09/07/2011
Laurent Terzieff
Laurent Terzieff, Seul avec tous (coll. Livre de poche/LGF, 2011)
Exigeant, d'une insolente liberté face aux modes et aux courants de son époque, il a crée à la scène ou interprété Sophocle, Pierre Corbeille, Henrik Ibsen, Mikhaïl Boulgakov, Luigi Pirandello, Paul Claudel, Arthur Adamov, Slawomir Mrozek, Eugène O'Neill, John Arden, Edward Albee, James Saunders, Murray Schisgal parmi tant d'autres. Sur la mise en scène - à l'école de Roger Blin - il nous a laissé une très belle réflexion: Je voulais sentir le goût de l'époque et en exprimer la saveur. Participer à cette mutation constante de la vie. Me mettre à l'écoute du monde. En devenir la caisse à résonance.
Toutes ces approches sensibles au service du texte, vous pouvez les retrouver dans ce livre qui s'ouvre avec un émouvant témoignage de Fabrice Luchini et de Marie-Noëlle Tranchant, suivi d'un florilège consacré aux thèmes majeurs de sa quête existentielle. Il y évoque sa jeunesse, son parcours politique, les événements qui ont secoué sa vie - la tragédie algérienne qui l'a transpercé au plus intime, les pages bouleversantes consacrées à sa compagne Pascale de Boysson - assumant ses contradictions avec un rare souci d'honnêteté, sans renier quoi que ce soit de son parcours, comme si chacun de ces repères biographique avait laissé s'épanouir une ride supplémentaire intégrée à sa personnalité, exigeante et douce, dont nous conservons le souvenir.
A Marie-Noëlle Tranchant reviennent les derniers mots de ce discret hommage. Je reprends dans votre dernier récital poétique, Florilège, ces vers d'Aragon qui mènent si bien vers vous: Il est plus facile de mourir que d'aimer. C'est pourquoi je me donne le mal de vivre, mon amour.
Une première édition de ce livre est parue aux Presses de la Renaissance, en 2010.
00:52 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; théâtre; essai; livres |
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08/07/2011
Christian Bobin
Christian Bobin, Les ruines du ciel (Gallimard, 2009)
Tandis que le soleil automnal caresse ma fenêtre ouverte et dispense ses rayons bienfaisants, j’éprouve une joie infinie à lire cet artisan rigoureux, discret, d’une intégrité irréprochable, contrepoids heureux à tant de vacuité, de bruit ou de futilité, même – et surtout – en littérature ! Munissez-vous d’une feuille de papier, d’un crayon et consignez les phrases qui sauront illuminer vos prochaines journées. Je vous en partage deux pour le plaisir : Les livres sont la résidence secondaire de l’âme. Quand elle pousse les volets de papier contre le mur, une lumière entre partout dans la pièce. Quelle merveille !
également disponible en coll. de poche (Folio/Gallimard, 2011)
06:42 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; essai; livres |
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07/07/2011
Pascal Quignard
Pascal Quignard, La barque silencieuse (Seuil, 2009)
Comme l’un de ses contemporains – Christian Bobin dans Les ruines du ciel, publié par Gallimard – mais avec un regard différent, l’auteur interroge les anciens, leurs traces dans l’esprit humain, leurs miroirs obscurs dans la civilisation actuelle. Même si sa réflexion trouve un sens dans une nuit parfois ténébreuse ou hostile, il s’en dégage tout de même un sentiment de liberté intérieure à laquelle répond un besoin de silence salvateur. Est libre celui qu’on ne peut contraindre. (…) Est libre l’homme qui n’est pas esclave (…). Est libre celui qui ne demande d’autorisation à personne. Est libre celui qui ne réfère à aucune instance. Tout homme est une citadelle de tyrans qu’il faut faire sauter » Chapeau, Monsieur Quignard !
également disponible en édition de poche (Folio/Gallimard, 2011)
08:01 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Pascal Quignard | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; essai; livres |
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06/07/2011
Le poème de la semaine
Claudio Montale
pour Catherine P
quelques traces de craie dans le cielsont seuls signes que je laissepour tout direà qui veut jouer aux enfanteurs de lumière à toi qui n'en as cureil y a matière à rireet pour les autres à médire à huis closje les abandonne à leurs mauvais stratagèmesau creux de ta blanche haleinesoudée à la terre viergedont je viens et où je vais sans trop frémiret sans besoin de forgerd'improbables certitudes ma vigne quotidienne et nouvellemon aimantema fulgurantel'invention du présent jubile en nous Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
10:41 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Littérature suisse, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth, Rosebud | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie |
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Le poème de la semaine
Gisèle Prassinos
Je veux rester dans ma nicheet ne voir personne.Je veux garder mon oset le ronger seul, à petits coups,jusqu'à en faire un chef d'oeuvre. Chaque nuit, j'y travaillerai.Je n'ai pas besoin de lumière,mes dents sont des outils complets.Si j'ai froid, je hurlerai peut-êtreet me lamenteraid'être délaissé. Au moindre bruit de pas,pour ne pas subir l'humiliationd'une main compatissantesur mon poil sensible,je ferai le mort,respirant à peine,à l'écoute du seul secoursque j'attends. Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
05:41 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie |
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05/07/2011
Ernesto Sabato
Ernesto Sabato, Héros et tombes (Coll. Points/Seuil 1996)
Alejandra embrase l'esprit, le coeur et le corps de Martin. Elle a pour ancêtres des héros de la révolution et des fous. Il est le fils d'une prostituée et d'un artiste raté. Leur amour sera fulgurant, leur destinée cruelle. A travers eux, c'est toute une vision de l'Argentine et de son histoire qui surgit: sa démesure, ses fantômes et son improbable salut... Paru autrefois sous le titre de Alejandra, ce roman est sans nul doute l’un des plus importants de la littérature argentine et mêle tous les genres : L’histoire d’un amour déchirant et éternel, la quête d’identité d’un pays, la révélation du Mal qui attire et détruit. Sa modernité n’a pas pris une seule ride et sa thématique demeure universelle. Un livre qu’on ne peut abandonner qu’à la dernière page, à regret ! Un de mes livres préférés...
06:14 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature sud-américaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres |
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