04/05/2013
Morceaux choisis - Patrice de la Tour du Pin
Patrice de la Tour du Pin

Patrice de la Tour du Pin, Laurence endormie, dans:Zéno Bianu, Eros émerveillé - Anthologie de la poésie érotique française (coll. Poésie/Gallimard, 2012)
image: stephaniecphoto.ca
10:43 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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Vendanges tardives - De la laïcité
Un abécédaire: L comme Laïcité

Ta cousine Véronique a le don de m'agacer au plus haut point, quand elle s'engage sur ce sujet avec la ferveur qu'on lui connaît, ne supportant pas la moindre des contradictions ou d'opinions contraires aux siennes. Aurait-elle oublié ce qu'est à l'origine la laïcité, soit la séparation de l'Etat et de la religion, ou mieux encore: l'impartialité de l'Etat à l'égard des confessions religieuses. Ce que j'approuve - sans elle, pas de démocratie - quelle que soit la croyance envisagée.
Mais comme souvent, l'amalgame prête à toutes les dérives - verbales, institutionnelles, sociétales - parmi lesquelles pointe dans son cas le gommage obligé de toute référence religieuse: un point sensible dans l'éducation familiale et scolaire, par exemple. Et là, mon objection à ce rétrecissement de l'esprit ne se mue pas en propagande de l'enseignement ecclésiastique, ni en apologie d'une vérité avec Dieu contre une autre sans lui. Non, pas du tout, mais admets que pour appréhender au mieux les comportements humains, les soubresauts de l'histoire, les multiples ébauches de la pensée, la connaissance religieuse prolonge - parmi bien d'autres sources, indispensables elles aussi - tes facultés de discernement, ta compréhension de la terre, des arts, des hommes.
Et là, pas moyen de discuter sereinement avec ta cousine! Inutile de lui expliquer que ses revendications intransigeantes et idèologiques au nom de la liberté d'expression - qui, hélas, a si souvent été étouffée par le pouvoir religieux - n'aboutissent qu'à reproduire les erreurs du passé et caricaturer l'avenir; que le droit à la différence suppose un dialogue ouvert et respectueux, autour duquel peuvent se construire une esquisse de tolérance, de justice, de bienveillance: le contraire de l'ironie, du blasphème ou de la dérision, en permanence.
Tu souris? Oui, je sais Fred, il faut user de patience et de retenue avec Véronique: chez elle, il est vrai, toute forme d'appartenance ou de manifestation identitaire est devenue, au quotidien, un acte politique, cet incidieux cancer qui gangrène toute la beauté possible du monde...
image: Amala Dianor Dance Company, Crossroads (http://emilerabate.wordpress.com)
00:28 Écrit par Claude Amstutz dans Le monde comme il va, Vendanges tardives - Un abécédaire 2013 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : danse; philosophie |
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03/05/2013
La citation du jour
André Velter

Je me sais plus nomade que jamais. Il n'y a pas de suite à ce qui est sans fin. Notre gîte n'est pas une maison, un reliquaire, un temple ni un livre. Notre ermitage n'a pas de toit, pas de fronton, il est de plein vent et de pleine clarté le passage où nous sommes, esquif aimanté qui s'éloigne de la terre, reste à l'écart du ciel, sans renier la terre ferme, sans congédier le ciel.
André Velter, Ascension du Mont Analogue / extrait, dans: L'amour extrême et autres poèmes pour Chantal Mauduit (coll. Poésie/Gallimard, 2007)
image: voyage-bons-plans.aufeminin.com
11:49 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : citation; livres |
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Lire les classiques - Alphonse de Lamartine
Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine, Un nom, dans: Poésies diverses, précédé de: Méditations poétiques et Nouvelles méditations poétiques (coll. Poésie/Gallimard, 2000)
image: Herbert James Draper, The Gates of Dawn / Detail (arteemtelasaoluis.blogspot.com)
00:15 Écrit par Claude Amstutz dans Lire les classiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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02/05/2013
Morceaux choisis - Paul Claudel
Paul Claudel

C'est vrai que Vos saints ont tout pris, mais il me reste mes péchés! Quand je serai sur mon lit de mort, Seigneur, fort jaune et bien mal rasé, quand je repasserai ma vie et ferai mon examen général, je suis riche! et si le bien est rare, il me reste tout le mal. Je n'ai pas mis un jour à Vous préparer, Seigneur, de quoi me pardonner. Ce n'est dans aucun mérite que je m'assure mais dans mes péchés. Chaque jour a le sien, les voici, et j'en sais le compte comme un avare.
S'il Vous faut des vierges, Seigneur, s'il Vous faut des braves sous Vos étendards, s'il y a des gens à qui, pour être chrétien, les paroles n'aient pas suffi, et qui aient su que s'il est beau de Vous suivre, c'est qu'il y va de la vie, voici Dominique et François, Seigneur, voici Saint Laurent et Sainte Cécile!
Mais si Vous aviez besoin par hasard d'un paresseux et d'un imbécile, s'il Vous fallait un orgueilleux et un lâche, s'il Vous fallait un ingrat et un impur, un homme dont le coeur fut fermé et dont le visage fut dur, et tout de même ce n'est pas les justes que Vous êtes venu sauver mais ceux-là, quand Vous en manquiez partout, il Vous restera toujours moi! Et puis il n'est d'homme si vulgaire qui ne Vous ait gardé quelque chose de nouveau, et qui n'ait fabriqué pour Vous, en dehors de ses heures de bureau, espérant que l'idée un jour Vous viendra de le lui demander, et que peut-être ça Vous plaira, quelque chose d'affreux et de compliqué, où il a mis tout son coeur et qui ne sert à quoique ce soit.
Ainsi, ma petite fille, le jour de ma fête qui s'avance avec embarras, et qui m'offre, le coeur gonflé d'orgueil et de timidité, un magnifique petit canard, oeuvre de ses mains, pour y mettre des épingles, en laine rouge et en fil doré.
Paul Claudel, Le jour des cadeaux, dans: Ecoute ma fille (Egloff, 1934)
image: www.lacolline-auxdoudous.com
00:01 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; spiritualité; anthologie; livres |
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01/05/2013
Le poème de la semaine
Aimé Césaire
N’y eût-il dans le désertqu’une goutte d’eau qui rêve tout bas,dans le désert n’y eût-ilqu’une graine volante qui rêve tout haut,c’est assez,rouillure des armes, fissure des pierres, vrac des ténèbresdésert, désert, j’endure ton défiblanc à remplir sur la carte voyageuse du pollen. Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
08:06 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie |
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30/04/2013
Alexandre Tisma
Alexandre Tisma, Une nouvelle que je n'ai pas écrite (Le Serpent à Plumes, 2007)
La soirée devenait de plus en plus inhospitalière et froide, l'humidité des nuages bas s'était muée en neige, nous allions d'une rue à l'autre, traversions - par des ponts qui m'étaient inconnus - la Vlatava toute ridée de vagues, franchissions des distances toujours plus grandes entre les hôtels qui se faisaient plus rares. J'étais en pardessus, la tête couverte d'un bonnet, mais l'homme et la femme étaient légèrement vêtus, nu-têtes, et ne montraient pourtant, contrairement à moi, aucun signe d'impatience : ils marchaient d'un pas égal, et leurs paroles murmurées, légères, harmonieuses, prononcées tantôt par lui, tantôt par elle, s'entrelaçaient avec délicatesse entre leurs deux têtes penchées l'une vers l'autre.
Au contraire de L’école d’impiété paru chez le même éditeur, ces nouvelles qui révèlent les différentes facettes d'Alexandre Tisma - l'un des plus grands écrivains serbes du XXe siècle - sont empreintes de douceur, même si le regard de l’auteur sur le monde et les hommes demeure cruel et désespéré.
08:34 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; nouvelles; livres |
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Musica présente - 63 Mitsuko Uchida
Mitsuko Uchida
pianiste japonaise, née en 1948
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Wolfgang Amadeus Mozart
Piano Concerto No 6 in B major, K 238
(English Chamber Orchestra, Jeffrey Tate)
08:30 Écrit par Claude Amstutz dans Musica présente, Musique classique, Wolfgang Amadeus Mozart | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique |
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29/04/2013
Jean d'Ormesson
Jean d'Ormesson, Odeurs du temps - Chroniques du temps qui passe (Héloïse d'Ormesson, 2007)
Enfin sont éditées ces Chroniques du temps qui passe parues autrefois dans le Figaro Littéraire et qui n’ont pas pris une seule ride ! Qu’il nous parle de Venise, de Mauriac, de Chateaubriand, de Raphaël ou de langue française ou de tennis, à chaque fois il nous invite à un voyage dans le temps sans carte ni boussole et, mon Dieu, comme c’est agréable de se laisser mener par le bout du nez, en compagnie d’un conteur si attachant.
également disponible en coll. de poche (Pocket, 2008)
08:16 Écrit par Claude Amstutz dans Jean d'Ormesson, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; chroniques; livres |
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