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19/07/2013

Morceaux choisis - André Velter

André Velter

littérature; poésie; anthologie; livres

La nuit ne cache rien
Elle ouvre son baiser sombre
Son brasier d'étoiles filantes
Qui tombent du côté des cendres
Et la Grande Migration a déjà commencé
 
De très haut le regard se surprend
A plus haut que lui
Une idée fixe et mouvante
Pour débusquer la voie délivrée des ombres
Sorte de secret révélé
Qui met des bleus aux épaules et aux cuisses
 
On monte à coups de reins
Dans un écho venu de loin
Qui depuis longtemps ne s'entend plus
Que les yeux à la renverse
 
Notre histoire en appelle au sens ascendant
Celui du réel inouï
Celui des légendes vraies
 
Le vertige se cantonne au dedans
Nuage en chute libre
De la bouche jusqu'au ventre
Avec son charroi de ressouvenirs
 
En rappel sur la paroi c'est autre chose
Une éclaircie des muscles des os
Un sursaut hors de tout
A une corde près qui vibre contre les pierres
 
Etre là dans ce gouffre aboli
Si fier de répondre à son propre défi
Ressuscité d'entre les cicatrices
Et délesté enfin
 
Et invincible encore
 

André Velter, Hors de tout, dans: Avec un peu plus de ciel (Gallimard, 2012)

18:45 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

Jacques Chessex

9782246704010.gifJacques Chessex, Le vampire de Ropraz (Grasset, 2007)

 

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.


A la fois historien soucieux de vérité et conteur incomparable, Jacques Chessex nous offre l’un de ses textes les plus personnels. Les descriptions du Haut Jorat sont magnifiques et sa saisissante évocation nous aspire littéralement dans cette terrible histoire jaillie du silence, des secrets de famille et du sang, porteuse d’une intolérable soif de jugement. Que cache la vérité ? Une interrogation constante dans les œuvres de l’auteur.


également disponible en format de poche (coll. Livre de poche/LGF, 2008)

05:47 Écrit par Claude Amstutz dans Jacques Chessex, Littérature francophone, Littérature suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; récit; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |