25.01.2012

Le poème de la semaine

Vénus Khoury-Ghata

Parce qu'ils ont hésité entre la rose et l'ombre
parce qu'ils ont chargé leurs fusils de pluie
ils sont morts d'oubli
 
Ne meurent que les crédules
qui abritent sous leur toit des nuages étrangers
écrivent leur visage sur la buée des villes
étreignent un canon
suivent un grenadier
 
Ne meurent que les naïfs
qui saignent avec le coquelicot
 
Ne meurent tous les soirs
quand les heures s'alignent
qu'elles deviennent couteau
entre les lèvres des horloges
quand la lumière dans leur bouche
se tait.


Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle

Commentaires

J'aime beaucoup cette écriture. De la rose à l'ombre, du coquelicot au couteau, on baigne dans la buée des villes au son des canons... Atmosphère mortifère...

Écrit par : Rolande Bergeron | 25.01.2012

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