Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/07/2012

Au bar à Jules - Du mime

Un abécédaire - M comme mime 

littérature; roman; musique; danse; livres

C'est en 1973 que Lindsay Kemp réalise son spectacle le plus subversif, cruel, d'une beauté vénéneuse, intitulé Flowers, un hommage à Jean Genêt et à Notre-Dame-des-fleurs, l'une des oeuvres majeures de son auteur. Mais faisons un petit retour en arrière: Lindsay Kemp est né en 1938 à South Shields. Son père était marin, disparu en mer en 1940. Avec sa mère, ils déménagent à Bradford où il étudie la danse avec Hilde Holger et le mime avec Marcel Marceau. Dès son plus jeune âge, il eut la danse dans le sang: Je dansais sur la table de cuisine pour distraire les voisins. Je veux dire, c'était une surprise pour eux de voir un petit garçon tout maquillé, dansant sur les pointes. Finalement, cela en était devenu un peu trop pour ma mère, et elle décida de m'envoyer en pension à l'âge de huit ans, espérant que cela me donnerait un peu de bon sens.

Acteur, mime et chorégraphe, Lindsay Kemp devient connu du grand public en 1968 au Festival d'Edimbourg et dans sa classe, voit s'épanouir Kate Bush et surtout David Bowie qui conservera du passage dans sa troupe, un goût inné pour la mise en scène provocatrice et un registre de créations ambiguës auquel son physique se prête avec ingénuosité. Lindsay Kemp apparaît dans plusieurs films, dont Sebastiane et Jubilee de Derek Jarman, ainsi que dans The Wicker Man de Robert Hardy. Plus important, parmi ses spectacles en qualité de mime et de danseur, mentionnons A Midsummer Night's Dream, Nijinsky, Big Parade et Cerentola.

Avec la Lindsay Kemp Company, la pantomime Flowers est interprétée pour la première fois à Londres, en 1968 et connaît un succès considérable - prélude à une tournée internationale - dépassant, et de loin, la communauté gay. Une mise en scène hallucinante, avec en toile de fond, les musiques de Wolfgang Amadeus MozartJohann Strauss et Pink Floyd. Une descente aux enfers sauvage, burlesque, magique, destructrice et pourtant follement drôle, laissant au coeur du spectateur - et j'étais du nombre - un souvenir inoubliable: tout le parfum sulfureux d'un Jérôme Bosch revisité par un Francis Bacon pour la violence des traits, l'expression de la sexualité et le sens du défi permanent.

En 2002, Lindsay Kemp quitte l'Angleterre pour s'installer en Italie. Il y réalise parmi d'autres créations Salieri, Elizabeth's Last Dance, L'oiseau de feu et L'histoire du Soldat.

Avec le lien ci-dessous - vimeo.com - vous pouvez si le coeur vous en dit, visionner en films et images plusieurs spectacles de Lindsay Kemp...   

Lindsay Kemp 2.jpg


 

Lindsay Kemp 3.jpg

images: Lindsay Kemp

sources: Wikipedia (http://en.wikipedia.org/wiki/Lindsay_Kemp)

extrait de Flowers: Maya Cusell / Madrid 1986 (http://vimeo.com/9805444)

Jean Genêt, Notre-Dame-des-fleurs (coll. Folio/Gallimard, 2012)

Mary Wesley

9782350871110.gifMary Wesley, Rose sainte-nitouche (Héloïse d'Ormesson, 2009)

Les éditions Héloïse d’Ormesson ont la bonne idée de rééditer les romans de cette grande dame des lettres britanniques, née en 1912 et décédée en 2002, qui a publié son premier texte à l’âge de soixante-dix ans ! Après La pelouse camomille, voici donc Rose sainte-nitouche. Sur un fond de guerre entraînant les serments hâtifs, Rose représente aux yeux d’un entourage volontiers snob, mondain ou cynique, la parfaite caricature de l’épouse conventionnelle, soucieuse d’assurer sa sécurité matérielle avec un mari affectueux mais terne, plutôt qu’une femme capable de partager un amour passionné au-delà des convenances sociales. Pourtant, la réalité est trompeuse, car Rose, au décès de son conjoint Ned, se remémore ses cinquante années de mariage dont le fil conducteur, l’attachant Mylo, ne l’entraîne pas vraiment sur les chemins de la bienséance attendue… Les personnages – même les insupportables – échappent à la banalité et aux stéréotypes. Les situations sont souvent désopilantes, telles la première rencontre avec son futur mari sur un court de tennis ou les souvenirs de sa nuit de noces. Les dialogues de cette délicieuse comédie à l’anglaise sont vifs, caustiques, tranchants. Bref, il faut lire Mary Wesley, vite ! Vous ne le regretterez pas et passerez un agréable moment en sa compagnie !

Egalement disponible en coll. J'ai Lu (Flammarion, 2010)

00:16 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Mary Wesley | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; roman; livres | |  Imprimer |  Facebook | | |