François de Malherbe

Beauté de qui la grâce étonne la nature,Il faut donc que je cède à l'injure du sort,Que je vous abandonne, et loin de votre portM'en aille au gré du vent suivre mon aventure. Il n'est ennui si grand que celui que j'endure:Et la seule raison qui m'empêche la mort,C'est le doute que j'ai que ce dernier effortNe fût mal employé pour une âme si dure. Caliste, où pensez-vous? qu'avez-vous entrepris?Vous résoudrez-vous point à borner ce mépris,Qui de ma patience indignement se joue? Mais, ô de mon erreur l'étrange nouveauté,Je vous souhaite douce, et toutefois j'avoueQue je dois mon salut à votre cruauté.
François de Malherbe, Poésies (coll. Poésie/Gallimard, 1997)
image: Elisabeth Louise Vigée-Lebrun, La baigneuse (s644.photobucket.com)
Commentaires
Rarement cité, il est plaisant de constater que Malherbe reste encore aujourd'hui un poète d'une grande sensibilité, et le style, le choix de ses mots restent superbes
Écrit par : ATTUEL Josette | 05/07/2013
La délicatesse de la belle langue française classique. Il est bon de la retrouver de temps à autre!
Écrit par : phillips | 07/07/2013