21/06/2015
Morceaux choisis - Eugenio Montale
Eugenio Montale

Eugenio Montale, Poèmes choisis 1916-1980 (coll. Poésie/Gallimard, 1999)
image: http://feedesbrumes.canalblog.com
08:46 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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20/06/2015
La citation du jour
Honoré de Balzac

Se promener avec la femme qu'on aime, lui donner le bras, lui choisir son chemin: ce sont des joies illimitées qui suffisent à une vie.
Honoré de Balzac, Le lys dans la vallée (coll. Livre de Poche/LGF, 2008)
05:24 Écrit par Claude Amstutz dans La citation du jour, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : citation; livres |
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19/06/2015
Morceaux choisis - Pierre-Albert Jourdan
Pierre-Albert Jourdan

Il y a une parole confiée au silence, que l'ombre nous transmet. Une parole d'effacement qui est parole de tendresse. Peut-être pourrions-nous aussi parler de bonté. Lavis d'ombre sans que soit raturée cette lumineuse coulée qui la contient. Mais plus proche de notre dénuement. Je crois à cette parole d'ombre. Elle n'est pas jeu de lumière ou de solitude mais ce que nous pouvons comprendre d'un dialogue qui se fait, qui se défait en nous. A chaque instant. Car nous ne pouvons comprendre que l'ombre. La brisure de l'éclat.
Affamés de soleil, de cette lumière violente qui nous pousserait hors des limites (les prétentions ont été bien réduites!), nous sommes pourtant ce versant d'ombre, c'est notre pente. Je crois à cette parole d'ombre. Ma main glisse sur la table, devient multitude de touches impossibles à décrire. Pousse la parole à l'impuissance. Ombre de l'ombre! Simplement posée là, et quel murmure de sang et d'ombre, quelle certitude de fardeau un instant déposé! Je crois à cette légèreté quand c'est l'ombre qui m'y conduit. Passagère, passante, c'est le voile pudique sur la suffisance, la vulgarité. Elle vient ruiner le cri. Elle ouvrira demain mon regard à la lumière, et je consentirais peut-être à l'entendre, elle aussi, sans déchirement. C'est la seule leçon, la discrétion de cette ombre qui s'éloigne.
Pierre-Albert Jourdan, Parole d'ombre, dans: Le bonheur et l'adieu (Mercure de France, 1991)
Préface de Philippe Jaccottet
06:30 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis, Philippe Jaccottet, Pierre-Albert Jourdan | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; récit; poésie; morceaux choisis; livres |
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18/06/2015
Musica présente 16 - Arturo Toscanini
Arturo Toscanini
chef d'orchestre italien, 1867 - 1957
*
Richard Wagner
Die Meistersinger von Nürnberg
Act I - Prelude
(NBC Symphony Orchestra)
06:43 Écrit par Claude Amstutz dans Arturo Toscanini, Musica présente, Musique classique, Richard Wagner | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique |
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17/06/2015
Le poème de la semaine
Jean-Pierre Schlunegger
La nuit gouverne les branchages de mon coeurJe vous parle à travers la brume et la distance,Terre immobile où rien n'est vraiQue ce murmure d'eau qui chante. Plus vieux mais non vieilli,J'ai le regard de l'enfant solitaireQui reflète longtemps les étangs et les arbres.Il dure à l'épreuve, le coeur,Malgré la nuit si longue. Mon chant profond n'est que la pluie aux tresses pâles,Mon chant n'est qu'un murmure sans paroles,Et l'on dirait parfois la phrase interminableDu vent qui se disperse à travers la campagne. Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
07:39 Écrit par Claude Amstutz dans Jean-Pierre Schlunegger, Littérature francophone, Littérature suisse, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie |
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16/06/2015
Lire les classiques - Victor Hugo
Victor Hugo
Victor Hugo, Printemps, dans: Toue la Lyre - Poésies vol. 4 (coll. Bouquins/Laffont, 2002)
image: Les Saules / Cologny (2011)
07:20 Écrit par Claude Amstutz dans Lire les classiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres |
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15/06/2015
La musique sur FB - 415 J.S.Bach
Jean Sébastien Bach
Harpsichord Concerto, BWV1052
Harpsichord Concerto, BWV1053
Harpsichord Concerto, BWV1056
Harpsichord Concerto, BWV1054
Francesco Cera
I Barocchisti
Diego Fasolis
22:58 Écrit par Claude Amstutz dans Jean Sébastien Bach, La musique sur Facebook, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook |
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Morceaux choisis - Henri-Pierre Roché
Henri-Pierre Roché

Nous avons trois jours devant nous. Il fait froid dehors. Le feu pétille. Muriel s'assied par terre, le dos appuyé au grand divan-lit, se déchausse et tend ses pieds nus vers la flamme, en écarquillant les orteils, pour les mieux chauffer. Je chauffe aussi les miens, mais sans pouvoir les écarquiller comme elle. Nos épaules s'accotent. Nous regardons le feu. Qu'allons-nous faire de tout ce temps? De la sagesse?
J'attrape le pain, en casse un quignon et le fais roussir au feu et nous mordons dedans, sans toucher aux mets simples servis sur la table. J'aurais pu couper des tranches et les griller, mais il eût fallu quitter l'épaule. Nous buvons de l'eau au même verre.
Je revois les fossettes du revers de sa main, dans le labyrinthe. Je sens son dos dans citron pressé. J'ai trop chaud devant le feu. Je me lève, ôte ma veste et la mets sur le dossier d'une des deux chaises. Muriel en fait autant avec la petite sienne, sur l'autre chaise. J'ôte mon chandail et ma cravate, les plie et les pose sur la chaise. Muriel fait de même avec son jersey. J'ôte ma chemise beige et Muriel ôte sa chemisette vert clair et la plie comme moi, sans me regarder. Nous faisons l'essentiel sans parler: nous ôtons ce qui nous sépare. Cela devient certain, elle fera comme moi jusqu'au bout.
Je continue à me dévêtir et à plier mes effets jusqu'à être nu, et Muriel aussi. C'est comme un numéro de cirque. Le feu éclaire doucement. J'ai la vision brève d'une petite Vénus nordique. J'arrache dessus de lit et couvertures, mais ils sont bien engagés et ils résistent à moitié. Muriel se fourre dans le lit, s'arc-boute et, de ses pieds, achève de l'ouvrir, me faisant place. Nous rabattons les draps sur nous et nous nous blottissons. Je contiens Muriel, après sept ans. Les beautés de Pilar et d'Anne s'estompent. Muriel est une neige fraîche que je serre doucement dans mes mains comme pour en faire des boules. Je ne savais pas ce qu'est la consistance. Muriel est un autre état de la matière, qui me donne un but: elle.
Elle ne montre rien. Elle me laisse faire. Je suis en liberté... comme un insecte sous un microscope. Ses oreilles sont plus sensuelles que les miennes. C'est contre cela qu'elle porte une armure. J'ai toujours désiré sa nuque, le seul morceau d'elle que je pouvais regarder à loisir sans être vu par elle. Je pensais: pourrai-je un jour y poser mes lèvres? Je ne les pose pas, ce n'est plus la peine, elle est toute nuque. Elle est le miracle après un long pélerinage. Nous n'avons pas à regarder l'heure. Il n'y a plus de clous qui arrêtent mon bras autour de sa taille. Elle aussi doit repenser ses rêves. Alors je me mets à la manger toute, délicatement, avec mes dents et mes lèvres, je ne finis pas de la constater. Nous sommes un seul nuage avec de lents remous. Elle a trente ans, en paraît vingt, elle est toute neuve. Ses seins sont plus subtils que les jolis seins d'Anne. Il n'est pas question de la prendre: un jour lointain... si elle le commande.
Dans ce pré-natal retrouvé, un tourbillon se forme en moi, une lente marée intérieure qui porte une pointe, et qui me transperce lentement comme dans mon rêve de Claire. Je me serre sur le flanc de Muriel, je lui renverse la tête, j'ouvre sa bouche avec mes mains, elle se laisse faire, j'ouvre grande ma bouche à moi, je l'approche de la caverne rouge-rose de la sienne, et je m'y laisse rugir tout bas, tandis que nos enfants s'épanchent contre son flanc. C'est arrivé, contenu depuis si longtemps, je n'y suis pour rien. Tant mieux. Elle y réfléchira plus tard.
Je suis dans le Grand Nord, dans une contrée impassible qui ne m'est pas hostile mais où, sans repère, je suis perdu.
Henri-Pierre Roché, Le journal de Muriel IV, dans: Les deux anglaises et le continent (coll. Folio/Gallimard 2001)
image: François Truffaut, Les deux anglaises et le continent, avec: Jean-Pierre Léaud, Kika Markham et Stacey Tendeter (1971)
musique: Georges Delerue pour: François Truffaut, Les deux anglaises et le continent (1971)
08:20 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; morceaux choisis; livres |
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