26/06/2011
Katherine Pancol
Katherine Pancol, Les hommes cruels ne courent pas les rues (Coll. Points/Seuil 1997)
Le père de l'héroïne, homme cruel et fascinant, a disparu. Pour oublier, elle part à New York. Mais ni son amie Bonnie ni le frozen yoghourt ne suffisent à la consoler. Heureusement, Allan surgit, insaisissable, beau comme un dieu. Celui-là, il ne faut pas le laisser échapper. Entre souvenirs de petite fille et stratégies de séduction, Katherine Pancol dresse le portrait pétillant d'une femme d'aujourd'hui.
Précurseur de Vu de l’extérieur, ce roman développe presque tous les thèmes propres à Katherine Pancol : le père aimé mais absent, la mère austère, l’espièglerie et la provocation avec les hommes, le manque de confiance en soi et la peur de tout perdre. On éclate souvent de rire dans ce livre, même quand tout bascule et que les larmes ne sont pas loin ...
10:30 Écrit par Claude Amstutz dans Katherine Pancol, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres |
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25/06/2011
Franz Liszt 1b
Bloc-Notes, 25 juin / Thonon-les-Bains
Voici l'exemple d'une oeuvre méconnue de Franz Liszt, un Ave Maria, dont l'interprétation - très belle - n'est malheureusement pas identifiée sur YouTube.
10:22 Écrit par Claude Amstutz dans Bloc-Notes, Franz Liszt, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique |
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Franz Liszt 1a
Bloc-Notes, 25 juin / Thonon-les-Bains
En librairie, les parutions consacrées à la musique classique sont, depuis plusieurs années, une denrée rare. Les éditions Jean-Claude Lattès ont abandonné cette orientation, de même que l'Age d'Homme; les éditions d'Aujourd'hui ont disparu; quant à la grande distribution, seules les éditions Gallimard et Actes Sud assurent des parutions régulières, capables de raviver les braises...
Eh bien, justement: dans l'excellente collection Classica de ce dernier - qui compte environ 35 titres - voit le jour, sous la plume de Jean-Yves Clément, un volume consacré à l'un de mes compositeurs préférés, Franz Liszt. Comme le souligne son auteur, ce livre répare une injustice envers ce visionnaire souvent incompris de son vivant, dont la vie et l'oeuvre sont marqués par le sceau de l'amour: Il y a mille manières de ressentir l'amour, mille modes pour le pratiquer, mais, pour ceux dont l'âme a soif d'absolu et d'infini, il est un, éternellement un, sans commencement ni fin. S'il se manifeste quelque part sur terre, c'est surtout dans cette haute confiance de l'un dans l'autre, dans cette invincible conviction de notre nature angélique, inaccessible à toute souillure, impénétrable à tout ce qui n'est pas lui.
Aujourd'hui encore, que sait-on de lui hormis sa relation passionnelle avec Marie d'Agoult, son amitié tumultueuse avec Richard Wagner sous les regards croisés de sa fille Cosima ou ses mondanités, ses excès? Du compositeur que retient-on d'autre que le Rêve d'amour, les Concertos pour piano et orchestre, les Rhapsodies hongroises, la Sonate en si mineur et les Années de pèlerinage?
Le grand mérite de cet ouvrage consiste à suivre le parcours hors du commun de ce génie, pianiste, transcripteur, compositeur et enseignant, novateur dans l'expression musicale autant - si ce n'est davantage - qu'Hector Berlioz. Les moments cruciaux de sa vie, illustrés par ses nombreux écrits, éclairent ainsi nombreuses de ses oeuvres moins connues, telles le Cantique d'amour, la Via Crucis, les Nuages gris ou la Bagatelle sans tonalité, préfigurant la musique contemporaine.
Celui qui a tant consacré son art au service des autres - les lumineuses transcriptions de Schubert, Schumann, Beethoven, Verdi, Berlioz ou Wagner - n'a guère joui d'une juste récompense, de son vivant. Jean-Yves Clément note avec beaucoup de justesse: Chopin, tant respecté et enseigné par Liszt, qui lui consacra de si nobles pages, n'aima personne vraiment, mais tout le monde l'aimait; Liszt, lui, joua et aima tout le monde, mais peu l'aimèrent vraiment. Si c'est une loi du monde, convenons qu'elle n'est guère divine dans le ciel de la musique...
En annexe à cette concise réhabilitation salutaire, vous trouverez les repères chronologiques de la vie de Franz Liszt et de précieuses indications discographiques, de même qu'un index des personnes citées.
Si vous voulez en savoir davantage sur Franz Liszt, je peux vous recommander quelques lectures parmi lesquelles: la biographie écrite par Guy de Pourtalès, La vie de Franz Liszt (coll. Folio/Gallimard, 1983), ainsi que l'essai signé par Pierre-Antoine Huré, Liszt en son temps (coll. Pluriel/Hachette, 2005). Pour les mélomanes, trois ouvrages peuvent retenir votre attention: celui du même Pierre-Antoine Huré, Franz Liszt (Fayard, 2003), le court essai de Vladimir Jankélévitch, Liszt - rhapsodie et improvisation (Flammarion, 1998), enfin les deux volumes de Alan Walker, Franz Liszt (Fayard, 1998), 1'850 pages tout de même...
Sur ce blog - sous catégorie/La musique sur Facebook - les extraits musicaux 3, 16, 30, 52, 55, 88, 95 et 101 sont voués à Franz Liszt.
Jean-Yves Clément, Franz Liszt ou la dispersion magnifique (coll. Classica, Actes Sud, 2011)
image: portrait de Franz Liszt, par Henri Lehmann
09:53 Écrit par Claude Amstutz dans Bloc-Notes, Franz Liszt, Franz Schubert, Hector Berlioz, Ludwig van Beethoven, Richard Wagner, Robert Schumann | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; livres |
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24/06/2011
Lionel Shriver
Lionel Shriver, Il faut qu'on parle de Kevin (Belfond, 2006)
Inspiré par la tuerie de Columbine – un adolescent de seize ans tue sept de ses camarades de collège, un employé de la cafétéria et un professeur – ce roman intense et sans concessions, bien plus que par son ancrage dans l’actualité de l’Amérique, vaut par son angle de vision sur l’histoire de Kevin, à travers les lettres que sa mère adresse à son ex-mari. Comment peut-on devenir un monstre ou pire, l’être ? Quelle influence exerce notre propre histoire sur nos enfants ? Quelle est notre part de responsabilité dans les relations affectives ou éducatives que nous leur inspirons ? Radiographie en quelque sorte de la société, avec son cortège de compétition et de course effrénée à un épanouissement hors du commun, ce récit est aussi – et surtout – une interrogation sur la maternité, les non-dits et la crise des générations. Une œuvre magistrale, lucide, d’une beauté ténébreuse.
Egalement disponible en coll. J'ai Lu (J'ai Lu, 2008)
06:27 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature: roman; livres |
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23/06/2011
Markus Orths
Markus Orths, Femme de chambre (Liana Levi, 2009)
L’histoire de cette femme de chambre à l’Hôtel Eden, ressemble en un sens aux obsessions des temps modernes. Drame de la solitude, des tâches répétitives afin de donner un sens au quotidien, parcours de l’ombre à travers l’empreinte des autres, espoir qu’un jour ce trop plein d’émotions contenues cède comme un barrage dans le tourbillon d’une tempête estivale. Si Lynn est psychiquement fragile, distante, perturbée – même sa brève relation avec une prostituée, Chiara, aboutit à un échec – sa démarche oscillant entre perfectionnisme et voyeurisme, nous partage une atmosphère si singulière, dérangeante ou lisse, avec un sens du détail si juste, qu’il est bien difficile d’échapper à sa fascination. Au-delà de ces fragments de vie, n’est-ce pas de nous qu’il s’agit, surveillés ou épiés à notre insu, en contrepoint à notre confort ? La magie du portable et les dérives d’internet ne sont pas loin …
également disponible en livre de poche (coll. Piccolo/Liana Levi, 2010)
00:42 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres |
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20/06/2011
Relire Boris Vian
Bloc-Notes, 20 juin / Les Saules
Et si l'enfer était un monde sans rêves? Telle est peut-être bien la question centrale que soulève L'arrache-coeur, plus de trente ans après une première lecture. Tout commence avec le héros de cette histoire, Jacquemort, intrigué par les cris provenant d'une maison à l'écart d'un village littoral indéterminé. Il se trouve ainsi confronté à Clémentine, sur le point d'accoucher, et même s'il est psychiatre de formation, il connaît suffisamment les rudiments de la médecine pour lui venir en aide. Les nouveaux-nés sont au nombre de trois: Noël et Joël - vrais jumeaux - ainsi que Citroën, plus grand que les deux autres.
Jacquemort décide de s'installer au coeur de cette curieuse famille dont le père, Angel, après cet événement, est rejeté à tout jamais par son épouse. En effet, Clémentine ne vit plus désormais que pour ses enfants: un bonheur forgé à l'abri des autres, des dangers naturels et des mauvais désirs propres à l'univers des adultes. Il faut leur construire un monde parfait, un monde propre, agréable, inoffensif, comme l'intérieur d'un oeuf blanc posé sur un coussin de plumes. Cette soif d'amour pour sa progéniture, obsédante, exclusive, absolue, met Jacquemort mal à l'aise.
Il n'est pas au bout de ses surprises, car au village, le voici qui assiste à la foire aux vieux - une dégradante vente aux enchères - et à la crucifixion d'un étalon - puni pour avoir fauté - sans que la moindre parcelle d'émotion des habitants ne soit ébranlée. Enfin, il ne parvient pas à oublier l'apprenti du menuisier, mort à force de trimer et d'être maltraité, qu'Angel charge dans une caisse et qu'il abandonne au cours lent du fleuve, sans autre cérémonie...
L'un des points forts du roman est sa rencontre avec La Gloire, ce passeur du fleuve des morts comme le définit si bien Raymond Queneau. Lorsqu'il fut au niveau de la barque, il vit l'homme s'accrocher au bord et s'efforcer d'y remonter. L'eau du ruisseau rouge passait sur ses vêtements, en perles vives, sans les mouiller. (...) C'était un homme assez âgé. Il avait un visage creusé, des yeux bleus lointains. Il était entièrement rasé et ses cheveux blancs et longs lui donnaient une expression à la fois digne et débonnaire, mais sa bouche, au repos, se marquait d'amertume. Il se lie avec lui, au-delà de ce qu'il aurait pu espérer, et devant son affirmation de vouloir rester au village, son interlocuteur le met en garde: Alors, vous serez comme les autres. vous aussi vous vivrez la conscience libre, et vous vous déchargerez sur moi du poids de votre honte. (...) Vous serez comme eux. Vous ne me parlerez plus. Vous me paierez. Et vous me jetterez vos charognes. Et votre honte.
Un éclairage sombre de cet envers de nous-mêmes - refoulé ou exalté à certaines heures - dont le jugement inflexible et cruel, peut engendrer les horreurs les plus ordinaires. Une étrange préfiguration de société familière - la nôtre - où la lâcheté, la peur et l'absence de valeurs morales dévoile parfois un visage aussi inhumain que celui de L'arrache-coeur.
Contre les pouvoirs du rêve refusant d'intégrer le monde absurde des adultes, les murs ou les grilles ne suffisent pas et Clémentine - sainte pour les uns, monstre pour les autres - saura trouver, au nom de l'amour, la parade qui empêchera ses jeunes enfants de voler en pourchassant les oiseaux: Il aperçut les trois cages. Elles s'élevaient au fond de la pièce vidée de ses meubles. Elles étaient juste assez hautes pour un homme pas très grand. Leurs épais barreaux carrés dissimulaient en partie l'intérieur, mais on y remuait. Dans chacune, on avait mis un petit lit douillet, un fauteuil et une table basse. Une lampe électrique les éclairait de l'extérieur. (...) Ca devait être merveilleux de rester tous ensemble comme ça, avec quelqu'un pour vous dorloter, dans une petite cage bien chaude et pleine d'amour.
Plutôt mal accueilli lors de sa parution, en 1953, L'arrache-coeur est pourtant un chef-d'oeuvre mêlant le langage poétique à des impressions crues ou fortes, dont la modernité est stupéfiante. Encore aujourd'hui...
Boris Vian, L'arrache-coeur (coll. Livre de poche/LGF, 2001)
23:03 Écrit par Claude Amstutz dans Bloc-Notes, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres |
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Paul Valéry
Paul Valéry, Corona et Coronilla (De Fallois, 2008)
Il est parfois difficile de se débarrasser des clichés hérités des années de collège. Tenez, Paul Valéry, par exemple : avecLe cimetière marin– entre autres textes – on se souvient d’un auteur original, mais forçant le respect et le sérieux. Or, avec ces poèmes inédits dédiés à Jean Voilier - Jeanne Loviton - nous est dévoilé un visage inattendu, celle d’un homme amoureux, fasciné, déboussolé, blessé parfois, et cela à … 67 ans ! Si dans ce recueil le meilleur côtoie le plus ordinaire, n’est-ce pas qu’ici la tension émotionnelle transgresse l’exigence artistique et nous rend ainsi cet auteur incontournable plus proche et plus humain ?
07:30 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Paul Valéry | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; livres |
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