17/04/2013
Le poème de la semaine
Jean Genêt
Le vent qui roule un coeur sur le pavé des cours,Un ange qui sanglote accroché dans un arbre,La colonne d’azur qu’entortille le marbreFont ouvrir dans ma nuit des portes de secours.Un pauvre oiseau qui meurt et le goût de la cendre,Le souvenir d’un oeil endormi sur le mur,Et ce poing douloureux qui menace l’azurFont au creux de ma main ton visage descendre.
Ce visage plus dur et plus léger qu’un masque,Et plus lourd à ma main qu’aux doigts du receleurLe joyau qu’il empoche; il est noyé de pleurs.Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.
Ton visage est sévère: il est d’un pâtre grec.Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.Ta bouche est d’une morte et tes yeux sont des roses,Et ton nez d’un archange est peut-être le bec.
Le gel étincelant d’une pudeur méchanteQui poudrait tes cheveux de clairs astres d’acier,Qui couronnait ton front d’épines du rosierQuel haut-mal l’a fondu si ton visage chante?
Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton oeilD’un désespoir si haut que la douleur farouche,Affolée, en personne, orne ta ronde boucheMalgré tes pleurs glacés, d’un sourire de deuil?
Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
16:46 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Musica présente - 61 Janet Baker
Janet Baker
cantatrice britannique, née en 1933
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Gustav Mahler
Das Lied von der Erde
(James King, Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink)
14:14 Écrit par Claude Amstutz dans Gustav Mahler, Musica présente, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique |
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Le poème de la semaine
Blaise Cendrars
Je suis couché dans un plaidBarioléComme ma vieEt ma vie ne me tient pas plus chaud que ce châle écossaisEt l’Europe toute entière aperçue au coupe-vent d’un express à toute vapeurN’est pas plus riche que ma vieMa pauvre vieCe châleEffiloché sur des coffres remplis d’orAvec lesquels je rouleQue je rêveQue je fumeEt la seule flamme de l’universEst une pauvre pensée...Du fond de mon cœur des larmes me viennentSi je pense, Amour, à ma maîtresse;Elle n’est qu’une enfant, que je trouvai ainsiPâle, immaculée, au fond d’un bordel.
Ce n’est qu’une enfant, blonde, rieuse et triste,Elle ne sourit pas et ne pleure jamais;Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire,Tremble un doux lys d’argent, la fleur du poète.
Elle est douce et muette, sans aucun reproche,Avec un long tressaillement à votre approche;Mais quand moi je lui viens, de ci, de là, de fête,Elle fait un pas, puis ferme les yeux — et fait un pas.
Car elle est mon amour, et les autres femmesN’ont que des robes d’or sur de grands corps de flammes,Ma pauvre amie est si esseulée,Elle est toute nue, n’a pas de corps — elle est trop pauvre.
Elle n’est qu’une fleur candide, fluette,La fleur du poète, un pauvre lys d’argent,Tout froid, tout seul, et déjà si fanéQue les larmes me viennent si je pense à son cœur.
Quelques traces de craie dans le ciel,Anthologie poétique francophone du XXe siècle
00:22 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Littérature suisse, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie |
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Elizabeth George
Elizabeth George, Anatomie d'un crime (Presses de la Cité, 2007)
Une fois de plus, Elizabeth George prend le lecteur par surprise et l’entraîne où il ne voudrait peut-être pas aller.Elle en décevra plus d’un – à tort ! - dans ce drame dont les héros de la série, Thomas Lynley et Barbara Havers sont absents, sauf cette dernière, dans les dernières pages de l’histoire. Le fil conducteur de son nouveau roman est l’image finale, terrible et déconcertante de Sans l’ombre d’un témoin - il est indispensable de le lire avant de découvrir ce nouvel opus – qui nous a laissé sous l’emprise d’une terrible tristesse. Vu de l’intérieur, sous l’angle du coupable cette fois-ci, nous suivons le parcours de Joel Campbell depuis l’âge de douze ans jusqu’au jour de ce meurtre inexpliqué à la fin du précédent roman. Moins policier sans doute que tous ses autres livres, Anatomie d’un crime est davantage une radiographie sombre et désenchantée sur l’inégalité des chances, les comportements de survie face à la violence ou au mal, les compromis et les dérives de destins brisés qui, immanquablement, conduisent à la perte de la dignité et à la tragédie. La plus subtile et profonde analyse psychologique d’Elizabeth George à ce jour !
Egalement disponible en coll. de poche (Pocket, 2008)
00:05 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres |
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