23.01.2011

La citation du jour

Thomas Merton

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Ceux qui aiment le bruit qu'ils font ne peuvent supporter autre chose. Ils déshonorent constamment le silence des forêts, des montagnes et de la mer. Avec leurs machines, ils vrillent de tous côtés la nature silencieuse, de peur qu'un monde calme ne les accuse d'être vides. Leurs gestes pressés, qui prétendent avoir une raison d'être, semblent ignorer la tranquillité de la nature. L'avion géant semble un instant, par sa trajectoire, son vacarme et son apparente puissance, nier la réalité des nuages et du ciel. Mais, l'avion disparu, le silence du ciel demeure, et la tranquillité des nuages lorsqu'il se sera brisé. C'est le silence du monde qui est réel. Notre tumulte, nos affaires, nos projets et toutes nos déclarations prétentieuses à ce sujet sont des illusions. (...) Que la maison soit vide ou pleine d'enfants, que les hommes partent à la ville ou aux champs sur des tracteurs, que le paquebot entre au port avec des soldats ou des touristes, l'amandier fleurit en silence. 

Thomas Merton, Nul n'est une île (Seuil, 1956)

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17.12.2010

La citation du jour

Jean-Michel Maulpoix

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Je voudrais respirer les mots comme on respire le parfum des fleurs. Les cueillir sur le papier et les disposer en bouquets dans des vases si transparents qu'on en oublierait l'eau. Alors on se prendrait à croire que ces mots-fleurs coupés se tiennent debout tout seuls... Le livre dont je rêve, ce serait cela: un bouquet de fleurs parfumées plantées dans une eau invisible. Une sorte de miracle. Comme on en rencontre précisément dans les livres. Des fleurs sans histoire et sans ombre. Et pourquoi pas sans tiges, suspendues comme des étoiles au ciel. Ou comme des papillons.

Jean-Michel Maulpoix, Journal d'un enfant sage (Mercure de France, 2010)

28.11.2010

La citation du jour

Jean-Pierre Spilmont 

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Décembre en nous. En moi. Un temps où il faudrait entrer dans le sommeil des arrière-saisons pour n'oublier ni la mer, ni les dunes, ni ce territoire du ciel déchiré par le vent. Je vous écris de loin. Sur ce voile de vie encore blanche. Il neige autour de nous et rien ne bouge, ici, que la cime imperceptible du temps. Mais la lumière ne s'éteint pas, ni le battement qui sourd au fond de l'être, ni les appels montés de la terre attentive, ni le frémissement de l'arbre que je porte en moi. Je cherche un mot pour vous rejoindre. Un signe. Rien. Presque rien que la chaleur fragile d'un corps qui traverse la nuit. La chair du temps. Et peu, si peu de gestes pour l'atteindre.

Jean-Pierre Spilmont, Soleils nomades (La Passe du Vent, 2001)

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20.11.2010

La citation du jour

Graham Greene

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Vous essayer de tout attirer dans les rets de votre foi, mon père, mais vous ne pouvez accaparer toutes les vertus. La douceur n'est pas chrétienne, l'abnégation n'est pas chrétienne, la charité ne l'est pas, le remords non plus. Je suppose que l'homme des cavernes pleurait en voyant couler les larmes de son voisin. N'avez-vous jamais vu pleurer un chien? Dans le dernier refroidissement de la terre, quand le vide de votre croyance sera enfin dévoilé, il restera toujours quelque imbécile, à l'esprit obnubilé, qui couvrira de son corps un autre homme afin de lui procurer la chaleur nécessaire pour vivre une heure de plus.

Graham Greene,La saison des pluies (Robert Laffont, 1977)

 

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01.11.2010

La citation du jour

Alain

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Plus d'un homme, en cette saison, va évoquer les ombres et leur parler. (...) Regardez bien, écoutez bien: les morts veulent vivre; Ils veulent vivre en vous; ils veulent que votre vie développe richement ce qu'ils ont voulu. Ainsi les tombeaux nous renvoient à la vie. Ainsi notre pensée bondit joyeusement par-dessus le prochain hiver, jusqu'au prochain printemps et jusqu'aux premières feuilles. J'ai regardé hier une tige de lilas dont les feuilles allaient tomber, et j'y ai vu des bourgeons.

Alain, Propos sur le bonheur (Coll. Folio Essais/Gallimard, 1985)

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23.10.2010

La citation du jour

Lewis Carroll

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Alice était en train de se demander (dans la mesure du possible, car la chaleur qui régnait ce jour-là lui engourdissait quelque peu l'esprit) si le plaisir de tresser une guirlande de pâquerettes valait la peine de se lever pour aller cueillir les pâquerettes, quand soudain un Lapin Blanc aux yeux roses vint à passer auprès d'elle en courant. Il n'y avait là rien de particulièrement extraordinaire d'entendre le Lapin dire entre ses dents : "Oh, là là ! Oh, là là ! je vais être en retard !" (Lorsqu'elle y repensa par la suite, elle admit qu'elle eu dû s'en étonner, mais, sur le moment, cela lui parut tout à fait naturel) ; pourtant, quand le Lapin s'avisa de tirer de son gousset une montre, de consulter cette montre, puis de se remettre à courir de plus belle, Alice se dressa d'un bond, car l'idée lui était tout à coup venue qu'elle n'avait jamais vu de lapin pourvu d'un gousset, ou d'une montre à tirer de celui-ci. Brûlant de curiosité, elle s'élança à travers champs à la poursuite de l'animal, et elle eut la chance de le voir s'engouffrer dans un large terrier qui s'ouvrait sous la haie.

Lewis Carroll, Tout Alice (coll. GF/Flammarion, 2006)

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10.10.2010

La citation du jour

Charles Ferdinand Ramuz

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Quand la récolte est bonne, elles sont pleines de gaieté et on les entend rire sous le fichu de couleur qu'elles se nouent autour de la tête. Elles vont, baissées, cueillant à droite, cueillant à gauche, ayant chacune une double rangée de ceps. Les hommes portent le raisin foulé à la bossette qui attend sur le chemin; ils passent entre les rangées déjà cueillies; et gare à celle qui a oublié une grappe. Un baiser par grappe oubliée, un baiser, c'est la punition! Les méchantes langues disent qu'il y en a, parmi les filles, qui font exprès d'oublier un grappillon, et que ça dépend du garçon.

Charles Ferdinand Ramuz, L'année vigneronne (Séquences, 1988) 

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03.10.2010

Laurent Terzieff 1b

Bloc-Notes, 3 octobre / Les Saules

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Voici quelques extraits de Seul avec tous. Il y manque - hélas - la voix, la douceur et la respiration de Laurent Terzieff...

Le passé est un avenir qui n'a pas tenu ses promesses.

*

La condition humaine, c'est de choisir dans l'ignorance, et c'est d'ailleurs ce qui rend possible les valeurs morales. Où serait le courage, où la responsabilité et la solidarité, si tout était clair et déterminé, si on savait ce que nous réserve l'Histoire?

*

Il n'est pas bon pour l'artiste de mettre des barrages, d'être protégé par des certitudes. Bien sûr, tout le monde tend naturellement à la clarté, rêve d'un monde globalement expliqué. Mais on n'a pas les clefs de l'existence. Et l'artiste, comme le savant, progresse en découvrant sans cesse davantage l'étendue de son ignorance.

*

Les loups me passionnent par-dessus tout. Il se dégage d'eux la force de l'indompté. On ne peut rien en faire. C'est ce que j'ai vu de plus sauvage. De plus irréductible.

*

On ne devient pas libre en passant par le compromis.

*

Je refuse de faire partie de la race des seigneurs qui écrase les petits, mais tout autant de la race des signeurs, qui pétitionne à tout va.

*

Je lui dois tout! Mon amour du théâtre, de ce théâtre visionnaire que j'étais fait pour aimer, le respect du texte, l'engagement au service d'auteurs inconnus (...) Je le voyais comme un éternel jeune homme avec une mystique de rebelle. Personne n'a incarné comme lui le refus du compromis. (sur Roger Blin)

*

Aucun ne pousse aussi loin le besoin fou de l'amour, la haine de la contingence, le dégoût et l'éblouissement devant la vie. (sur Oscar Venceslas de Lubicz-Milocz)

*

Il suffit de quelques phrases pour vous réconcilier avec l'humanité. (...) Il n'écrase jamais personne. Un des miracles de Tchehov, c'est de rendre les médiocres fraternels. (sur Anton Tchekhov) 

*

Eloquence négative fondée sur l'élimination du sens, la neutralité affective, l'apparente et massive banalité du constat. (...) Une tragédie où il ne se passe rien, où les acteurs n'ont pas appris leur texte, d'ailleurs il n'y a pas de texte. On a planté le décor, le metteur en scène n'est pas venu, ni l'auteur, ni le public. (sur Edward Hopper)

*

Il aura été le dernier pour moi à faire entendre la beauté en tant que produit pur du langage. (...) Il est le seul à me faire poser cette question: La poésie française a-t-elle eu raison d'abandonner la rime? (sur Louis Aragon)

*

Il réunit dans un même amour les forces de conservation et de destruction, tout ce qui illustre le passage de l'homme sur terre: l'ordre, la révolte, le bruit et la fureur, la tendresse et la douceur, la force maîtrisée. (...) Pas un, à mon avis, ne l'égale en France, aucun poète de la scène n'atteint cette luxuriance poétique et son souffle colossal. (sur Paul Claudel)

*

Dans la poésie, l'homme cherche cet autre qui gît dans le coeur de son coeur, plus lui-même que lui, et pourtant inconnu, le moi profond de son être, de son âme humaine, et en même temps tout ce qui vaut la peine de vivre pour lui tend vers un seul but: dépasser les frontières de son moi personnel, crever l'opacité de sa peau qui le sépare du monde.

Laurent Terzieff, Seul avec tous (Presses de la Renaissance, 2010) 

28.09.2010

La citation du jour

Sylvie Germain

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Elle est la peau du temps; du temps qui passe et glisse et disparaît, et sans cesse s'avance dans la clarté du jour, et sans cesse s'efface dans l'ombre, dans la brume, s'enfonce dans la nuit puis resurgit au jour. Elle est le mystérieux frisson qui parcourt la peau du temps, la fait trembler. Un frisson de fatigue, d'émoi, de tendresse ou de peine. Mais jamais de colère. Non, jamais lors de ses apparitions, il n'y eut en elle, autour d'elle, la moindre vibration de violence. Elle est la peau du temps, du temps des hommes. La tendre et vulnérable peau du visage et du corps des humains. La peau du coeur humain. Elle est l'infiniment doux frisson de compassion qui parcourt cette peau vaste comme le monde et longue comme l'histoire. Peut-être est-elle l'écho lointain de la pitié de Dieu. Cette pitié immense, immense et incessante qui parcourt le monde en suppliant qu'on la reçoive, qu'on écoute sa plainte. Cette pitié manante qui traverse l'histoire en boitant sous le fracas sans cesse recommencé des guerres, des crimes, de tout le sang versé. Mais on la chasse de partout, on ne sait qu'alourdir le poids de sa douleur, le poids de l'ombre et du sang et des larmes dans les plis de sa robe en haillons. Elle ne se lasse cependant pas d'en appeler à chacun, à tous.

Sylvie Germain, La pleurante des rues de Prague (Gallimard, 1992)

 

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14.08.2010

La citation du jour

Oscar Wilde

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Quand les gens nous parlent d'autrui, ils sont généralement ennuyeux. Quand ils nous parlent d'eux-mêmes, ils sont presque toujours intéressants, et si l'on parvenait à les faire taire, quand ils commencent à devenir lassants, aussi facilement qu'on peut faire taire un livre que l'on a plus envie de lire, ils seraient tout à fait parfaits.

Oscar Wilde, La critique en tant qu'artiste - Aphorismes (coll. poche/Arléa, 2008)

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05.08.2010

La citation du jour

J.M.G. Le Clézio

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Les mots ne veulent pas détruire ce qu'il y a devant nos yeux. Ils répondent aux autres mots, aux vrais mots originels, qui sont dits par la voix du monde. Souvent on parle d'histoire, de mythe, de théâtre. Bien sûr... Mais chaque instant de la vie réelle est plus grand, plus émouvant, plus plein de langage, comme si ces mots et ces images n'étaient que les échos des discours véridiques émis par les montagnes, les fleuves, les forêts, les vents, les orages.

J.M.G. Le Clézio, L'inconnu sur la terre (coll. Imaginaire/Gallimard, 1999)

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31.07.2010

La citation du jour

Virginia Woolf

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La demeure possédait sa bibliothèque, une longue salle basse de plafond, tapissée de minces opuscules patinés, d'in-folio et de gros volumes de théologie. Les étagères étaient sculptées d'oiseaux picorant des grappes de fruits en bois... J'aimais cette pièce. J'aimais la vue sur la campagne qu'on avait de la fenêtre et la ligne bleue entre les arbres, au-delà de la lande, était celle de la mer du Nord. J'aimais y lire. On tirait le fauteuil pâle près de l'embrasure de façon que la lumière vienne éclairer la page par-dessus l'épaule.

Virginia Woolf, L'écrivain et la vie (coll. Rivages/Poche, 2008)

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03.06.2010

La citation du jour

Katherine Pancol

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Si on n’a pas de rêves, on n’est rien que de pauvres humains avec des bras sans force, des jambes qui courent sans but, une bouche qui avale de l’air, des yeux vides. Le rêve, c’est ce qui nous rapproche de Dieu, des étoiles, ce qui nous rend plus grand, plus beau, unique au monde… C’est si petit, un homme sans rêves. Si petit, si inutile… Un homme qui n’a que le quotidien, que la réalité du quotidien, cela fait peine à voir. C’est comme un arbre sans feuilles. Il faut mettre des feuilles sur les arbres. Leur coller plein de feuilles pour que ça fasse un grand et bel arbre. Et tant pis s’il y a des feuilles qui tombent, on en remet d’autres. Encore et encore, sans se décourager… C’est dans le rêve que respirent les âmes. Dans le rêve que se glisse la grandeur de l’homme. Aujourd’hui on ne respire plus, on suffoque. Le rêve, on l’a supprimé, comme on a supprimé l’âme et le Ciel…

Katherine Pancol, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi (Albin Michel, 2010)

Image: sur http://www.voyagesphotosmanu.com/ecureuil_roux.html

07.05.2010

La citation du jour

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Stig Dagerman

Tout ce qui m'arrive d'important et tout ce qui donne un sens à ma vie son merveilleux contenu: la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l'on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l'espace d'une seconde ou l'espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Actes Sud, 1989)

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29.04.2010

La citation du jour

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H.B. dit Stendhal

Toujours un petit doute à calmer, voilà ce qui fait la soif de tous les instants, voilà ce qui fait la vie de l'amour heureux. Comme la crainte ne l'abandonne jamais, ses plaisirs ne peuvent jamais ennuyer.

H.B. dit Stendhal, De l'amour (Coll. Garnier-Flammarion, 1965)

19.04.2010

La citation du jour

 

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Hermann Hesse

J'ose affirmer qu'on lit trop et que cet excès de lecture ne fait pas honneur à la littérature; il lui est même nuisible. Les livres ne sont pas faits pour rendre les gens dépendants plus dépendants encore, et encore moins pour fournir à bon compte une vie illusoire à ceux qui ne savent pas quoi faire de la leur. Les livres, au contraire, n'ont de valeur que s'ils mènent à la vie, que s'ils sont utiles, au service de l'existence. Si elle n'éveille pas chez le lecteur une étincelle d'énergie, un soupçon de rajeunissement, un souffle de fraîcheur, toute heure passée à lire est une heure perdue.

Hermann Hesse, Une bibliothèque idéale (Rivages, 2010)

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28.03.2010

La citation du jour

 

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Friedrich Nietzsche

Ce qu'on fait par amour s'accomplit toujours par-delà le bien et le mal.

Par-delà le bien et le mal (Coll. Folio Essais/Gallimard, 2007)

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23.03.2010

La citation du jour

 

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André Malraux

"Qu'est-ce qui aide les malades?" dis-je. "Les chrétiens, vous savez, meurent selon ce qu'ils croient du jugement et de la miséricorde; ils ne le savent guère à l'avance. Il y a des surprises. Comme pour les autres... Sauf presque toujours, voyez-vous, pour les sceptiques." "Ils s'en tirent mieux?" La part d'enfance de son visage disparaît. Il répond lentement, pesamment: "Ils ne s'en tirent presque jamais, vous entendez! Jamais. Le mol oreiller du doute est pire que la grande dépression, et elle est pire que le cancer."

La corde et les souris (Coll. Folio/Gallimard, 1976)

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20.03.2010

La citation du jour

 

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Fiodor Dostoievski

Je ne comprends pas, sachez-le, qu'on puisse passer à côté d'un arbre sans éprouver à sa vue un sentiment de bonheur, ou parler à un homme sans être heureux de l'aimer. Oh, les paroles me manquent pour exprimer cela, mais combien de belles choses nous noyons à chaque pas, dont l'homme le plus dégradé ressent lui-même la beauté? Regardez l'enfant, regardez l'aurore du créateur, regardez l'herbe qui pousse, regardez les yeux qui vous contemplent et qui vous aiment.

L'idiot (Coll. Folio/Gallimard, 2007)

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