10/12/2010
Jean-Luc Coatelem
Jean-Luc Coatelem, Mardi à Puerto-Azucar (Edition des Equateurs, 2005)
Ce récit d’aventures, d'escroqueries, de supercheries en tous genres truffées d’inventions littéraires, est servi par des dialogues truculents et corrosifs teintés d’humour noir, qui méritent à eux seuls un détour. L'histoire de ce garagiste de légende, Ulysse Rubirosa junior,devenu libraire bibliophile par opportunisme de Montevideo à Santiago en passant par Lima, est racontée avec brio, respire le grand large et vaut un détour. De plus, la présentation du livre est soignée, illustrée par Loustal. Un petit éditeur, un grand auteur, tous deux à encourager. Dans une bibliothèque, il peut être intégré parmi les polars déjantés !
22:02 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature: roman; livres |
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07/12/2010
Le poème de la semaine
Jocelyne François
Toute la lumière du jour
absorbée par la vapeur de la terre, un peu avant le crépuscule.
L'éphémère éclat de quelques buissons d'aubépine
adoucit l'austérité de la colline.
Je t'attends.
Nous irons regarder comment meurt le cerisier,
blanc de fleurs en son centre sur sa couronne de bois sec,
là où le vallon se resserre entre les roches,
où le chant des oiseaux du soir rappelle l'âme à elle.
Au plus près des choses j'ai travaillé de longues heures.
Dans un silence augmenté encore de cette humidité
qui peu à peu mangeait la lumière.
Le strident de la lumière, par degré, s'assourdissait.
Je lavais les carreaux du sol jusqu'aux bords
où ils touchent les pierres des murs.
Je me suis souvenue de la force de l'argile
quand elle cherche à échapper au centrage du tour
et de sa docilité soudain
lorsque la tient l'axe vertical.
Je t'attends.
Quelque chose dans l'air
commence à ressembler au mercure,
le fluide lutte contre l'épais.
Les nuages s'accumulent au nord-est.
Pendant la nuit les portes bougeront sur leurs gonds,
inquiétant mon sommeil privé de ta présence.
Le vent gonflera les rideaux de coton brut
jusqu'à ce que je les tire, à l'aube,
sur un paysage de cumulus bordés de gris sombre
que je regarderai longtemps, couchée,
dérivant avec eux, poussée vers le nord
d'où tu vas revenir.
Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle
00:21 Écrit par Claude Amstutz dans Jocelyne François, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature; poésie |
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