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23/10/2011

Donna Leon

9782702139950.gifDonna Leon, Requiem pour une cité de verre (Calmann-Lévy, 2009)

Certains attendent fébrilement, chaque année, le Tour de France ou la Coupe d’Europe des Champions ; d’autres, au même rythme saisonnier, ne résistent pas au dernier roman policier d’Elizabeth George ou de Donna Leon ! Et comme ils ont raison… Dans cette nouvelle enquête du commissaire Brunetti, vous découvrirez le monde des verriers de Murano avec, en toile de fond, un scandale écologique. Entre l’impuissance de la police et les rouages complexes de la politique, les romans de Donna Leon s’achèvent souvent dans l’amertume – comme dans la réalité ? – mais il n’en est rien cette fois-ci : le coupable sera bel et bien appréhendé, pour le bonheur de son héros toujours aussi attachant.

Disponible également en collection Points (Seuil, 2010)

01:28 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature policière | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature: roman; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

21/10/2011

Du bon usage des maladies 1b

Bloc-Notes, 21 octobre / Les Saules

Ci-dessous, l'un des remèdes à la maladie, à consommer sans modération. Il s'agit du Rondo - Allegro de la Sonate pour piano no 15, K 533/494, de Wolfgang Amadeus Mozart, interprétée par Emil Gilels. 



 

01:04 Écrit par Claude Amstutz dans Bloc-Notes, Emil Gilels, Musique classique, Wolfgang Amadeus Mozart | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique | |  Imprimer |  Facebook | | |

Du bon usage des maladies 1a

Bloc-Notes, 21 octobre / Les Saules

littérature; livres

Ca vous tombe dessus, comme ça: D'abord le nez qui coule, puis la toux qui vous secoue comme un prunelier, enfin la fièvre et les douleurs thoraciques. Vous êtes cloué au lit: cela s'appelle une grippe, saisonnière ou non. Quand, de surcroît elle surgit pendant les vacances - c'est mon cas - on pourrait se dire que c'est la faute à pas de chance, que le billet tiré à la loterie n'est décidément pas le bon. Vraiment?

Réfléchissez un peu: alité, vous voilà emmitouflé sous votre couette, bien au chaud, sans horaire et surtout sans devoir, si ce n'est celui de vous soigner. D'un oeil amusé, acteur passif sur toute la ligne, vous suivez distraitement sur votre chaîne TV préférée Inspecteur Barnaby, Scènes de ménage ou Monk. Le téléphone peut carillonner, vous ne vous sentez pas obligé de répondre. Deux fois sur trois, d'ailleurs, l'appel correspond à un sondage sur les caisses-maladie, un opérateur internet ou une erreur de numéro. Et si, par hasard, il s'agit de l'un de vos proches, vous lui expliquerez un peu plus tard que vous n'étiez pas en état de lui répondre ou de le retrouver au café du coin. On est toujours meilleur comédien qu'on ne l'imagine. La plupart de vos amis admettrons sans peine votre attitude singulière, avec cette gravité dans le geste ou la voix qui accompagne les grands malades. Vous ficher la paix sera pour eux un signe de compassion, alors que vous - avouez-le - aurez obtenu ce que vous vouliez: le vide autour de vous, la déconnection salvatrice, la grève générale.

Au droit d'être malade s'ajoute, comme par enchantement, celui d'envoyer tout balader sous prétexte d'une erreur d'aiguillage sans gravité: au diable la conversation, les tâches domestiques, le courrier, les raseurs, les projets, même les livres... Là où dans toute autre situation dite normale il vous faudrait ménager les autres, justifier et leur expliquer patiemment votre soudain ras-le-bol - auquel ils trouveraient sans doute de multiples raisons toutes plus éloignées de la vérité les unes que les autres - en cet instant précis, la maladie fait figure de parfait alibi pour prendre un bol d'air frais, en toute liberté et sans aucun remord.

Dans un silence propice au repos qu'une solitude choisie amplifie délicieusement, seule la musique peut-être, y trouvera un espace bienvenu, et tandis que vous verrez défiler sous vos yeux les malades célèbres, de Frédéric Chopin à Rainer-Maria Rilke, de Marcel Proust à Franz Kafka, de Thérèse de Lisieux à Thomas Bernhard, à la faveur d'une fièvre en berne tout à coup, votre coeur après quelques jours s'ouvrira à nouveau aux rythmes du monde, à la douce folie de ces êtres chers - dont certains n'ont vraiment pas de chance - auxquels vous brûlez déjà de murmurer à l'oreille ces mots magiques et inoxydables: Je vous aime...

Requinqué par une semaine de paresse aussi égoïste que salutaire - un peu comme Philippe Noiret dans le film Alexandre le bienheureux de Yves Robert - vos accus rechargés, vous retrouverez alors, comme un habit rajeuni retiré du pressing, votre détermination, votre audace, votre tendresse et ce sens de l'ironie ou de la résistance qui fait de votre vie un tout petit univers, mais lourd de sens: Quand je ferme les yeux, c'est pour mieux ouvrir les cieux. (Grand Corps Malade)

Reconnaissons toutefois que sans le diagnostic de la maladie - nous procurant la plus belle des lettres d'excuses - cette pause bénéfique est difficile à s'octroyer en toute impunité: la relation aux autres est parfois bien compliquée, à moins que ce soient nous autres, qui manquons de simplicité!

image: Charles Schulz - Peanuts/Linus  

  

01:03 Écrit par Claude Amstutz dans Alain, Bloc-Notes, Frédéric Chopin, Le monde comme il va, Marcel Proust, Rainer-Maria Rilke | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |

19/10/2011

Le poème de la semaine

Jacques Prévert

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage si monotone
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture
ses quatre saisons
la pluie la neige
la grêle le beau temps
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
 
Elle tourne la terre
elle tourne
avec ses arbres ses jardins ses maisons
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes
tournent avec elle et saignent
 
Elle
elle s'en fout la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes
se mettent à hurler
elle s'en fout elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler

Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres le sang des guerres
le sang de la misère
et le sang des hommes torturés dans les prisons
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né avec l'enfant nouveau
la mère qui crie l'enfant pleure
le sang coule
la terre tourne
la terre n'arrête pas de tourner
le sang n'arrête pas de couler
 
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués des humiliés
des suicidés des fusillés des condamnés
et le sang de ceux qui meurent comme ça par accident
 
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s'étale encore
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait avec ses vaches
avec ses vivants avec ses morts
la terre qui tourne
avec ses arbres ses vivants ses maisons
la terre qui tourne avec les mariages
les enterrements les coquillages les régiments
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang
 
Quelques traces de craie dans le ciel,
Anthologie poétique francophone du XXe siècle

00:16 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Quelques traces de craie dans le ciel - Anth | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | | |

18/10/2011

La musique sur FB

Bloc-Notes, 18 octobre / Les Saules

musique classique; facebook

Le domaine musical de La scie rêveuse, capricieux ou fantaisiste à ses débuts, a pris - avec le concours de mes amis sur Facebook - une place aussi importante que la littérature, avec à ce jour 256 extraits classiques. Aussi, le moteur de recherche Hautetfort n'étant pas le plus performant du monde (!) vous pouvez dorénavant trouver sous la rubrique catégories, les principaux compositeurs, soit, à ce jour: Jean-Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven, Hector Berlioz, Johannes Brahms, Frédéric ChopinGabriel Fauré, Franz Liszt, Gustav Mahler, Félix Mendelssohn, Wolfgang Amadeus Mozart, Henry Purcell, Serge Rachmaninov, Franz Schubert, Robert Schumann, Dmitri Shostakovitch, Piotr Ilitch Tchaikovski et Antonio Vivaldi. C'est donc plus simple... D'autres noms seront ajoutés par la suite.

L'autre moyen, pour suivre l'actualité dans ce domaine - voir le message précédent du 25 septembre dernier - consiste à recopier le lien suivant, puis d'afficher toutes les notes en bas de page: http://lasciereveuse.hautetfort.com/la-musique-sur-facebook/

La musique, ainsi que la littérature, m'ont à plusieurs reprises sauvé la vie. Ainsi, ce sont ces moments fugaces de bonheur, de communion dans la joie comme dans la peine, que je vous partage tel un éclair lumineux franchissant avec allégresse toutes les frontières de la géographie et du coeur. Belle promenade musicale à vous tous !

Il y a de la musique dans le soupir du roseau ; Il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau ; Il y a de la musique en toutes choses, si les hommes pouvaient l'entendre. Lord Byron

photographie: Gustav Mahler

19:41 Écrit par Claude Amstutz dans Bloc-Notes, Musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique classique; facebook | |  Imprimer |  Facebook | | |