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01/06/2012

Morceaux choisis - Malek Haddad

Malek Haddad

littérature; poésie; livres

Je me souviens des routes bleues
La mer était gentille
La montagne gardait un sourire bourru
Ta main tremblait comme une angoisse
Il faisait chaud sur les baisers
Les raisins rosissaient
Une cascade en chevelure avait mouillé mes yeux

Il reste sur la route un air de mandoline
Et quand le soir dort dans mes yeux
Je ne rêve jamais
Tellement
La cascade a le goût des aurores
 

Malek Haddad, Le malheur en danger (Editions Bouchene/Alger, 1988) 

image: Marcel Dreyfus, Marcel Dyf, 1899-1985 / Jeune femme a la mandoline (artvalue.com)

09:46 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

Au bar à Jules - De l'enfance 1b

Un abécédaire: E comme Enfance

Voici deux magnifiques chansons, illustrant ce thème. Intitulées Mon enfance, la première est signée par Barbara, la seconde par Jacques Brel ...



Au bar à Jules - De l'enfance 1a

Un abécédaire: E comme Enfance

André Kertesz.jpg

Il se promène au bord de la rivière, ses pas dansent sur les galets. Ses doigts s'accrochent aux branches des ormes. Le soir descend, il a le temps. C'est son royaume, sa vie rêvée. Ailleurs il se sent seul au monde. Il a un caillou sur le coeur.

Ses yeux brillent comme une pierre de soleil rouge. Les oiseaux du ciel lui tiennent compagnie. La solitude console sa peine. Ses mots tutoient les disparus, qu'il effleure dans les eaux sombres et l'entraînent dans leur courant. Sa foi n'est pas celle du charbonnier. Il se moque des éducateurs - les carreaux de l'école, sa fronde les a cassés - et n'a que faire des puissants. Il se rit de leur imposture et préfère la tendresse des noyés.

Un instant, il se voudrait autre: mousquetaire, ou cendre, ou rose des vents. Et tourner, tourner encore jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la fin, dans la source claire devenue profonde, dans l'ombre fragile et sans raison de l'aube présente.

Loin des autres: apôtres de l'obéissance, ennemis de l'envol, bâtisseurs de prisons. Pensées blanches d'un jour cassé sur l'épuisant chemin du retour.

Et le mur du silence, un matin se brisa... Jacques Brel 

image: André Kertesz

00:07 Écrit par Claude Amstutz dans Au bar à Jules - Un abécédaire 2012, Jacques Brel | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | | |