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20/04/2014

Morceaux choisis - Maurice Carême

Maurice Carême 

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Joie de je ne sais quoi,
Joie du vent, joie de la feuille,
Joie flamme d’écureuil,
Joie de myrtille au bois.
 
Joie d’être un peu de givre
Sur la branche au printemps,
Joie de ne jamais suivre
Que les chemins montants.
 
Joie d’être tout à coup,
Sans même le vouloir,
Cet appel de coucou,
Ce reflet de miroir.
 
Ne pouvoir que crier,
Crier, crier encor
Des mots comme un pont d’or
Sur une eau débordée.
 
Embrasser un bouleau
Pour tenir contre moi
Quelque chose de beau,
Quelque chose de droit.
 
Sans pouvoir apaiser
Ni la nuit ni le jour,
Cette envie de parler
Au ciel de mon amour.
 
Ce plaisir de bercer
Le monde dans mes bras,
D’entrer dans une ronde
Avec n’importe quoi
 
Et d’être devenu
Joie de vent, joie de feuille,
D’être myrtille au bois
Et flamme d’écureuil
 
Et sans jamais savoir
Ni pourquoi ni comment
Je traverse en miroir
Tous les palais du temps.

Maurice Carême, Joie, dans: Colette Nys-Masure et Christian Libens, Piqués des vers - 300 coups de coeur poétiques (Espace Nord, 2014)

image: http://4.bp.blogspot.com 

00:01 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

19/04/2014

Jay McInerney

9782879295336.gifJay McInerney, La belle vie (Editions de l'Olivier, 2007) 

 

Deux couples, incarnant la réussite américaine, voient leur vie voler en éclat – avec en toile de fond la tragédie du 11 septembre – en proie au poids des habitudes, à l’érosion des sentiments, au conflit des valeurs. Rarement traité en littérature, le thème du traumatisme collectif avec ses doutes, son poids de responsabilité et son chaos qui imprègnent ou envahissent l’individu, est traité magistralement. Une peinture lucide, humaine, un brin mélancolique de la société actuelle.

 

également disponible en coll. Points (Seuil, 2008)

00:02 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature: roman; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

18/04/2014

La citation du jour

Graham Greene

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Les saints ont employé le langage de l'amour humain pour décrire leur vision de Dieu; de même, je suppose, pourrions-nous faire usage des mots prière, méditation, contemplation, pour traduire l'intensité de l'amour que nous ressentons pour une femme. Nous aussi, nous renonçons à la mémoire, à l'intelligence et à la science, et nous aussi nous subissons l'épreuve du dépouillement, de la noche sombre, avec parfois, en manière de récompense, une sorte de paix.

Graham Greene, La fin d'une liaison (coll. 10-18/UGE, 2000)

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17/04/2014

La musique sur FB - 2085 L.N. Clérambault

Louis Nicolas Clérambault

Sonate "L'Anonima"

 

Odile Edouard, Jan de Winne

Roberto Gini, Yves Rechsteiner 


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16/04/2014

Le poème de la semaine

Fernand Gregh

Il pleut, 
Les vitres tintent. 
 
Le vent de Mai fait dans le parc un bruit d’automne. 
Une porte, en battant sans fin, grince une plainte 
Mineure et monotone. 
Il pleut... 
 
On dirait par moments qu’un million d’épingles 
Se heurte aux vitres et les cingle. 
Il pleut, 
Les vitres tintent. 
 
Le ciel cache un à un ses coins légers de bleu 
Sous de rapides nuées grises. 
Il pleut: 
La vie est triste! 
 
— N’importe! 
Souffle le vent, batte la porte, 
Tombe la pluie! 
N’importe! 
 
J’ai dans mes yeux une clarté qui m’éblouit; 
J’ai dans ma vie un grand espace bleu; 
J’ai dans mon cœur un jardin vert ombré de palmes 
Que balancent en plein azur les brises calmes: 
Je songe à elle! 
 
Il pleut... 
 
— La vie est belle! 
 
Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle

00:16 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; poésie | |  Imprimer |  Facebook | | |

La musique sur FB - 2084 A.Bliss

Arthur Bliss

Meditation on a Theme by John Blow

 

Bournemouth Symphony Orchestra

David Lloyd-Jones


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15/04/2014

Lire les classiques - Victor Hugo

Victor Hugo

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Aimons toujours! Aimons encore!
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour c'est l'hymne de la nuit.
 
Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable: Aimons!
 
L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur!
 
Aime! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront:
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front!
 
Aime, afin de charmer tes heures!
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux!
 
Aimons-nous toujours davantage!
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage;
Que notre âme croisse en amour!
 
Soyons le miroir et l'image!
Soyons la fleur et le parfum!
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un!
 
Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs. 
 
Venez à nous, beautés touchantes!
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi!
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi!
 
Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n'est point moqueur;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.
 
Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité,
 
Je préfère aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi,
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.
 
Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l'on se dit: "Qu'en reste-t-il?"
 
Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l'on se dit: "C'est donc fini!"
 
L'amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour!
 
Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir!

Victor Hugo, Aimons toujours! Aimons encore!, dans: Les contemplations (coll. Folio/Gallimard, 2010)

image: centruldepsihologie.com

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14/04/2014

Musica présente - 96 Alfred Deller

Alfred Deller

contreténor et musicologue britannique, 1912 - 1979

*

John Dowland 

Luth Songs

(with Robert Spencer)

pour Claude V


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