07/09/2012
Cormac McCarthy
Cormac McCarthy, La route (Editions de l'Olivier, 2008)
Un homme et son fils, au milieu de nulle part, dans un pays dévasté par une tragédie dont on ne sait rien. Et ils marchent, vers le Sud, pour conjurer l’horreur humaine, le froid, la maladie et la mort, en poussant un caddie contenant le strict nécessaire à la survie… Tel est le propos du dernier opus de ce géant de la littérature américaine contemporaine, à ranger aux côtés de Stewart O’Nan et de Jay Mc Inerney. Dans ce décor apocalyptique jonché de ruines, de cadavres et de cendres, nos héros porteurs d’un feu intérieur – la mémoire du temps d’avant, peut-être – avancent sous un ciel vide et figé, comme les derniers témoins d’une époque révolue. Une oeuvre extrêmement originale dans son propos, empreinte d’une humanité bouleversante.
Egalement disponible en coll. Points (Seuil, 2009)
15:06 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; roman; livres |
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Au bar à Jules - De l'usure
Un abécédaire: U comme usure

Dans un livre autrefois célèbre - La pratique du bonheur - Marcelle Auclair écrit ces quelques mots dans les années 60 qui résument bien ce que j'ai longtemps redouté dans la vie: L'habitude est une forme de l'usure, elle efface les contours de nos plus chères amours, les recouvre d'une poussière sous laquelle nous ne les voyons plus.
J'ai souvent évoqué le danger d'être submergé par la tiédeur progressive, la banalité ordinaire, tout ce qui au fil des jours étouffe ou avilit et de la beauté d'origine prépare à l'agonie inéluctable: celle du corps, de la passion, des sentiments. Davantage peut-être - rétrospectivement - l'aveu d'un parfait alibi pour ne pas m'engager, jamais. Et voici que plus de quarante ans après ces années de jeunesse - l'âge idiot que chante Jacques Brel - je fais mienne cette exclamation de Pablo Neruda: Il meurt lentement, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves. Vis maintenant! Risque-toi! Agis tout de suite! Ne te laisse pas mourir lentement! Ne te prive pas d'être heureux!
Et qu'importe le fil parfois discordant de la vie, les sensations inoubliables, les questions qui remplacent les réponses, le corps qui vacille, la mémoire qui se fait plus imprécise. Aujourd'hui est une fête! Selon un ordre invisible des choses, chaque saison ressemble à la précédente et pourtant distille d'imperceptibles différences qui donnent un prix à l'existence: dans la beauté de la nature environnante, le rythme des heures choisies, les amitiés rares qui survivent au désastre, la musique de l'âme qui peu à peu - sans même y réfléchir - se fait plus accueillante, silencieuse et douce au fil du temps, reconnaissante pour ce jour éphémère et changeant qui demain encore sera capable de m'émerveiller.
Et Paul Claudel le dit si bien: L’automne aussi est quelque chose qui commence...
Marcelle Auclair, Le bonheur est en vous , suivi de: La pratique du bonheur (seuil, 1959)
image: sherazade.centerblog.net
00:21 Écrit par Claude Amstutz dans Au bar à Jules - Un abécédaire 2012, Jacques Brel, Littérature étrangère, Littérature francophone, Littérature sud-américaine | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature; essai; livres |
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