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09/02/2015

La citation du jour

Alphonse de Lamartine

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Un soleil étincelant moirait la mer de rubans de feu et se réverbérait sur les maisons blanches d'une côte inconnue. Une légère brise, qui venait de cette terre, faisait palpiter la voile sur nos têtes et nous poussait d'anse en anse et de rocher en rocher. C'était la côte dentelée et à pic de la charmante île d'Ischia, que je devais tant habiter, et tant aimer plus tard. Elle m'apparaissait, pour la première fois, nageant dans la lumière, sortant de la mer, se perdant dans le bleu du ciel, et éclose comme d'un rêve de poète pendant le léger sommeil d'une nuit d'été ...    

Alphonse de Lamartine, Graziella (coll. Folio/Gallimard, 2006)

00:04 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | | |

08/02/2015

Morceaux choisis - Elio Vittorini

Elio Vittorini

littérature; essai; voyages; livres

Je sais ce que signifie être heureux dans la vie: la bonté de l'existence, la saveur de l'heure qui passe et des objets qui nous entourent, la volupté de les aimer, ces choses, immobile, tout en fumant, et une femme parmi elles. Je sais la joie de lire, étendu à demi nu sur une chaise longue, par un après-midi d'été. un livre d'aventures chez les cannibales devant une maison des collines, qui regarde la mer. Et beaucoup d'autres joies encore: dans un jardin épier le bruissement du vent qui fait à peine frémir les feuilles - les plus hautes - d'un arbre; ou, dans le sable, être un des grains infinis qui crissent et qui tombent; ou dans un monde peuplé de coqs se lever avant l'aube et nager, seul dans toute l'eau du monde, près d'une plage rose.

Et j'ignore la forme de mon visage dans tous ces bonheurs, lorsque je sens qu'il est si bon de vivre: douceur ensommeillée ou sourire? Mais quelle soif de posséder! Non la mer seulement, ni le soleil, ni une femme et son coeur à elle sous les lèvres. Terres aussi! Iles! Voilà: je peux me trouver à l'abri, calfeutré dans le silence de ma chambre dont la fenêtre est restée ouverte toute la nuit et soudainement m'éveiller au bruit du premier tramway du matin; ce n'est rien qu'un tramway, une voiture qui roule, mais le monde est désert autour et dans cet air à peine créé tout est différent d'hier, et une nouvelle terre m'assaille.

Elio Vittorini, Sardaigne comme enfance (Nous, 2012)

traduit de l'italien par Angélique Lévi

00:00 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; essai; voyages; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

07/02/2015

La musique sur FB - 2217 J.Sibelius

Jean Sibelius

10 Pieces for Piano, Op 58

 

Erik T. Tawaststjerna

pour Hélène H


07:21 Écrit par Claude Amstutz dans La musique sur Facebook, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook | |  Imprimer |  Facebook | | |

La citation du jour

Mahmoud Darwich

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Ici, entre les débris des choses et le rien, nous vivons dans les faubourgs de l'éternité. Nous jouons parfois aux échecs, insouciants du destin derrière la porte. Nous sommes toujours là, bâtissant des décombres, des colombiers lunaires. Nous connaissons le passé sans disparaître ni passer les nuits d'été en quête des hauts faits d'un âge d'or. Nous sommes qui nous sommes sans nous demander qui nous sommes, car nous sommes toujours là, ravaudant la robe de l'éternité.

Mahmoud Darwich, Le lanceur de dés et autres poèmes - photographies d'Ernest Pignon-Ernest (Actes Sud, 2010)

00:08 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour, Mahmoud Darwich | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | | |

06/02/2015

Morceaux choisis - Hugo von Hofmannsthal

Hugo von Hofmannsthal

(4) Hugo von Hofmannsthal (1874-1929)-1.jpg

Nous sommes faits de ce dont on fait tous les rêves,
Et les rêves ouvrent grands soudain les yeux
Comme des petits enfants sous les cerisiers,
Où la pleine lune vient commencer dans le feuillage
Sa course d'or pâli à travers la grande nuit. ...
 
Nos rêves ne surgissent pas autrement.
Ils sont là et ils vivent comme un enfant qui rit,
guère moins grands dans leur tenue et leur départ
Qu'une pleine lune éveillée du haut des arbres.
Le plus intime est grand ouvert à leur tissage:
Comme des mains d'esprits dans un espace enclos
Ils sont en nous et y ont toujours vie.
Et trois font un: un homme, une chose, et un rêve.
 

Hugo von Hofmannsthal, Tercets sur la mortalité - Anthologie bilingue de la poésie allemande (Bibl. de la Pléiade/Gallimard, 1995)

03:31 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

La musique sur FB - 2216 A.Dvorak

Anton Dvorak

Piano Quartet, Op 87

 

Pnina Salzman

Zamir Ensemble


03:31 Écrit par Claude Amstutz dans La musique sur Facebook, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook | |  Imprimer |  Facebook | | |

05/02/2015

La citation du jour

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Stig Dagerman

Tout ce qui m'arrive d'important et tout ce qui donne un sens à ma vie son merveilleux contenu: la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l'on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l'espace d'une seconde ou l'espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Actes Sud, 1989)

00:13 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : auteurs; citations; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

04/02/2015

Le poème de la semaine

René Char

 

L’heureux temps

 

Chaque cité était une grande famille

Que la peur unissait

 

Le chant des mains à l’œuvre

Et la vivante nuit du ciel

L’illuminaient

 

Le pollen de l’esprit

Gardait sa part d’exil

 

Mais le présent perpétuel

Le passé instantané

Sous la fatigue maîtresse

Otèrent les lisses

 

Marche forcée au terme épars

 

Enfants battus chaume dorée

Hommes sanieux

Tous à la roue

 

Visée par l’abeille de fer

La rose en larmes s’est ouverte

 

 

 

Quelques traces de craie dans le ciel,

Anthologie poétique francophone du XXe siècle

03:44 Écrit par Claude Amstutz dans Quelques traces de craie dans le ciel - Anth, René Char | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : textes; poésie | |  Imprimer |  Facebook | | |

La musique sur FB - 2215 E.Grieg

Edvard Grieg

"Ich liebe dich"

 

Victoria de Los Angeles

Sinfonia of London

Rafael Frübeck de Burgos

pour Depi P


03:44 Écrit par Claude Amstutz dans Edvard Grieg, La musique sur Facebook, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook | |  Imprimer |  Facebook | | |

03/02/2015

Morceaux choisis - Sylvia Plath

Sylvia Plath

Sylvia Plath.png

Combien de temps pourrai-je être un mur,
     protégeant du vent?
Combien de temps pourrai-je
Atténuer le soleil de l'ombre de ma main,
Intercepter les foudres bleues
     d'une lune froide?
Les voix de la solitude, les voix de la douleur
Cognent à mon dos inlassablement,
Cette petite berceuse, pourra-t-elle
     les adoucir?
 

Sylvia Plath, Trois femmes (Editions des Femmes, 1975)

00:06 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |