubliée, un baiser, c'est la punition! Les méchantes langues disent qu'il y en a, parmi les filles, qui font exprès d'oublier un grappillon, et que ça dépend du garçon.

Charles Ferdinand Ramuz, L'année vigneronne (Séquences, 1988) 

00:13 Écrit par Claude Amstutz dans Charles Ferdinand Ramuz, La citation du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : auteurs; citations; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

16/01/2015

Morceaux choisis - Pietro Metastasio

Pietro Metastasio

Nocturne_Turner.jpg

Pourquoi, si tu es mienne,
Pourquoi, si je suis rien,
Pourquoi craindre, ô mon bien,
Qu'un jour je ne revienne?
 
Pour qui changer mes chaînes,
Pour qui changer mes liens,
Mon coeur, si tu possèdes
Ce coeur, qui n'est plus mien?
 

Pietro Metastasio, Anthologie bilingue de la poésie italienne, Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard, 1994)

image: J.M.W. Turner - Nocturne (jamesattlee.com)

09:39 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

La musique sur FB - 2208 J.S.Bach

Jean Sébastien bach

Brandeburg Concerto No 3 in G major, BWV 1048

 

Freiburger Barockorchester


00:01 Écrit par Claude Amstutz dans Jean Sébastien Bach, La musique sur Facebook, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook | |  Imprimer |  Facebook | | |

15/01/2015

La citation du jour

Virginia Woolf

Virginia Woolf.jpg

La demeure possédait sa bibliothèque, une longue salle basse de plafond, tapissée de minces opuscules patinés, d'in-folio et de gros volumes de théologie. Les étagères étaient sculptées d'oiseaux picorant des grappes de fruits en bois... J'aimais cette pièce. J'aimais la vue sur la campagne qu'on avait de la fenêtre et la ligne bleue entre les arbres, au-delà de la lande, était celle de la mer du Nord. J'aimais y lire. On tirait le fauteuil pâle près de l'embrasure de façon que la lumière vienne éclairer la page par-dessus l'épaule.

Virginia Woolf, L'écrivain et la vie (coll. Rivages/Poche, 2008)

12:36 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auteurs; citations; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

La musique sur FB - 2207 G.M.Monn

Georg Mathias Monn

Sinfonia in G major

 

L'Arpa Festante

Michi Gaigg


01:22 Écrit par Claude Amstutz dans La musique sur Facebook, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook | |  Imprimer |  Facebook | | |

14/01/2015

Le poème de la semaine

Paul Eluard

 

Dans le château des pauvres je n’ai pu t’offrir

Que de dire ton cœur comme je dis mon cœur

Sans ombre de douleur sans ombre de racines

En enfant frère des enfants qui renaîtront

Toujours pour confirmer notre amour et l’amour

 

Le long effort des hommes vers leur cohésion

Cette chaîne qui sort de la géhenne ancienne

Est soudée à l’or pur au feu de la franchise

Elle respire elle voit clair et ses maillons

Sont tous des yeux ouverts que l’espoir égalise

 

La vérité fait notre joie écoute-moi

Je n’ai plus rien à te cacher tu dois me voir

Tel que je suis plus faible et plus fort que les autres

Plus fort tenant ta main plus faible pour les autres

Mais j’avoue et c’est là la raison de me croire

 

J’avoue je viens de loin et j’en reste éprouvé

Il y a des moments où je renonce à tout

Sans raisons simplement parce que la fatigue

M’entraîne jusqu’au fond des brumes du passé

Et mon soleil se cache et mon ombre s’étend

 

Vois-tu je ne suis pas tout à fait innocent

Et malgré moi malgré colères et refus

Je représente un monde accablant corrompu

L’eau de mes jours n’a pas toujours été changée

Je n’ai pas toujours pu me soustraire à la vase

 

Mes mains et ma pensée ont été obligées

Trop souvent de se refermer sur le hasard

Je me suis trop souvent laissé aller et vivre

Comme un miroir éteint faute de recevoir

Suffisamment d’images et de passions

Pour accroître le poids de ma réflexion

 

 Il me fallait rêver sans ordre et sans logique

Sans savoir sans mémoire pour ne pas vieillir

Mais ce que j’ai souffert de ne pouvoir déduire

L’avenir de mon cœur fugitif dis-le toi

Toi qui sais comment j’ai tenté de m’associer

A l’espoir harmonieux d’un bonheur assuré

 

Dis-le toi la raison la plus belle à mes yeux

Ma quotidienne bien-aimée ma bien-aimante

Faut-il que je ressente ou faut-il que j’invente

Le moment du printemps le cloître de l’été

Pour me sentir capable de te rendre heureuse

Au cœur fou de la foule et seule à mes côtés

 

Nul de nous deux n’a peur du lendemain dis-tu

Notre cœur est gonflé de graines éclatées

Et nous saurons manger le fruit de la vertu

Sa neige se dissipe en lumières sucrées

Nous le reproduirons comme il nous a conçus

Chacun sur un versant du jour vers le sommet

 

Oui c’est pour aujourd’hui que je t’aime ma belle

Le présent pèse sur nous deux et nous soulève

Mieux que le ciel soulève un oiseau vent debout

C’est aujourd’hui qu’est née la joie et je marie

La courbe de la vague à l’aile d’un sourire

C’est aujourd’hui que le présent est éternel

 

Je n’ai aucune idée de ce que tu mérites

Sauf d’être aimée et bien aimée au fond des âges

Ma limite et mon infini dans ce minuit

Qui nous a confondus pour la vie à jamais

En nous abandonnant nous étions davantage

 

Ce minuit-là nous fûmes les enfants d’hier

Sortant de leur enfance en se tenant la main

Nous nous étions trouvés retrouvés reconnus

Et le matin bonjour dîmes-nous à la vie

A notre vie ancienne et future et commune

 

A tout ce que le temps nous infuse de force 

 

 

Quelques traces de craie dans le ciel,

Anthologie poétique francophone du XXe siècle

00:04 Écrit par Claude Amstutz dans Paul Eluard, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | | |

13/01/2015

Morceaux choisis - Borisav Stankovic

Borisav Stankovic

littérature; roman; livres

C'était au crépuscule. J'avais ouvert les deux fenêtres de la chambre d'amis; assis, je lisais un roman. La lumière passait par les fenêtres et éclairait tout distinctement. Tu es entrée subitement. Tu t'es approchée de moi et de ton coude gauche tu as pris appui sur mon épaule, tandis que de la main droite tu feuilletais le livre que je lisais.

" Tu lis? " m'as-tu demandé en te penchant pour voir ce que je lisais.

Mon regard est tombé par hasard sur ta main et j'ai tressailli à sa vue, car elle était devenue arrondie et encore plus belle. J'ai regardé plus loin et j'ai vu la rondeur de tes bras qui était bien mise en évidence par ton gilet. Puis mes yeux se sont posés sur ton visage, et c'est sulement là que je me suis rendu compte qu'il était plein, clair et transparent; que ton cou n'avait plus de duvet; que ton menton s'était arrondi, rempli, tandis que tes pommettes avaient pris de tendres couleurs. Tes épaules aussi s'étaient arrondies; ta petite poitrine était plus marquée, elle s'était développée; ta taille était devenue fine et bien dessinée. Tu dégageais de la chaleur, de la douceur, et un étrange parfum que jamais plus je n'ai senti durant ma vie.

" Pourquoi me regardes-tu comme cela? " m'as-tu demandé, étonnée.

" Comme ça! " Mes joues pâles et sèches s'étaient empourprées. J'ai tendu mon bras et je t'ai prise par la taille tandis que tu essayais de te dégager en riant de bon coeur.

" Arrête, tu me chatouilles! "

Mes jambes commençaient à trembler. Je t'ai attirée plus fort contre moi alors que tu essayais de reculer; tout en te laissant faire, tu t'es penchée vers moi en chuchotant:

" Mais qu'est-ce que tu veux? "

" Rien! " Puis je t'ai attirée fortement de sorte que ta tête s'est trouvée collée contre la mienne. Ton corps pesait de tout son poids contre le mien. Je t'ai serrée encore plus fort. J'ai voulu tourner ma tête et nos joues se sont frôlées. Sentant mon souffle chaud, tu tremblais en te laissant aller mais soudain tu t'es ressaisie et tu as sauté sur tes jambes.

" Ouf? "

" Attends! " Et je me suis approché vers toi. Les bras levés, tu me regardais stupéfaite, les yeux grands ouverts. Ton visage était étrangement enflammé et illuminé alors que tes yeux s'étaient assombris et s'étaient couverts d'un voile humide. Je me suis dirigé vers toi, mais tu m'as froidement repoussé en t'écriant: " Non! " et tu t'es enfuie.

Depuis ce jour-là, tu avais changé du tout au tout. Rien que ta démarche était plus prudente et plus molle. Les contours de tes formes arrondies devenaient plus doux et plus sensuels, ton visage devenait plus expressif, tes lèvres plus rouges et leurs contours plus foncés et plus marqués.

Nous nous voyions quand même, et tous les jours, mais tu ne m'approchais plus aussi librement qu'avant! Tu évitais de te retrouver seule avec moi. Comme si je te faisais peur. Nos caresses et nos mots doux avaient cessé. Ton visage devenait souvent mélancolique. Je te surprenais souvent, alors que tu balayais notre cour, debout, appuyée contre un poteau, le balai par terre et la tête baissée pendant que tu essuyais ton front et que tu arrangeais tes cheveux, doucement, péniblement. Tes lèvres étaient crispées et on devinait une envie de pleurer plutôt que de rire.

Borisav Stankovic, La rose fanée (L'Age d'Homme, 2001) 

00:10 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

12/01/2015

La citation du jour

 

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Jean de La Bruyère

L'on me dit tant de mal de cet homme, et j'y en vois si peu, que je commence à soupçonner qu'il n'ait un mérite importun qui éteigne celui des autres.

Jean de La Bruyère, Les Caractères ou les Moeurs de ce siècle (coll. Folio/Gallimard, 1975)

00:08 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citations; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |