Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le poème de la semaine

René Char

N'égraine pas le tournesol, 
Tes cyprès auraient de la peine, 
Chardonneret, reprends ton vol 
Et reviens à ton nid de laine.
 
Tu n'es pas un caillou du ciel 
Pour que le vent te tienne quitte. 
Oiseau rural; l'arc-en-ciel 
S'unifie dans la marguerite.
 
L'homme fusille, cache-toi; 
Le tournesol est son complice. 
Seules les herbes sont pour toi, 
Les herbes des champs qui se plissent.
 
Le serpent ne te connaît pas. 
Et la sauterelle est bougonne; 
La taupe, elle, n'y voit pas; 
Le papillon ne hait personne.
 
Il est midi, chardonneret.
Le séneçon est là qui brille.
Attarde-toi, va, sans danger: 
L'homme est rentré dans sa famille!
 
L'écho de ce pays est sûr. 
J'observe, je suis bon prophète; 
Je vois tout de mon petit mur, 
Même tituber la chouette.
 
Qui, mieux qu'un lézard amoureux, 
Peut dire les secrets terrestres?
O léger gentil roi des cieux, 
Que n'as-tu ton nid dans ma pierre!

 

Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle
 

Commentaires

  • Une très belle poésie, merci de me la faire connaitre. Celui qui ne dessine pas son ciel ne peut jamais fréquenter les jardins qui se donnent à ses pieds. Les oiseaux et les fleurs sont les signes d'une belle réalité pour ceux qui les voient !

  • très joli poème j'adore

Les commentaires sont fermés.