11.08.2011
André Pieyre de Mandiargues
André Pieyre de Mandiargues, Nouvelles complètes (Coll. Quarto/Gallimard, 2009)
Voici enfin exhumé de ses injustes cendres, l’un des auteurs les plus marquants du XXe siècle. Outre ses romans La motocyclette, Le lis de mer ou La Marge – chez le même éditeur – c’est bel et bien dans la nouvelle que ses talents d’orfèvre de la langue française s’expriment avec un talent incomparable. Lisez surtout, dans la présente édition, Le soleil des loups et Le Musée noir célébrant la fascination de l’interdit, le fantastique, les transgressions du désir. Un érotisme noir, lumineux ou terrifiant.
Tout écrivain, tout artiste, avouera, s'il ne cache pas son jeu, qu'il cherche à créer une certaine beauté, aussi originale qu'il se pourra. Moi, je suis particulièrement sensible à ce que William Butler Yeats appelle la beauté terrible. C'est cette beauté-là, quand l'occasion s'y prête, que je cherche à faire naître. André Pieyre de Mandiargues
07:43 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans André Pieyre de Mandiargues, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature; nouvelles; livres |
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03.05.2011
André Pieyre de Mandiargues
André Pieyre de Mandiargues, Le lis de mer (Coll. Folio/Gallimard, 1972)
Quand la jeune fille fut entrée dans le bois, l'inconnu vint la saisir. Vanina écoutait avec curiosité cette petite phrase qui bourdonnait dans sa tête sans qu'on eût rien fait pour l'appeler, née dans l'état de vide mental qui avait été le sien pendant qu'elle marchait sous le soleil et qui avait fait place à une agitation d'esprit un peu fébrile depuis qu'elle se trouvait sous le couvert des branches. L'inconnu vint la saisir - oui ; et n'était-ce pour cela, justement, qu'elle s'était échappée de sa chambre?
Une des plus belles plumes de la littérature française contemporaine livre ici un court récit qui mérite de figurer parmi les plus beaux romans érotiques de tous les temps. Pourtant, nul voyeurisme dans le propos. Toute la quête du désir est suggérée par l’atmosphère, les lieux, le temps qui change, le feu intérieur qui couve. Si inoubliable qu’il ne figure généralement pas dans une bibliothèque rose mais aux côtés des plus grands noms du XXe siècle. À lire au plus vite !
05:47 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans André Pieyre de Mandiargues, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature: roman; livres |
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06.11.2010
André Pieyre de Mandiargues
André Pieyre de Mandiargues, Le musée noir (Coll. Imaginaire/Gallimard, 1990)
Marceline Caïn : on eût dit qu'elle était mêlée de cendre, de sable et de sang. À quatorze ans, elle n'aimait rien ni personne qu'un gros lapin jaune-orange, touffu, qu'elle appelait Souci. Tous les matins, en cette fin de printemps déjà brûlante, Marceline à peine vêtue et lavée courait ouvrir la porte découpée dans le flanc de la caisse où l'on mettait à dormir Souci pendant la nuit. Et la douceur inaugurale par laquelle elle faisait commencer chaque jour de sa vie était de précipiter la tête et les deux bras à l'intérieur de cette caisse chaude, où les derniers relents de tabac disparaissaient sous une quantité d'effluves domestiques qui, tous ensemble, font la véritable odeur de lapin...
Atmosphère lourde, sensuelle, voire inquiétante pour ces nouvelles dont Le sang de l’agneau est l’une des plus achevées. Par un des meilleurs auteurs français modernes, à l’univers proche du fantastique, mêlant les symboles de la vie, du sexe et de la mort avec l’exercice d’une beauté de la langue incomparable.
03:29 Écrit par Claude Amstutz, libraire dans André Pieyre de Mandiargues, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature; nouvelles; livres |
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